Le Saint Esprit
Open Panel

LE SIGNE DES LANGUES NOUVELLES

 

 

PASTEUR Franck LEFILLATRE

 

 

Plus que de parler du parler en langues en lui-même je préfère parler ce matin des langues nouvelles, parce qu’il ne faut pas oublier ceci : les langues nouvelles sont avant tout des langues. Permettez-moi même d’ajouter ceci des langues d’hommes. Pour comprendre donc ce que sont les langues nouvelles, il nous faut comprendre pourquoi elles tiennent cette place ? En quoi elles sont si importantes dans l’enseignement du Seigneur ?

 

Pour nous-mêmes nous considérons que nous sommes les héritiers des pionniers des pères du Pentecôtisme moderne, mais nous considérons surtout que nous sommes les héritiers de l’enseignement des apôtres. A ce titre nous croyons toujours dans la promesse de Jésus (Mc.16/17) : « Ils parleront dans des langues nouvelles » Alléluia !

 

Je vous invite avec moi à lire dans (Mc.16/15-20) nous sommes tout à la fin de cet Evangile, ce sont les dernières paroles de Jésus, avant qu’Il ne retourne chez Son Père. Il les adresse à Ses disciples, et ces paroles sont aussi pour notre génération 

 

: « Puis Il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la Création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon Nom, ils chasseront les démons ; ils parleront des nouvelles langues ; ils saisiront de serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris. Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et Il s’assit à la droite de Dieu. Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la Parole par les miracles qui l’accompagnaient. » Amen.

 

Je me pose quand même cette question : « Quelle drôle de chose, quelle drôle d’idée, de la part du Seigneur de vouloir nous faire parler dans des langues que ni vous ni moi ne comprenons ni ne parlons ? » Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question sous cet angle-là mais je vous l’adresse quand même.

 

Pourquoi Jésus a-t-Il voulu que nous parlions dans des langues nouvelles ? Pourquoi a-t-Il voulu que la prédication que ceux qui croient en Lui soient accompagnés de ce signe quand même assez mystérieux des langues nouvelles ?

 

Aujourd’hui en abordant ce thème je vais laisser de côté en tout cas la semaine prochaine les questions pratiques du parler en langues dans le culte, dans notre vie quotidienne, courante pour m’intéresser à cette question de fond, à essayer de comprendre le choix de Dieu quelque peu surprenant concernant ces langues nouvelles.

 

 

D’après ce texte de (Mc.16) les langues nouvelles font partie d’un ensemble de choses qui accompagnent la prédication des disciples de Jésus-Christ. Il y a : chasser les démons, saisir des serpents, boire des breuvages mortels et guérir les malades en imposant les mains et aussi parler des langues nouvelles.

 

Ces choses sont plus que des simples choses, le Seigneur dit qu’elles sont des signes, des miracles que Dieu accomplit pour authentifier la prédication de Ses serviteurs. C’est un miracle par lequel Dieu signe Sa Présence, c’est aussi la portée de ce mot.

 

Autrement dit les langues nouvelles sont une signature de Dieu sur le témoignage que rendent à Son Nom et à Sa Parole ceux qui ont cru en Lui. Les langues nouvelles sont une signature de Dieu mais qu’est-ce que Dieu veut donc signifier, plus exactement signer à travers ces langues nouvelles ?

 

 

Le choix de Dieu concernant les langues nouvelles n’est pas anodin, car les langues nouvelles sont avant toute autre chose, des langues et des langues d’hommes. On ne peut comprendre le signe des langues nouvelles si d’abord on ne comprend pas la portée historique, la portée théologique des langues humaines.

 

Les langues d’hommes sont un signe de Dieu, car c’est Dieu qui a donné les langues aux hommes. Bien avant la Pentecôte et jusque dans l’éternité, les langues d’hommes demeurent le signe de Dieu. Nous ne pouvons comprendre le signe des langues nouvelles que si nous comprenons le message que Dieu adresse à l’humanité à travers les langages que nous parlons.

 

La première chose qu’il faut dire, c’est que les langues d’hommes ont été un signe plutôt négatif au début, puisqu’elles ont été un signe de confusion et de séparation. Je vous emmène avec moi à l’aurore de l’humanité, plus exactement peu de temps après le déluge.

 

Les hommes sont encore porteurs de ce souvenir, de ce traumatisme car le Déluge a forcément marqué toute l’humanité et les descendants de Noé qui sont là. La Bible nous dit qu’ils avaient une seule langue, ils avaient les mêmes mots (Gen.11/1) Face à ce traumatisme du Déluge, ils décident ensemble de se regrouper pour bâtir une ville et à son centre une tour qui s’élèverait jusqu’à toucher les cieux.

 

Ce projet n’est pas simplement un projet de mieux vivre ensemble. Ce projet se dresse comme un défi à l’égard de Dieu. C’est ce que le texte nous dit (Gen.11/4) : « Ils dirent encore : Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. » Les hommes ont défié Dieu.

 

Dieu a donc regardé ce qui se passe parmi eux. Il a observé le cœur des hommes, Il a entendu les paroles des hommes et le Seigneur a dit ensuite ceci (Gen.11/6-7) : « Et l’Eternel dit : voici, ils forment un seul peuple et tous ont la même langue, c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. 

 

 Jusque-là, ils parlaient tous la même langue, ils parlaient les mêmes mots, ils se comprenaient, ils pouvaient donc se regrouper ensemble, bâtir et réaliser des projets ensemble. Ce n’étaient pas des projets de bénédictions mais des projets de défis à l’égard de Dieu. Dieu est intervenu, Il a jugé leurs cœurs et Il a confondu leur langue afin que ce projet échoue.

 

 Les hommes ont commencé à parler différentes langues, du coup ils ne pouvaient plus se comprendre les uns les autres et comme ils ne pouvaient plus se comprendre et qu’il y avait cette confusion, ils se sont dispersés, car ils n’arrivaient plus à travailler ensemble.

 

Mon beau-père qui est originaire de Sicile a longtemps travaillé comme chef de chantier. Les choses sont toujours les mêmes sur un chantier. Il parlait le français imbibé d’accent sicilien, mais il avait avec lui des Espagnols, des Portugais, des Marocains, des Polonais et il fallait arriver à faire vivre tout ce petit monde ensemble et à les faire travailler aussi et ce n’était pas simple.

 

Il fallait transmettre les ordres et arriver à faire ce que l’architecte voulait que l’on fasse. Alors il fallait réaliser un espèce de galimatias, d’espéranto du B.T.P. Chacun essayant de s’y retrouver, mais ce n’était pas simple. Sur le chantier de Babel, cela les a amenés à se disperser. Quand chacun commence à parler dans sa langue les choses ne sont pas évidentes.

 

Combien parmi nous parlent une langue maternelle qui n’est pas le français ? Y a-t-il de gens parmi nous qui parlent le créole antillais, réunionnais ? il y en a qui parlent brésilien, portugais, espagnol.

 

Y en a-t-il qui parlent des langues d’Afrique, d’Asie ? Commençons à parler dans nos langues, disons : « Oui, le Seigneur est bon » Cela pourrait poser certaines difficultés n’est-ce pas ! Heureusement que nous avons cette langue commune le français, car nous habitons en France, mais si nous devions conserver chacun notre langue, ce ne serait pas facile de vivre ensemble la vie de l’église.

 

Les langues sont apparues initialement comme un signe de jugement à l’égard des hommes vaniteux. Les langues ont été un jugement de Dieu, un signe de séparation et de dispersion, il n’y a rien de très positif là-dedans. Toutefois avec la Pentecôte, bien des générations après, la manifestation du signe des langues nouvelles a fait évoluer les langues.

 

Avec ce nouveau temps, ce qui était un signe de dispersion, de confusion est devenu un signe de rassemblement, et un signe de distinction. L’apôtre Paul écrit ce verset un peu mystérieux et qui a donné de nombreuses interprétations dans (1 Cor.14/22) : « Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants mais pour les non-croyants. »

 

Nous allons essayer de réfléchir autour de ce verset quelques instants. Ce que je voudrais dire d’abord concernant ces langues dans le Nouveau Testament à partir de la Pentecôte, je me suis arrêté sur cette expression : ‘langues nouvelles’. Très souvent nous parlons de parler en langues, mais Jésus parle de langues nouvelles.

 

Il faut s’arrêter sur l’adjectif ‘nouvelles’. Il est important car Jésus est venu amener quelque chose de nouveau : une Nouvelle Alliance, une nouvelle relation avec Dieu. Jésus renouvelle toutes choses et Il a renouvelé le signe des langues. Ce mot ‘nouvelles’ ne veut pas dire que nous allons parler des langues que nous ne connaissions pas, qui étaient inconnues.

 

C’est beaucoup plus profond que cela. En disant que nous allons parler des langues nouvelles car nous croyons en Lui et nous sommes remplis du Saint-Esprit, Jésus est en train de signifier un changement dans la valeur des langues, par rapport au temps de Babel.

 

Avec la Pentecôte les langues ne sont plus un signe de jugement, un signe de confusion, mais premièrement les langues deviennent un signe de rassemblement. ‘Les langues nouvelles’ témoignent du rassemblement que Dieu et en train d’opérer d’entre les gens de toutes les nations, de tous ceux qui ont cru en Lui, de toutes ethnies, de toutes langues. Il est en train de les prendre pour former un seul Corps : l’Eglise de Jésus-Christ.

 

L’apôtre Paul dit que les langues sont aussi un signe de distinction. Elles ne sont pas un signe pour les croyants mais pour les non-croyants. Car le signe des langues qui a été un signe de jugement et de confusion, l’Eglise est en train de témoigner l’inverse, le signe des langues nouvelles sont pour ceux qui ont cru. Ceux qui n’ont pas cru, sont comme jugés par ce signe des langues, ils ne parlent pas ces langues nouvelles. Elles sont un signe de confusion pour eux.

 

Nous allons approfondir cette idée. Les langues nouvelles sont donc associées intimement à l’Eglise dès son origine. C’est au jour de Pentecôte que l’Eglise a été manifestée publiquement. Et ce jour-là les langues nouvelles ont été exprimées par les apôtres remplis du Saint-Esprit. L’Eglise et le signe des langues sont liés l’un à l’autre. Nous savons que même si les langues doivent cesser, ce signe des langues nouvelles cessera dans le ciel.

 

Dans le ciel il est encore question de langues. Dans le livre de l’Apocalypse il est dit (Apoc.7/9-10) : « Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Ils criaient d’une voix forte,  en disant : Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’Agneau. » Que sont ces langues ? Je ne sais pas si au ciel nous parlerons une seule langue.

 

Quelle sera cette langue ? Pour moi s’il n’y a qu’une seule langue, de toute façon elle sera beaucoup plus belle que toutes les langues que nous pouvons parler, car ce qui est céleste est céleste. Peut-être continuerons-nous à parler notre langue, mais il y aura quelque chose de miraculeux qui se fera, nous arriverons à nous comprendre au-delà de nos différences d’expressions. Je ne sais pas comment les choses se passeront. Que cela reste mystérieux et divin ! Cela me convient tout à fait.

 

Nous voyons que même dans le ciel il est question d’hommes et de femmes de tout peuple et de toute langue. Les langues demeurent jusque dans l’éternité. Dieu a inversé le signe des langues. Au début, c’était un signe de jugement, de confusion, de séparation.

 

 A la Pentecôte, les langues deviennent un signe de rassemblement, un signe de distinction. C’est un signe qui accompagne l’Eglise de Jésus-Christ.

 

Ce qui divisait devient ce qui unit. Nous sommes le peuple de l’Eglise, nous sommes le peuple qui parle des langues nouvelles. Cela nous différencie du reste des hommes, car c’est un signe, une signature de Dieu sur ceux qui ont cru en Sa Parole. Vous comprenez que nous sommes loin du petit parler en langues que nous produisons par moments.

 

Appellerons-nous cela une langue quand ce ne sont que quelques paroles, quelques balbutiements ? Le signe des ‘langues nouvelles’ est le signe d’une portée théologique extraordinaire.

 

C’est une signature de Dieu sur l’Eglise, et sur notre vie. Quand nous parlons en langues, nous exprimons que quelque chose de nouveau s’est passé. Dieu a renversé les choses. Nous faisons partie d’une Histoire qui nous dépasse, qui commence du début de l’humanité et qui se poursuit jusque dans l’éternité.

 

Il est important de considérer ceci, j’y reviendrai la semaine prochaine. Nous pouvons tous parler en langues. L’apôtre Paul dit : « N’empêchez personne de parler en langues, mais malgré tout dans l’église il est préférable de parler dans la langue courante afin que ceux qui sont là soient édifiés ».

 

Dans l’église nous pouvons exprimer des langues nouvelles avec parcimonie, mais dans tous les cas les langues nouvelles doivent être interprétées, car il est nécessaire qu’elles soient intelligibles et comprises afin d’édifier, parce que si nous commençons à parler en langues tous ensemble, nous produirons un signe de confusion.

 

 Dieu ne veut pas que les langues nouvelles soient un signe de confusion. Il veut qu’elles soient un signe de rassemblement et de distinction. Ce n’est pas du tout pareil. C’est pour cela qu’il dit : « Dans l’assemblée vous ne pouvez pas parler tous en langues car si quelqu’un de l’extérieur arrive au milieu de vous, non pas un chrétien mais qu’un homme de la rue vous entende tous parler en langues il va dire : Ils sont fous. » Il n’est pas édifié.

 

Comprenez bien même si commençons à parler chacun dans notre langue, que nous prions, que nous louions ensemble les gens diront : « Dans cette église  les gens sont bizarres » Ils entendent les gens parler en langues mais ils ne reçoivent rien.

 

Il faut que dans l’église les langues soient interprétées sinon les non-croyants ne comprendront rien. Paul dit : « Ils vont rester barbares. » Dieu ne veut pas que les langues soient source de confusion, au contraire, Il veut qu’elles soient source de rassemblement, de distinction  il faut qu’elles soient interprétées.

 

Le troisième point est très important pour comprendre le pourquoi des langues nouvelles. Elles sont le signe d’un changement de paradigmes je parle en français. Un paradigme est un modèle cohérent, une vision cohérente du monde. Maintenant si je dis que les langues nouvelles sont un signe paradigmatique c’est pour dire qu’elles annoncent un temps nouveau, un nouveau modèle de relation entre Dieu et les hommes.

 

 Par le signe des langues nouvelles Dieu dit qu’Il change Sa façon d’établir une communication, d’avoir des relations avec des hommes. A la Pentecôte, Dieu annonce à Son peuple d’Israël, sans oublier que le salut vient des Juifs ; à la Pentecôte ceux qui étaient concernés étaient des Juifs. Dieu leur annonce ce jour-là qu’Il se tourne aussi vers les nations.

 

La preuve, c’est que les Juifs de la Diaspora et les prosélytes qui les accompagnaient ont clairement et audiblement entendu au moins quinze langues provenant de pays où ils habitaient. L’un disait : « Il parle latin » l’autre disant : « Il parle Crétois » Un autre : « Il parle arabe. » Ils ont reconnu les messages que ces hommes adressaient non pas à eux mais à Dieu, puisqu’ils racontaient les merveilles de Dieu.

 

Je veux dire par là que les langues sont devenues le signe de ce changement de relations entre Dieu et les hommes. Jusque-là, à part de rares exceptions l’hébreu, était la langue de la révélation divine dans l’Ancien Testament.

 

 A partir de maintenant Dieu se révèle dans toutes les langues. Les hommes inspirés par le Saint-Esprit commençaient à raconter les merveilles dans leur propre langue. Alors mettez-vous à la place de ces Juifs provenant des pays de la Diaspora, tout d’un coup à Jérusalem ils voient ces Galiléens commencer à psalmodier, à chanter les louanges de Dieu non pas en hébreu mais leur langue païenne.

 

Cà ne s’était jamais fait, on racontait les merveilles de Dieu en hébreu, mais jamais en arabe, jamais en crétois, jamais en gaulois… Il y avait une exclusivité, l’hébreu était la langue d’Israël, la langue entre Dieu et les hommes. Maintenant ces hommes de Galilée racontent les merveilles de Dieu dans les langues des païens. Réalisons-nous le choc que cela peut faire parmi ces Juifs qui étaient à Jérusalem ? Qu’est-ce qui leur arrive ?

 

Les langues nouvelles sont donc des signatures divines témoignant de la restauration d’un nouveau modèle de relations entre Dieu et les hommes, où ? Le Seigneur dit que l’Evangile sera annoncé à toutes les nations, dans toutes les langues. Ainsi les langues nouvelles accompagnent ceux qui ont cru et qui vont prêcher la Bonne Nouvelle à toute la création. Dans ce sens l’ancien paradigme qui était centré sur Israël devient comme dépassé.

 

 A ce propos Paul rappelle une prophétie d’Esaïe (Es.28/11) dans (1 Cor.14/21) où il dit ces paroles : « C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que Je parlerai à ce peuple (Israël) et ils ne M’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. » Pour la partie d’Israël demeurée dans l’incrédulité et dans l’endurcissement, le signe des langues est devenu un signe de jugement.

 

Pour leur dire : Maintenant Dieu se tourne vers les gens des nations pour leur apporter la lumière et pour leur dire aussi : « Croyez-vous maintenant qu’on peut louer Dieu avec les langues des païens ? » Si Dieu a fait cela, cela me ramène à ce que Paul écrit dans (Rom.10/19) : «  J’exciterai votre jalousie par ce qui n’est pas une nation… »

 

Comment ? On peut louer Dieu maintenant dans les langues des païens et non plus simplement en hébreu » Ce n’est pas pour les condamner, c’est pour exciter leur jalousie afin de les ramener à Lui. Le problème Paul l’avait dit, Esaïe l’avait prophétisé : « Ils ne M’écouteront pas même ainsi. » avait dit le Seigneur, ce qui est triste !

 

Cette notion de changement de paradigme, de modèle permet aussi de répondre à une question que vous ne vous posez pas mais que je vais vous poser : « Pourquoi n’est-il pas fait mention de Jésus parlant en langues ? » Pourtant Il possédait l’Esprit Saint dans toute Sa plénitude.

 

Pourtant si on considère la liste de tous les dons spirituels mentionnés dans (1 Cor.12) on constate que pratiquement Jésus les a tous exercés : Parole de sagesse, c’est évident, parole de connaissance, c’est évident, don de foi, oh ! plus d’une fois, don de guérisons mais Jésus  a tant de fois guéri, don d’opération des miracles, on se rappelle tous les miracles accomplis par le Seigneur, les prophéties, Jésus le Prophète par excellence, Il est le Prophète de Dieu, le discernement des esprits, nous le savons.

 

Il avait tous les dons spirituels à l’exception de deux : le don de la diversité des langues et son corollaire l’interprétation des langues. Permettez-moi cette parenthèse, c’est pour plaisanter : Quand je pense que certains pensent avoir les neuf dons spirituels, alors Jésus n’en a exercé que sept.

 

Rappelons-nous que Jésus n’a guère dépassé les limites des provinces d’Israël. Son ministère était avant tout tourné vers les brebis  perdues de la maison d’Israël. Il n’était pas encore question de nations, de peuples et de langues. Lorsque le Seigneur voit cette femme syrophénicienne d’origine grecque venir vers Lui, pour demander la délivrance de sa fille, Il va lui parler un peu sèchement au sujet du pain des enfants qu’on ne donne pas aux petits chiens et elle saura réclamer les miettes.

 

Le ministère de Jésus est surtout centré sur Israël. Ce n’est donc pas le temps de parler des langues nouvelles. Ce n’est qu’après Sa Résurrection, juste avant Son Ascension, au moment où Il envoie ses apôtres vers les nations qu’Il mentionne pour la première fois le signe des langues nouvelles.

 

Ce signe est intimement associé avec l’Eglise et deuxièmement à la mission que le Seigneur confie à Son Eglise d’annoncer l’Evangile à tous les hommes. Si l’on dit que le signe des langues a cessé, pour moi cela veut dire que l’Eglise a cessé et que la mission d’évangélisation a cessé, car ce signe est intimement lié à ces deux choses.

 

Je voudrais finir par un dernier point. Là, on a parlé vraiment de choses universelles, on va revenir sur l’homme. Ce que je vais dire à mon sens est très important, le titre est un peu fort mais pourtant, ce doit être une réalité. Le signe des langues nouvelles est le signe de l’homme ou de la femme spirituel. Si le Seigneur choisit le don des langues nouvelles comme signe annonciateur d’un nouveau modèle, c’est pour dire que quelque chose d’important s’est produit au niveau de l’homme.

 

Là, il faut nous tourner vers l’enseignement de l’apôtre Jacques sur la langue (Jacq.3/1-13) car comment parler de langues nouvelles sans parler de l’instrument par lequel ces langues nouvelles sont rendues possibles. Jacques enseigne que la langue fait office de pilote.

 

Elle est le gouvernail de la vie, n’est-ce pas ! Cela veut dire que son influence sur le cours de la vie est inversement proportionnelle à sa taille. Vous regardez les grands navires, vous voyez un petit gouvernail. Parfois avec l’homme, ce n’est pas tout à fait vrai parce qu’il peut arriver que la langue soit bien pendue, mais en tout cas Jacques soulève deux points importants.

 

La première question est : « Qui contrôle notre langue ? » Notre langue est-elle bridée ? Il écrit (Jacq.3/2) : « … Si quelqu’un  ne bronche pas en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. » Je peux vous dire qu’il faut quelqu’un de solide pour tenir la langue. C’est plus facile de dompter un cheval sauvage que de dompter la langue d’un homme. Il faut quelqu’un d’une force tout à fait particulière, je pense qu’il faut regarder vers le Seigneur.

 

La deuxième question est : « Qui influe sur la langue pour l’orienter dans telle ou telle direction ? » Par elle nous bénissons nos frères et nos sœurs, nous rendons gloire à Dieu et par elle nous maudissons, nous critiquons. Est-ce une chose normale ? Evidemment pas ! Qui donc la langue d’un homme contrôle-t-elle ? C’est une question de soumission.

 

Une idée m’est venue comme ceci : la langue est le témoin décisif de la conversion et de la transformation d’un homme ou d’une femme. Qu’en pensez-vous ? Le témoignage de la langue est plus important que le témoignage du cœur.

 

 Qu’en pensez-vous ? C’est pour cela que Paul dit dans (Rom.10/10) : « C’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut, selon ce que dit l’Ecriture. » La langue est le témoin décisif de la transformation d’un homme ou d’une femme, parce que la langue parle selon l’abondance qui se trouve dans le cœur de l’homme.

 

Parler dans des langues nouvelles, est avant tout un acte de soumission. Nous avons trouvé l’homme suffisamment fort, le Saint-Esprit pour tenir notre langue en bride. Il n’y a que Lui qui peut, mais en fait, ce n’est pas un acte d’oppression, c’est un acte d’offrande. Nous offrons notre langue, c’est l’offrande ultime. On offre son cœur, on offre son corps et au bout du compte on offre sa langue. Quand vous avez offert votre langue, vous avez tout donné.

 

On donne sa langue au Saint-Esprit. Prier des langues nouvelles ce n’est pas prier avec l’intelligence, ce n’est plus elle qui fait fonctionner la langue c’est l’Esprit de Dieu. L’apôtre Paul dit : « L’intelligence est stérile… » l’esprit est en prière et le Saint-Esprit s’exprime dans ces langues nouvelles.

 

Maintenant ce n’est pas parce que quelqu’un parle des langues nouvelles que sa langue est sanctifiée. Nous le disons avec tristesse. Nous disons que ceux qui louent le Seigneur dans des langues nouvelles ont une responsabilité encore plus grande que les autres de bien faire attention au témoignage de leur langue.

 

Car c’est déjà une chose de bénir le frère et  de le maudire l’instant d’après, mais c’en est encore une autre de louer le Seigneur dans des langues nouvelles et quelques instants après aller asticoter une personne, pour raconter ce qu’on a envie de raconter. D’où vient ce décalage que nous observons malheureusement ? C’est un problème de soumission. Leur langue qui influe sur le cours de la vie est mal influencée elle-même.

 

Au (v.5) Jacques dit que « la langue est un feu » mais quel feu alimente notre langue ? Un feu de géhenne, mais je n’ai pas de feu de géhenne dans ma vie. Il suffit parfois d’un lumignon qui fume, d’une braise qui rougeoie et d’un souffle qui passe par-là et le feu se déclenche. C’est comme si on ouvrait les vannes d’une écluse, plus rien ne retient et alors cela s’embrase et celui qui était capable de louer le Seigneur quelques instants avant, s’emporte.

 

 

 Il a suffi d’un petit souffle de tentation, de critique, du malin pour venir tout embraser de feu de géhenne. La langue est le monde de l’iniquité. Elle enflamme le cours de la vie étant elle-même enflammée par la géhenne. Comme le dit l’apôtre Jean : « Seigneur, Tu es venu pour nous purifier de toute iniquité.

 

Oui, Tu as éteint le feu de l’iniquité mais aussi le lumignon qui fume, éteins-le. Aucune braise ne doit rougeoyer dans ma vie. Seigneur c’est un autre feu que je veux posséder. » Rappelez-vous l’Apocalypse, le trône de Dieu, la gloire du Seigneur. Devant Lui, sont sept lampes ardentes, témoignage de la plénitude du Saint-Esprit. Ce que je dis n’est pas doctrinal, c’est un tableau, une image, une pensée.

 

J’imagine le jour de la Pentecôte c’est comme si le Seigneur avait pris de ce brasier, qui brûle devant Lui et l’avait envoyé dans la chambre haute. Là, des langues de feu ont commencé à se poser sur les uns et sur les autres. « Seigneur, c’est de ce feu que je veux être embrasé, que je veux être alimenté jusque dans ma langue, non pas simplement quand je prie en langues, mais aussi quand je chante, quand je parle, quand je travaille, quand je vis.

 

C’est ce feu là que je veux Seigneur, purifie-moi ! Je veux ces langues bridées par la puissance du Saint-Esprit, cette langue circoncise par la Parole de Dieu, coupe ma langue Seigneur. »

 

 Le Seigneur a dit qu’il vaut mieux se couper un bras, une main, s’arracher un œil. Le Seigneur sait ce qu’Il veut dire. Ce matin, je pourrais dire : « Parfois, Seigneur, si Tu pouvais un peu raboter notre langue. »

 

  Ce que nous voulons c’est qu’elle raconte les merveilles de Dieu, qu’elle prophétise selon l’Esprit pour édifier, qu’elle témoigne avec puissance de l’Evangile de Christ, qu’elle bénisse mes frères et sœurs comme nos ennemis.

 

Alors mon frère, ma sœur, toi qui parle dans des langues nouvelles, prend soin d’être alimenté par le bon feu. Ne permets pas au lumignon, à la braise de la géhenne de demeurer en toi. Que l’œuvre de renouvellement aille jusqu’au plus profond de ta vie ! Est-ce que ta langue est née de nouveau ? « Seigneur, fais naître de nouveau notre langue pour raconter de nouvelles choses !

 

Cette semaine j’ai voulu mettre en évidence les raisons, qui font que Dieu a choisi que nous parlions dans ces langues nouvelles. Pour comprendre le sens de ‘langues nouvelles’ il faut comprendre l’Histoire des langues, car elle s’inscrit dans cette grande Histoire. Autrefois les langues étaient un signe de séparation, de confusion, mais depuis la Pentecôte, elles sont devenues un signe associé à l’Eglise, le signe d’un peuple qui se rassemble, que Dieu distingue d’entre les hommes.

 

C’est aussi un témoin, un signe d’un changement paradigmatique : Dieu s’adresse aux gens des nations et témoigne de cela en permettant que des hommes, premièrement des Juifs louent le Seigneur dans les langues des Gentils.

 

Les langues nouvelles sont aussi le signe de l’homme spirituel qui peut dire : « Seigneur, non pas simplement mon cœur, mon corps, mais ma langue aussi T’appartiennent entièrement. » Cela nous permet de mieux comprendre pourquoi nous parlons en langues.

 

Mes frères et sœurs nous ne parlons pas en langues parce que nous sommes Pentecôtistes et que dans un culte cela peut faire bien de le faire, car on nous a dit que dans nos temps de prières il faut parler en langues.

 

 Parler en langues a une signification, c’est une signature de Dieu, ce n’est pas un acte anodin, c’est un témoignage. Nous ne parlons pas en langues dans la rue, certes mais c’est un signe qui nous accompagne dans notre piété de chaque jour.

 

 Parler en langues abondamment dans votre culte privé. Chantez-vous en langues, laissez l’Esprit de Dieu vous remplir de ces cantiques, de ces chants spirituels, qu’ils sortent de votre cœur et louez le Seigneur !       AMEN.