Le Saint Esprit
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PENTECOTE ET RENOUVEAU CHARISMATIQUE

par J.-M. Bouillon

Le phénomène qui frappe probablement le plus l’attention dans le compte-rendu biblique de la première Pentecôte, c’est sans doute le fait, qu’immédiatement après l’irruption puissante du Saint-Esprit sur les 120 personnes réunies dans la chambre haute pour prier, celles-ci se mettent à “parler en langues”!.. Et chose plus extraordinaire encore, les Juifs pieux, qui séjournaient à Jérusalem, attirés par le bruit et le spectacle peu communs de ces gens qui paraissent avoir bu plus que de raison, ces Juifs les entendent clairement parler des merveilles de Dieu dans leur propre langue !

Alors Pierre, animé de cette puissance de Dieu, leur en fournit très simplement l’explication : Jésus de Nazareth est ressuscité, il a été à la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez... (Actes des apôtres 2:33).

Le baptême par Jésus dans l’Esprit Saint et le parler en langues, sont donc loin d’être une expérience personnelle discrète, une sorte de volupté spirituelle savourée jalousement, égoïstement... Au contraire, cela se voit, cela s’entend ! Cette expérience transforme les disciples. Elle en fait des hérauts dont la hardiesse et les convictions sont contagieuses.

Au seuil de son ministère terrestre, Jésus avait dit dans la synagogue de Nazareth : “L’Esprit du Seigneur est sur moi; il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres”... De même, l’Esprit du Seigneur est aussi sur les disciples. La preuve ? Eh bien, dit Pierre, “ c’est ce que vous voyez et entendez” : ces gens qui parlent en langues.

Aujourd’hui, dans ce que l’on appelle le Renouveau Charismatique, un nouveau souffle puissant du Saint-Esprit transforme de fond en comble des chrétiens naguère peu engagés dans le témoignage de l’Eglise.

Il convertit littéralement des hommes et des femmes pour lesquels l’Evangile n’était pratiquement plus que lettre morte et dont la signification était confuse dans le concert grinçant des idéologies et des religions modernes... Ils découvrent alors que l’Evangile est plus que l’enseignement d’un maître, plus qu’un code moral, plus qu’un mythe issu, par exemple, de la souffrance des premiers martyrs : c’est vraiment la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Romains 1:16).

Puissance de salut qui se traduit par des signes nombreux : guérison du corps, restauration de la personne, délivrance dans des situations graves et, assez étrangement aussi, par le fait de parler en langues. D’ailleurs, l’apôtre Paul écrira aux Corinthiens : “ Ma prédication ne repose pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu”. (1 Corinthiens 2:3-5).

Le jour de la Pentecôte, la prédication simple de l’apôtre Pierre prend appui sur la manifestation de l’Esprit qui vient d’étonner la foule, c’est-à-dire le parler en langues. Cela peut paraître gênant à quelques-uns, mais c’est ainsi. L’Esprit Saint conduit les disciples à se singulariser devant les autres par des étrangetés qui risquent de les couvrir de ridicule. “Ils sont pleins de vin doux ! disaient certains en se moquant.

Aujourd’hui, de plus en plus, des chrétiens de toutes confessions et de toutes catégories sociales, expérimentent cette manifestation de l’Esprit Saint. Ils sont évêques, pasteurs, médecins, architectes, professeurs, ouvriers, mères de famille ou femmes de ménage.

Ils sont adolescents ou déjà dans la blanche vieillesse. Ils étaient déçus par leur église, mais surtout déçus par la médiocrité de leur vie spirituelle. En s’ouvrant à l’Esprit Saint, ils lui permettent de balayer tous les obstacles qui les avaient empêchés de s’épanouir (les convoitises secrètes, les jalousies, les rancunes, les souillures cachées. Et c’est alors un véritable baptême de joie dont la reconnaissance s’exprime souvent par le parler en langues.

Il est normal que le renouveau charismatique soit caractérisé par la manifestation du parler en langues. On voudrait parfois minimiser l’importance de ce dernier signe par égard pour ceux qui ne l’ont pas expérimenté, ou qui le contestent. Certes, l’action de l’Esprit Saint ne se limite pas à cela. Il ne faut pas rechercher le parler en langues pour le plaisir de parler en langues.

Cela pourrait conduire à bien des déceptions. Il est certain que bien des gens sont capables de parler en langues sans qu’il y ait en eux la moindre impulsion du Saint-Esprit, mais cela justifie-t-il notre crainte, voire notre refus d’être “glossolale” ? Et même s’il s’agissait, comme on le dit parfois, du don considéré comme le moins important, serions-nous excusables de dédaigner ce qui reste malgré tout un don de Dieu ? Le Seigneur ignorerait-il qu’un tel don fût nécessaire ?

“A quoi bon parler en langues ” ? diront en effet certains ! N’est-il pas préférable de s’appliquer à la pratique de la charité ? Evidemment ! Mais cette pratique de la charité dispense-t-elle le chrétien de la méditation de la Parole de Dieu ? ou de la communion fraternelle, ou de la prière ? Tous ces éléments n’ont-ils pas pour but de faire grandir en l’homme cette charité ?

Quelqu’un di-ra-t-il : “Moi, je prie mais je ne lis pas l’Ecriture” ? Ou bien : “Moi, j’étudie la Parole de Dieu, donc je n’ai pas à prier” ? Toutes ces choses se complètent, elles s’ordonnent à la charité. Elles édifient le croyant et du même coup l’Eglise de Jésus-Christ. Or, l’apôtre Paul écrit : “Celui qui parle en langues s’édifie lui-même” (1 Corinthiens 14:4). Il va même jusqu’à avouer qu’il parle en langues plus que tous les Corinthiens ( 1 Corinthiens 14:18), ce qui n’est pas peu dire !

Et pourquoi cela ? Parce que ce don de grâce (ce charisme ! ) enrichit sa vie de prière. En priant par l’Esprit - son intelligence au repos - le chrétien est en contact avec les profondeurs de Dieu, il s’abandonne au Fils de Dieu comme à son Seigneur et il en est tout inondé de joie et d'amour.

La recommandation de l’apôtre Paul : “Priez sans cesse” concerne-t-elle uniquement les Thessa-loniciens ? (I Thessaloniciens 5:17). Ou, par devers eux, nous atteint-elle aussi ? Je suis persuadé que le voeu du même apôtre : “Je voudrais que vous parliez tous en langues” (1 Corinthiens 14:5) dépasse aussi le cercle corinthien. Ne méprisons pas les plus petits cadeaux de Dieu, et nous nous apercevrons - si nous voulons en user avec la sagesse qui convient - qu’ils sont effectivement des signes de sa puissance.

Au moment où tous les chrétiens célèbrent la Pentecôte dans le monde, alors même que des milliers de coeurs s’unissent dans une prière commune pour qu’une nouvelle Pentecôte renouvelle l’Eglise et le Monde, n’éteignons pas l’Esprit en refusant ce qui peut nous apparaître comme une folie inutile de sa part. Non ! Au contraire. Avec l’apôtre Paul, je souhaite que vous ayez, entre autres joies, celle de recevoir un authentique baptême du Saint-Esprit accompagné du “parler en langues” !

 

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