Noël et 1er de L’an
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MEILLEURS VOEUX

Jean Vandenbrœck

«Meilleurs vœux... Bonne année... Bonne santé!...»

Ah, ce que nous avons pu les entendre et les répéter ces formules de circonstance! Si tous les souhaits formulés ces jours-ci se réalisaient, c’est sûr, notre vie serait transformée. Nous connaîtrions enfin un bonheur sans mélange. Tout le monde vivrait heureux, exempt de souci, affranchi de la crainte du lendemain.

Et n’est-ce pas précisément la crainte du lendemain qui nous anime lorsque nous présentons à notre entourage nos vœux de bonheur, de santé, de prospérité? N’est-ce pas un peu pour conjurer l’adversité à venir que nous multiplions nos souhaits de toutes sortes?

Les hommes ont toujours été préoccupés de savoir que chaque début d’année nouvelle voie les prophètes de profession, astrologues, voyantes, cartomanciennes et autres pythonisses se livrer à une activité intense. Et chacun de vouloir lire dans le mouvement des astres, le marc de café, la boule de cristal ou le hasard des jeux de cartes de quoi demain sera fait.

Chaque année pourtant, les prédictions, même intentionnellement vagues ou fantaisistes, sont démenties par les faits brutaux de l’actualité, et l’on se garde bien de rappeler, sinon par ironie, les déclarations péremptoires qui firent, il y a un an, la réputation de ces devins que l’on consulte à nouveau aujourd’hui.

La Bible nous met en garde contre toute pratique de divination; on y trouve des textes comme ceux-ci:

«Ne vous tournez pas vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins, est-il écrit dans la loi de Moïse. Qu’on ne trouve chez toi personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car celui qui fait ces choses est en abomination au Seigneur» (Lévitique 19:31 et Deutéronome 18: 10-12).

C’est un lieu commun de dire que nous vivons aujourd’hui au siècle du progrès technique et scientifique. Notre époque est celle des connaissances exactes et toute croyance au surnaturel y est généralement méprisée. Alors, comment expliquer la prospérité jamais égalée de ceux qui exercent les métiers de la divination? Faut-il qu’il y ait encore bien des gens arriérés pour faire vivre les milliers de mages et de voyants, dont la publicité fait la fortune d’une certaine presse dite spécialisée?

Oh! A vrai dire, ce ne sont pas les gens simples qui consultent les «extra-lucides» : ils n’en auraient pas les moyens, car les tarifs pratiqués par les devins sont réputés prohibitifs. Une enquête présentée récemment nous apprend au contraire que la clientèle courante des diseurs de bonne aventure se recrute surtout dans les professions libérales.

Comment expliquer cet engouement des gens instruits et formés à une pensée rationnelle, objective, pour des pratiques occultes ou magiques ? On ne saurait mieux répondre à cette question qu’en citant la préface d’un ouvrage de Maurice Collinon, paru il y a quelques années déjà sous le titre: «Faux prophètes et sectes d’aujourd’hui».

«Il est un fait constant, maintes fois confirmé par l’histoire: quand une civilisation décline et marche vers sa fin, en même temps qu’elle abandonne la religion qui fut la sienne aux jours de sa grandeur et de sa force, elle se laisse en partie entraîner dans les voies aberrantes des mysticismes vagues et des superstitions.

Ainsi, lors de la décadence du Monde Antique, vit-on l’âme du peuple romain, éprise des vieux rites et des dogmes simples de la vieille foi, se laisser travailler non seulement par les doctrines religieuses venues d’Orient, les mystères éleusiniens ou isiaques, le culte sanglant de Mithra, mais céder aussi à tout un bric-à-brac pseudo-spirituel de magie, d’astronomie, de divination, dont seul put la débarrasser le triomphe du christianisme.

L’époque où nous sommes, ce XXe siècle travaillé par tant de forces contradictoires, ne nous pousse-t-il pas irrésistiblement à faire ce rapprochement?»

Un homme qui ne relève nullement d’une observance chrétienne, mais qui a réfléchi à ces problèmes, Robert Kanters, a écrit quelque part ces remarques profondes:

«La première démarche de l’athéisme philosophique contemporain est de nier Dieu, la seconde de mettre l’homme à sa place, de dire à l’homme: Vous serez comme Dieu. De même, la première démarche de l’athéisme non-philosophique est pour tourner le dos aux églises ; la seconde pour se confier aux Mages, aux voyants, aux illuminés».

On en saurait mieux dire. Nietzsche, au siècle passé, assurait que nous étions entrés dans l’époque de «la mort de Dieu» ; mais dans le climat nouveau créé par cette tragique absence, nous voyons les hommes prendre deux attitudes: les uns, les plus lucides, ou les plus orgueilleux, se posent en rivaux de Dieu; les autres, plus faibles, s’en remettent, pour se consoler, à des forces obscures, incontrôlables... Nous assistons à un net retour de l’humanité à la mentalité primitive, par le recours en vogue de plus en plus répandu, de pratiques religieuses, divinatrices, astrologiques, qui contrastent singulièrement avec la prétention de la raison humaine à contrôler intégralement le monde.

Oui, quand on veut supprimer la vraie foi, quand on la tourne en dérision, quand on la délaisse comme une vieille chose surannée, eh bien, il faut s’attendre à voir toutes espèces de fausse foi prendre sa place, avec son cortège de superstitions et de pratiques primitives. Les millions d’hommes qui ont abandonné la foi de leurs pères ont désespérément besoin d’une mystique de remplacement qu’ils s’efforcent de concilier avec les progrès de la science, mais elle ne peut leur procurer finalement qu’amertume et vide de l’âme.

Si j’ai voulu vous présenter mes vœux pour une bonne nouvelle année, ce n’est pas que je prétende agir sur l’avenir ou que je me leurre sur ce que cet avenir nous réserve, je crois que l’avenir est entièrement du ressort de Dieu. Mais la Bible, le livre par lequel Dieu se révèle aux hommes ne nous laisse pas ignorer de quoi demain sera fait. La valeur prophétique de la Bible et sa véracité attestées par plusieurs millénaires d’une histoire où elle a toujours eu le dernier mot, nous fondent à croire ce qu’elle nous dit de l’avenir :

«Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerre... Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura en divers lieux des famines et des tremblements de terre. Quand les hommes diront : Paix et sûreté, alors une ruine soudaine les surprendra... Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de ses promesses, comme quelques-uns le croient, mais il use de patience envers vous... Le jour du Seigneur viendra comme un voleur; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée». (Matthieu 24:6-7 et II Thessaloniciens 5:3 et II Pierre 3:9-10).

Ces perspectives, si peu optimistes soient-elles, ont pris une dimension nouvelle à l’âge où la fission de l’atome met entre les mains de l’homme le pouvoir de «dissoudre les éléments embrasés». Si la Parole de Dieu nous présente de telles prophéties, il est bien évident qu’elle ne recherche pas la popularité, elle n’essaie pas de se concilier des sympathies.

Elle ne nous permet pas de nous faire des illusions sur ce que demain nous réserve. Mais au travers des malheurs qu’elle annonce, elle parle d’espérance et de paix. Elle proclame que «Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16).

En ce début d’année, je voudrais faire miens les souhaits que formulait l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains:

«Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés».

Chers amis, vous pouvez être sauvés de l’angoisse du lendemain; vous pouvez être sauvés de l’amertume d’une vie vécue loin de Dieu; vous pouvez être sauvés de votre solitude, de l’égoïsme qui vous perd, de l’orgueil qui vous ronge; vous pouvez être sauvés de votre vaine manière de vivre, de toute superstition et de la croyance illusoire en l’amélioration progressive du cœur humain.

Mon vœu pour chacun de vous, c’est que l’année nouvelle soit vraiment une bonne année, parce que vous y aurez rencontré Jésus-Christ. Il fait cette promesse à ceux qui mettent en lui leur confiance : «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’alarme pas...»

 

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