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SI JE T’OUBLIE JERUSALEM...

par J.-P. Guignard

«Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho...» (Luc 10:36).

Partir de Jérusalem en direction du levant, c’est vraiment une descente: quittant la ville par la Vallée du Cédron, vous contournez le Mont des Oliviers, puis vous laissez à votre droite l’ancien village de Béthanie. La route s’engage ensuite dans un ravin pittoresque serpentant entre des collines pierreuses et dénudées.

Et voici un panneau insolite planté au bord de la route: «Sea level» indique-t-il au voyageur dans le langage précis de notre époque. C’est le niveau de la mer! Après une dénivellation de 800 mètres, vous avez atteint l’altitude zéro. Mais ce n’est pas fini, car la plaine du Jourdain qui apparaît bientôt dans une échancrure du vallon est encore près de 400 mètres plus bas.

En émergeant enfin des contreforts des monts de Judée, vous découvrez un paysage aride mais d’une beauté et d’une pureté étonnantes malgré l’absence presque totale de vie. Une seule tache de verdure: l’oasis de Jéricho, à quelques kilomètres sur la gauche. A droite les eaux étrangement bleues de la mer Morte qui s’étendent à perte de vue au pied des monts de Moab, premiers bastions de l’immense désert d’Arabie.

Plus au nord, les hauts plateaux de Jordanie. A peu près en face de vous et se détachant à peine des autres sommités de la chaîne: le mont Nébo. C’est de là seulement que Moïse put contempler la Terre Promise. Aperçut-il la cité des Jébusiens? Ville étrange perchée sur les hauteurs, de l’autre côté du Jourdain; ville qui allait jouer un rôle si capital dans l’histoire tourmentée de ce peuple au cou raide qu’il avait ramené d’Egypte. Jérusalem...

Hier...

Son passé se perd dans la nuit des temps. Au sud de la ville, on a découvert des vestiges de murailles qui dateraient du 3e millénaire avant notre ère. Mais c’est dans la Genèse qu’il est fait allusion pour la première fois à l’existence de la cité. On trouve dans ce texte une relation de la brève rencontre d’Abram avec Melchisedec, roi de «Salem» (probablement la Jérusalem d’alors). Cela se passait il y a environ 40 siècles.

Beaucoup plus tard. Jérusalem, citadelle des Jébusiens, résiste à la conquête de Josué et reste indépendante au milieu du pays assigné par le sort à la tribu de Benjamin.

Et c’est seulement la septième année du règne de David que la ville est définitivement investie.

En devenant capitale du royaume. Jérusalem prend de plus en plus d’importance. A partir de la construction du Temple par Salomon, elle sera non seulement le pôle politique et spirituel du pays, mais aussi le ciment mystique et nationaliste (le «sionisme») qui va maintenir, au-delà des divisions tribales ou partisanes, au-delà de l’exil, au-delà des siècles, la mystérieuse cohésion de ce peuple démantelé...

Et c’est le cri d’Israël dispersé à travers les nations: «Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite se dessèche; que ma langue s’attache à mon palais...»

Avant la conquête du pays de Canaan par les Hébreux, on l’appelait déjà Uru-Salim, la ville de la Paix. Paradoxale prédestination semble-t-il: aucune cité de la Terre n’a connu un sort plus troublé et plus mouvementé que le sien. Située au point de rencontre de trois continents, elle a subi toutes les tempêtes de l’Histoire, l’assaut des plus grands conquérants.

 Mais en revanche, quelle autre cité a manifesté une telle résistance à l’anéantissement? Sans cesse détruite, sans cesse renaissant de ses ruines, jusqu’à ce jour où, plus présente que jamais, elle nargue le monde du haut des monts de Juda, étrange paratonnerre qui attire la foudre de la haine des nations...

Aujourd’hui...

Jérusalem 1978: ville immense que les vieilles murailles de Soliman le Magnifique ont depuis longtemps renoncé à contenir.

Traversant les vallées, recouvrant les monts arides de Judée, du côté du nord et vers l’ouest, les nouveaux quartiers ne cessent de s’étendre, pour abriter une population qui s’est accrue par bonds successifs au gré des événements politiques contemporains, passant en moins d’un siècle de 10000 à plus de 300000 habitants.

Mais c’est à l’intérieur de la vieille ville que bat le cœur de Jérusalem, derrière les hautes murailles crénelées qui dominent les vallées de la Géhenne et du Cédron. protégeant tant bien que mal contre les stigmates du XXe siècle cette enclave de l’éternité où dorment les prodigieux souvenirs du passé biblique.

Souvenirs immatériels surtout, car en cheminant par les interminables ruelles, en longeant les Souks, vous vous sentez en plein cœur de l’Islam. Cette chaude odeur d’épices et de cuir tanné, c’est le parfum de l’Arabie ou du Maghreb.

 Ce sont les paroles de Mahomet que vous apporte, amplifiée par les haut-parleurs, la voix nasillarde du muezzin... Excepté le mur occidental de l’esplanade du Temple, rien ne rappelle ici la Jérusalem biblique.

Les siècles et les armées ont effacé la ville de David, et plus tard celle d’Hérode le Grand, quelques décennies seulement après que le Christ l’ait annoncé à ses disciples, subjugués par la splendeur du Temple et des bâtiments qui l’entouraient: «Vous voyez tout cela!... En vérité je vous le déclare, il ne restera ici pierre sur pierre qui ne soit renversée» avait-il dit (Matthieu 24:2).

La destruction d’une grande partie de la ville par les armées de Titus, en 70. c'est aussi l’effondrement national d’Israël et le début de sa longue tribulation à travers le monde.

Mais n’en déplaise à certains, l’élection d’Israël comme témoin est irrévocable. Qu’on l’accepte ou non, Jérusalem est l'endroit de la Terre choisi une fois pour toutes par Dieu pour «rejoindre» l’homme. Aussi, par-delà les épreuves et la condamnation, subsistent ces paroles rassurantes et pleines de sollicitude à l’égard de ce peuple qui fut rejeté pour un temps:

—    Dans un instant de colère, je t’avais dérobé ma face, mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi... (Esaïe 54:8-9).

Et aussi :

—    Je ramènerai ton peuple de l’Orient; je te rassemblerai de l’Occident; je dirai au Septentrion: Donne! Et au Midi: Ne les retiens pas ! (Esaïe 43:5 - 6).

Et pour la ville enfin :

—    Lève-toi, Jérusalem, fais éclater ta splendeur! Car ta lumière est apparue et la gloire de l’Eternel s’est levée sur toi. Oui, les ténèbres couvrent la Terre et l’obscurité couvre les peuples; mais sur toi se lèvera l’Eternel et sur toi resplendira sa gloire... (Esaïe 60:1 -2).

Notre époque n’est-elle pas l’aube des temps qui voient se réaliser ces promesses ? Jérusalem 1978 n'est-elle pas une preuve extraordinaire de la vérité biblique, une impressionnante attestation de l’intervention divine dans l’histoire bouleversante de ce peuple mis à part et qui a retrouvé sa terre et sa capitale après 1900 ans d’exil ?

Demain...

«Allons, bâtissons une ville et une tour dont le sommet atteigne les cieux...» ! (Genèse 11:4).

Les grandes capitales, comme il se doit, polarisent l’attention des peuples: là se trament les événements, là se prépare le futur.

Mais quel futur? Dans quelle direction, vers quel objectif l’humanité d’aujourd’hui essaie-t-elle d’engager son avenir? Qu’est-ce que demain pour New York, Londres. Paris. Moscou. Tokio et autres agglomérations monstrueuses sur lesquelles s’appuie l’espérance des nations ?

—    La paix et l’âge d’or?

—    Ne serait-ce pas plutôt le prolongement abominable d’un prélude de violence bouillonnant dans les alambics de nos apprentis sorciers, énergumènes de tous poils et de toutes tendances, qui prêchent leurs programmes de liberté et de bonheur à coups de rafales de mitraillettes, de kidnapping, de cocktails-molotov et autres arguments plus explosifs que convaincants...

—    Qu’est-ce que demain pour Jérusalem, la ville de la Paix? Pas très rassurant à vues humaines, ce lendemain auquel conduit l’accroissement de la haine de tous ceux qui contestent le retour et l’existence d’un Israël de plus en plus abandonné, mais farouchement accroché à la Cité reconquise, enjeu final de la terrible confrontation moyen-orientale qui menace l’équilibre précaire du monde.

— Ainsi parle l'Eternel qui a déployé les deux, fondé la Terre et formé l'esprit de l'homme au dedans de lui: « Je vais faire de Jérusalem une coupe donnant le vertige à tous les peuples d'alentour......En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour toutes les nations. Tous ceux qui voudront la soulever seront meurtris et toutes les nations de la Terre s'assembleront contre elle». (Zacharie 12:1-3)

Impossible à l’homme, par ses propres moyens, de sonder l’avenir. Mais par la Parole adressée au cours des âges à des hommes ayant accepté, souvent au péril de leur vie. cette terrible responsabilité. Dieu, selon sa volonté, a choisi de révéler le sens et les perspectives fondamentales de l’histoire du monde.

Or, les révélations prophétiques sont formelles sur ce point: plus les temps avancent et plus le cours de l’Histoire — que les grands ont pourtant l’impression de mener à leur guise — se trouve engagé vers l’événement essentiel qui doit mettre un terme au désordre et à la révolte de l’homme contre les lois d’harmonie établies par Dieu. Cet ^événement ultime et primordial : le retour de Jésus-Christ, héritier et roi de la création.

Le lieu où s’accomplira ce glorieux retour? le siège des Nations Unies à New York? Genève? Rome?... Jérusalem. affirme la Bible, la cité élue dès les temps anciens pour recevoir de façon définitive Celui qui vient au nom du Seigneur !

...Mais une Jérusalem meurtrie et malmenée une fois de plus par les nations assemblées contre elle qui auront enfin réussi à s’entendre, non pour la paix, mais pour une ultime tentative d’effacer la ville de la Promesse, d’anéantir le peuple témoin avant qu’il ne s’ouvre à l’Esprit et ne reconnaisse son roi...

Mais voilà, quel accueil notre époque «éclairée» peut-elle offrir à ces affirmations? Riches que nous sommes de notre bel édifice culturel rationaliste, comment admettre une intervention transcendante dans un ordre de choses apparemment régi par le hasard et la nécessité? Et, surtout, comment accepter qu’elle puisse se manifester à travers ce peuple Juif, honni entre tous?...

Que penser de tout cela? Quelle attitude adopter face à cette Bible qui a la prétention d’être la Vérité? Comment avoir la preuve de ce qu’elle avance?

—    Essayez tout simplement de confronter les événements du passé et du présent avec ce qu’en avait dit la Bible plusieurs centaines ou milliers d’années avant qu’ils n’arrivent.

Si vous acceptez d’aller jusqu’au bout de cette démarche, alors, à votre tour, vous ferez cette découverte impressionnante: puisque tout ce qui a été prédit jusqu’à aujourd’hui s’est réalisé avec exactitude, la Parole de Dieu a donc dit vrai ! Et tout ce qui a été annoncé par elle pour la suite des temps doit s’accomplir de même.

Or, dans les perspectives futures, une ère de paix et de gloire est offerte à Jérusalem. A cette ville longtemps méprisée et profanée, un rôle déterminant est attribué dans le plan du salut préparé par Dieu pour son peuple et pour tout homme qui accepte l’Evangile de Jésus-Christ.

Après la dernière épreuve du temps des nations, viendra pour la ville purifiée et sanctifiée par la présence du Christ, l’accomplissement de ces promesses inouïes :

—    Alors que tu étais délaissée, haïe et solitaire, je ferai de toi un sujet d'orgueil à jamais, la joie des générations futures (Esaïe 60:15).

—    Je vais faire couler vers elle la paix comme un fleuve, et la richesse des nations comme un torrent débordé... (Esaïe 66:11).

Et au-delà du temps enfin, dans une vision de l’éternité, l’apôtre Jean discerne une Jérusalem nouvelle qu’il décrit avec des mots humains, extraordinaire symbole de la réconciliation et de la rencontre définitive de Dieu avec sa créature et sa création renouvelées :

—    Il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, resplendissante de la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal... (Apocalypse 21:10-11).

1978 / Juillet - Aout

 

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