Pasteur Daniel

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Jeudi, 04 Février 2010 11:01

 

02 ROMAINS CH 2

 

 

L'état moral de l'homme, coupable devant Dieu

 

Le jugement de Dieu


Le tableau des mœurs dissolues des païens et de leur ignorance de Dieu (1:19-32), ne suffit pas à décrire l'état de tous les hommes et à montrer la culpabilité de chacun. En effet, tous ne sont pas livrés à des péchés si grossiers. Mais tous sont coupables, qu'ils soient civilisés, tels les Grecs de l'époque, ou religieux comme les Juifs. Ils seront jugés par Dieu. Tout homme a tendance à juger autrui et l'apôtre part de cette constatation pour démontrer la culpabilité de chacun.

 

En jugeant les autres, on se condamne soi-même : v.1


En portant un jugement sur autrui, l'homme ne se justifie pas ; au contraire, il prouve en faisant ainsi qu'il sait discerner le mal ( il a conscience que les actes jugés méritent "la juste sentence de Dieu"). Il n'a donc plus d'excuses s'il en commet lui-même. L’homme, quel qu'il soit, peut dire et prétendre ce qu'il veut; le jugement de Dieu demeure.

 

Les principes du jugement divin : v.2-6


Dieu s'est révélé aux hommes de diverses manières. Il les juge maintenant d'après ce qu'il est lui-même, en fonction de leurs relations avec lui.

 


"Le jugement de Dieu est selon la vérité." Si l'homme peut chercher à paraître aux yeux de ses semblables ou être satisfait de lui-même, il ne peut tromper Dieu qui "sonde les cœurs et les reins." Rien ne peut lui être caché des actes ni des mobiles (1 Cor.4:5), rien ne permet d'échapper à son jugement.

 

Peu importe également tout ce que l'homme peut penser ou imaginer à l'égard de Dieu qui est et demeure le même. Son jugement (la justice de Dieu dépasse toute la mesure que l'homme peut avoir. Pour autant, elle n'est pas inhumaine, car elle convaincra tous les hommes au point de les amener à s'agenouiller et à reconnaître son autorité absolue ( Phil. 2:10,11; Rom.14:11; És.45:23,24) est selon la vérité, c'est lui qui aura le dernier mot et maintiendra, par le jugement, la différence entre le bien et le mal.

 


Dieu attend avant d'exécuter le jugement, car il veut que le pécheur se repente et qu'il vive. N'est-ce pas mépriser la bonté patiente de Dieu que d'en profiter pour continuer à faire e mal ou de la confondre avec une tolérance qui laisse faire. On parle légèrement du "bon Dieu" pour chercher à écarter la pensée de son jugement.

 

La bonté de Dieu pousse tout homme à se repentir, c'est-à-dire à reconnaître que le jugement de Dieu est vrai. La repentance du brigand sur la croix s'est exprimée ainsi : "Nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises." Celui qui est ainsi pénétré dans sa conscience se détourne de son chemin de péché pour se tourner vers Dieu qui l'attire à lui.

 

"Tu amasses pour toi-même la colère". Il ne sert à rien d'essayer de s'abriter derrière le grand nombre en disant : nous serons tous dans le même cas. Le jugement s'exercera sur chacun individuellement en rapport avec ses actions. Dieu "rendra à chacun selon ses œuvres". Bien des passages de la Bible insistent sur cette responsabilité individuelle : "Chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu" (14:12).

 

Les deux seules issues placées devant tout homme : v.7,8


Le juste jugement de Dieu divisera les hommes en deux classes et deux seulement. Leurs sorts sont radicalement différents. "A ceux qui en persévérant dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire et l'honneur et l'incorruptibilité, - la vie éternelle - mais à ceux qui sont disputeurs et qui désobéissent à la vérité et obéissent à l'iniquité, - la colère et l'indignation." Toutes les différences de race, de situation sociale, de capacité et de mérite s'effaceront alors. Cela réduit à néant les efforts de l'homme pour s'améliorer ou se concilier la faveur de Dieu.

 

Car seule compte l'appréciation divine de ce qu'ont été les œuvres de chacun, parfaitement connues jusque dans leur mobile par celui qui sonde les cœurs. Un changement intérieur radical est nécessaire pour "chercher la gloire et l'honneur et l'incorruptibilité." Quelle vie pourrait produire de bonnes œuvres selon l'appréciation de Dieu, sinon la vie divine que l'on reçoit par la foi?

 

La récompense attribuée par Dieu "à ceux qui persévèrent dans les bonnes œuvres" - la vie éternelle - est considérée ici comme le but, le couronnement d'une vie qui se manifeste dans ses fruits sur la terre. L'apôtre ne veut évidemment pas fonder le salut sur les œuvres, ce qu'il combat si fortement plus loin.

 

Le bien et le mal ont été pleinement mis en évidence à la croix. Christ est venu, il a montré le bien parfait dans sa vie, il a rendu témoignage que les œuvres étaient mauvaises. Sa mort a démontré l'amour de Dieu et manifesté l'état moral irrémédiable du cœur de l'homme et montré la seule ressource : Christ mort et ressuscité, reçu par la foi.

 

La responsabilité dépend de ce qu'on a reçu : v.9,10


Les Juifs auraient pu se prévaloir d'être le peuple de Dieu, d'être les dépositaires de sa loi, de connaître sa volonté. Toute position privilégiée augmente la responsabilité. Dieu sonde les cœurs et ne reconnaît pas de privilège extérieur, sinon pour en demander compte.

 


Nous devons toujours nous souvenir que "l'homme regarde à l'apparence extérieure et l'Éternel regarde au cœur" (1 Samuel 16:7). De plus, Dieu nuance son appréciation en fonction de ce que l'on a reçu. La responsabilité est accrue pour les Juifs qui ont eu, par la foi, connaissance des justes exigences de Dieu.

 

Quel sera le sort de tant de personnes qui se disent chrétiennes et se contentent dune apparence de piété ou qui s'appuient sur des avantages extérieurs (baptême, éducation, connaissances...) sans avoir été amenées à se repentir pour recevoir Christ comme Sauveur? Si nous avons, dès notre enfance, entendu la parole de Dieu, nous sommes d'autant plus responsables d'y obéir.

 

 

CHAPITRE 2:11-16

 

4. Un jugement individuel


Le principe d'une responsabilité individuelle a été aux versets 9 et 10. Les précisions données ensuite éclairent la façon dont Dieu tient compte de la situation de chacun et réfutent les objections souvent soulevées à ce sujet.

 

La parfaite équité de Dieu : v.11


L'apôtre rappelle d'abord que Dieu ne fait pas acception de personnes, il juge sans préjugé ou parti pris, mais en tenant compte des situations personnelles toutes différentes. Par exemple, celui qui possède la loi de Moïse a l'avantage de connaître ce que Dieu attend de l'homme; il est donc plus responsable.

 

La loi n'est pas le seul critère de jugement : v.12


L'idée souvent émise que la loi donnée par Dieu sera le critère universel par lequel il jugera tous les hommes est fausse pour deux raisons :

 


-D'une part l'observation des commandements de la loi ne garantit pas la vraie justice. Au temps du Seigneur les scribes et les pharisiens ne négligeaient aucune dîme, pas même celles des plus petites herbes aromatiques (la menthe, l'aneth et le cumin). Mais ils laissaient de côté "les choses plus importantes de la loi, le jugement et la miséricorde et la fidélité" (Matt. 23:23).

 


- D'autre part, il ne serait pas équitable de prendre comme référence pour apprécier leur comportement une loi que beaucoup d'hommes n'auraient pu connaître.

 


En conséquence, Dieu demandera compte de tous les péchés commis par les Juifs en violation des commandements - "ils seront jugés par la loi" - tandis que la culpabilité des païens sera appréciée d'une autre manière. Leur responsabilité est attestée :

 


- par le témoignage de la création, présent sous leurs yeux (1:20)


- par la connaissance originelle de Dieu, transmise de génération en génération (1.21)

 


- par la voix de leur conscience à l'égard de certaines règles morales (2:14,15)- "ils périront sans loi."
Considérer la loi comme critère universel de jugement, c'est :

 


- refuser d'accepter que Dieu puisse juger de manière équitable et personnelle et de leurs privilèges,
- vouloir "faire son salut" par ses œuvres et ses mérites en prétendant respecter une loi.

 

Le cas des Juifs : v.13


appartenir au peuple juif, ¸etre simplement "auditeur de la loi", ne rend pas "juste devant Dieu". Israël avait pris l'engagement solennel de faire "tout ce que l'Éternel a dit" (Exode 24:7), engagement confirmé par Dieu lui-même plus tard (Lév. 18:5). En se réclamant de la loi, on ne pourrait être justifié qu'en l'accomplissant tout entière (Jacques 2:10), faute de quoi on tombe sous la malédiction divine (Deutéronome. 27:26). Qui est capable d'aimer son prochain comme lui-même (Lévitique 19:18) ou de ne jamais convoiter ce qu'il n'a pas (Deutéronome 5:21)?

 

Le cas des païens : v.14,15


Les païens, visés ensuite sous le terme nations, n'ont pas reçu la loi de Dieu, à la différence des Juifs. Cependant, ils respectent naturellement certaines règles de cette loi. Par exemple, l'honneur dû aux parents se rencontre fréquemment dans les tribus païennes.

 

En agissant ainsi, ils respectent une sorte de morale qu’ils se sont donnée à eux-mêmes : "les nations...sont loi à elles-mêmes." sans la connaître, ils répondent ainsi à la loi divine, sur certains points. L'œuvre de la loi (ou son effet mais non la loi elle-même) est écrite dans leurs cœurs.

 


Selon que leurs actes sont en accord ou en désaccord avec cette morale naturelle, leur conscience les approuve ou les reprend : "leurs pensées s'accusant...ou aussi s'excusant."

 


En comprenant mal ces deux versets, certains ont pensé que les païens seraient seulement responsables de suivre leur conscience. On dit volontiers de nos jours que chacun a sa propre religion et qu'il suffit de se conduire d'après sa conscience pour que Dieu l'accepte.

 

C'est une grave erreur qui consiste à se faire juge de soi-même et à refuser d'obéir à Dieu, de croire ce qu'il révèle. "Qui croit au fils a la vie éternelle, mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui" (Jean 3:36).

 

 

Les modalités du jugement dernier : v.16


Quelques modalités du jugement dernier sont rappelées dans ce verset 16.



- Un jour de jugement :

 


Le jugement ne consiste pas en châtiments infligés dans la vie présente. "Il est réservé aux hommes de mourir, et après cela, le jugement" (Hébreux 9:27). A une date fixée par Dieu, les morts comparaîtront devant le grand trône blanc et passeront en jugement.

 


- Un jugement suprême :



C'est à son Fils Jésus Christ que Dieu a remis "tout le jugement" (Jean 5:22) parce qu'il est Fils de l'homme ressuscité et glorifié dans le ciel (Jean 5:27). Celui qui aura refusé Jésus comme Sauveur le rencontrera comme Juge.

 


- Une totale mise à jour :



Dans ce tribunal solennel, le juge prendra connaissance non seulement de tous les actes, publics ou cachés, mais aussi des mobiles les plus secrets du coeur (1 Cor.4:5).

 


- Un jugement selon l'évangile :



L'évangile, qui apporte le salut à celui qui croit, deviendra pour celui qui l'a négligé, le principal motif de condamnation éternelle. Pour celui qui ne croit pas, le jugement est sans appel et dans un sens, déjà prononcé. "Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu (Jean 3:18).

 

 

CHAPITRE 2:17-29


 

5. La culpabilité des Juifs


Après avoir montré la culpabilité de tout homme et décrit les principes de son jugement par Dieu, l'apôtre s'occupe spécialement des Juifs et montre leur responsabilité particulière. Comme à la séance d'un tribunal, le Juif est appelé à la barre, après le païen et l'homme civilisé.

 

La façon tout à fait personnelle, dont il est interpellé tout au long du réquisitoire (v.17-27), rappelle que le jugement est individuel. L'apôtre passe successivement en revue cinq privilèges, cinq prétentions et cinq manquements.

 

Cinq privilèges du Juif : v.17,18


- son appartenance au peuple choisi,



- la possession de la loi,



- ses relations avec Dieu en qui il se glorifie,



- sa connaissance de la volonté et des pensées divines,



- son discernement des valeurs éternelles.



Le ton utilisé dans ces versets montre
la fierté que les Juifs tirent, en général, de privilèges qui ne font pourtant qu'accroître leur responsabilité, et fourniront le cadre de leur jugement - ils seront "jugés par la loi" (v.12).

 

Cinq prétentions : v.19,20


Au lieu d'être reconnaissants de leurs privilèges, les Juifs en tirent une grande confiance en eux-mêmes. Ils tendent à mépriser le reste de l'humanité qu'ils considèrent comme aveugle, ignorante, immature et dans les ténèbres. Cette attitude se double encore de cinq prétentions à conduire, éclairer, instruire, former, fixer les normes, qui aggravent encore la responsabilité.

 

Cinq manquements dans la conduite : v.21-23


Comme souvent, les prétentions ne correspondent pas au vécu. Les cinq questions de l'apôtre et les réponses qu'elles sous-entendent le démontrent. Tout en possédant "la formule de la connaissance et de la vérité" (v.20), les Juifs commettent les mêmes actes que les païens qu'ils condamnent.

 


Si sa conscience est réveillée, un Juif se reconnaîtra comme plus coupable que les païens à cause de ses privilèges. Si sa conscience est endurcie, ce n'est pas le fait d'enseigner ou de prêcher qui diminuera sa culpabilité, bien au contraire.

 

Un véritable reniement des privilèges juifs : v.24-27


En commettant péché sur péché, les Juifs incitent les autres nations à blasphémer Dieu (ésaïe 52:5; Ézéchiel 36:20-23).

 


En désobéissant à la loi, le Juif se constitue transgresseur. Sa circoncision est sans valeur. Il est jugé aussi par la conduite de ceux des nations qui, sans être sous la loi, agissent d'une manière conforme à la loi alors que lui-même y désobéit (v.27)

 


Tout ce développement traite de la responsabilité des Juifs sous la loi que Dieu leur a donnée. Il n'est pas fait mention du rejet de leur Messie. S'ils sont particulièrement responsables à cause de ce qu'ils ont reçu, combien le sont davantage les chrétiens (de cœur ou de nom seulement) qui ont entendu l'évangile et ont toute la Parole de Dieu entre leurs mains.

 

Tout décalage entre nos paroles et nos actions est un obstacle à la réception de l'évangile. Ceux qui vivent près de nous y sont particulièrement sensibles. Ils savent très bien comment un chrétien devrait se conduire.

 

Le vrai juif aux yeux de Dieu : v.28,29


Ce qui précède conduit directement à la conclusion des deux versets qui terminent le chapitre 2. Le respect des seules formes religieuses, à l'exclusion de l'esprit dans lequel Dieu les a instituées, est un véritable reniement des privilèges donnés. Dieu rejette aussi toute forme extérieure qui ne se traduit pas en même temps par un engagement profond du cœur et de la conscience (1 Samuel 16:7; Psaume 51:6).

 


Au contraire, et sans se contredire pour autant, Dieu accorde sa faveur et son approbation, à celui qui réalise une vraie mise à part pour Dieu, juif du cœur, "juif au dedans." Durant son service, le Seigneur Jésus a rencontré des personnes non juives mais possédant cette "circoncision du cœur, en esprit", comme le centurion romain (Luc 7:1-9) et la femme cananéenne (Matt. 15:22-28). Il s'est plu à souligner leur grande foi.

 


Ce qui est dit du "Juif qui l'est au dehors" s'applique aussi au chrétien de nom qui ne fait que suivre les formes extérieures d'une religion à laquelle il est fier d'appartenir; il n'a pas la vie divine. On peut aussi étendre la portée de ces versets à un vrai chrétien lorsqu'il attache plus d'importance aux apparences qu'à l'engagement du cœur. Il est pernicieux de se glorifier de connaître la vérité, d'avoir des ancêtres pieux, qui ont souffert pour leur foi, sans vivre soi-même dans la piété.

 


Chrétiens, qui que nous soyons, laissons-nous personnellement sonder par ces flèches pénétrantes de l'Esprit de Dieu qui veut amener chacun dans la lumière devant Dieu.

 

 

 

Mise à jour le Jeudi, 04 Février 2010 11:04
 
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