Le Saint Esprit
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LE BAPTÊME DU SAINT ESPRIT ET SES EFFETS SUR LA VIE EMOTIVE (1)

 

 

 

 

PASTEUR BOULAGNON

 

 

 

Nous avons commencé il y a trois semaines, une série sur le Saint Esprit, sur le baptême du Saint Esprit et, en 2 temps, aujourd'hui et diman­che prochain, je traiterai: le baptême du Saint Esprit et ses effets sur la vie émotive.

 

 

 Je n'ai jamais parlé là-dessus et il me semble de mon de­voir de le faire, tout simplement parce qu’il faut que nous soyons bien au clair dans ce domaine-là. Je vous propose de faire 3 lectures:

 

 

 

- Evangile de Luc, chapitre 19, versets 38 à 40 (j'extirpe ces 3 ver­sets de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem),

 

 

 

- Actes, chapitre 2, versets 12 et 13 (c'est dans l'histoire de la Pentecôte, que tout le monde connaît bien),

 

 

 

- Actes, chapitre 3, versets 9 et 10 (il s'agit du boiteux guéri, mi­racle accomplit par les apôtres Pierre et Jean).

 

 

 

Le mouvement de Pentecôte a souvent été critiqué et attaqué; et cer­tains prétendent qu’il donne trop d'importance à notre vie émotive, d'au­tres au contraire, sont anxieux de ce qu'il ne donne pas de place aux sen­timents. Pour ma part, je vous ai déjà parlé du "sentimentalisme", mais pas du monde des "sentiments".

 

 

Ne confondez pas les deux. La Bible doit dire son mot à ce sujet: aucun problème, aucune question ne peut être pour nous, une cause de souci, lorsque la chose est solutionnée déjà par la Pa­role de Dieu. La Bible envisage les différentes vérités importantes à plu­sieurs points de vue.

 

 

 

La considération de toutes ces choses à la lumière de la Parole de Dieu, constitue une étude très digne d’intérêt. Certains chrétiens pensent que la véritable foi chrétienne revêt un tel caractère, qu’elle n'influence en rien la vie émotive.

 

 

 Il convient de remarquer cepen­dant que l'émotion et la foi sont les 2 aspects, différents certainement, mais 2 aspects d'une même chose. Elles sont 2 expressions alternatives de la vie spirituelle: tantôt nous croyons et nous l'exprimons ainsi, tantôt nous sentons les choses et nous l'exprimons ainsi: je ne sens pas la chose, je ne sens pas ceci ou cela; cela fait partie du monde de l'émotion, de l’être.

 

 

Or, la véritable vie de la foi, n’exclut nullement le sentiment (je ne dis pas le sentimentalisme). C’est plutôt l’opposé qui est vrai. Il est très naturel qu'en faisant l'expérience d'une merveilleuse bénédic­tion, telle que le Salut par exemple, on doive la connaître aussi par ce monde, non pas sentimental, mais le monde du sentiment.

 

 

Beaucoup d’autres forces agissent dans notre vie et agissent en influ­ençant justement, nos émotions. Il y a des gens qui ne sont pas du tout émotifs, d’autres qui le sont à l'extrême. Personne ne songerait à se plaindre de ce que quelqu'un ressente une grande émotion, par exemple à la vue de quelques beautés de la nature.

 

 

 Je pense le soleil levant; les buis­sons couverts de rosée étincelante sous les effets du soleil; l’atmosphère remplie d'harmonie et de parfum, surtout au printemps où les effluves, les senteurs viennent frapper nos narines; la gloire de la nature qui s’éveille- au printemps. Tout cela peut être un sujet d’émotion normale.

 

 

 Personne ne songera à taxer de fanatisme, quelqu'un qui exprimera hautement ses senti­ments d'admiration devant de tels spectacles. Et si nous avons un cœur et une intelligence sensible à de telles merveilles, il est tout naturel que nous puissions être, à la fois émus et enthousiastes, par ce que nous voyons, par ce que nous sentons.

 

 

Personne ne considérera comme dangereuse une telle émotion. Bien au contraire, ce sentiment est généralement consi­déré comme de bon aloi et réellement bienfaisant, quand vous avez encore une âme capable de vibrer devant ces choses.

 

 

Il n'a jamais été considéré comme dangereux, à être élevé jusqu'à 1' enthousiasme, par la poésie, par la musique ou alors un art quelconque qui va émouvoir l’âme.

 

 Dans l'église où j'étais précédemment, nous avions des grandes orgues et quand ces belles orgues jouaient des cantiques, il y avait de quoi émouvoir l'âme, c'est sûr. Je dirai encore que les artistes sont doués d'un sens puissant de l’émotion.

 

 

 Par exemple, un musicien pos­sède des forces puissantes d'émotion qu'il exprime soit par la composition ou alors l'exécution d'un morceau. S'il lui était demandé de limiter ses sentiments ou d'emprisonner son émotion, il deviendrait tout de suite sté­rile et ne pourrait plus rien produire.

 

 

Quand Yéhudi Mennühim joue du vio­lon, il y a tout le bonhomme, toute son âme, qui passe au travers des cor­des; cela exprime un certain état d'âme à un moment donné et dans son art porté au "nec plus ultra" on sent, on voit, toute son émotion passer au tra­vers de son instrument.

 

 

 Nombreux sont ceux qui se délectent et se réjouis­sent dans l'art. Ils sont fondés sur le côté émotionnel de la vie. Le théâ­tre n’est qu'une représentation de certains caractères, exprimant leurs propres sentiments.

 

 

 

C'est pour cette raison qu'il est considéré comme un art. Lorsqu'un acteur personnifie son héros et qu'il exprime parfaitement les sentiments de la personne représentée, il est considéré généralement, comme habile, mais aussi comme admirable.

 

 

Et dans tous les pays, des foules se rassemblent pour goûter ce genre d’émotions. Et hier soir, à côté, il y avait la grande ouverture de l'Opéra de la Bastille. Berlioz y était joué et il y avait là des mélomanes certainement bien avertis.

 

 

Dans de telles conditions il semble bien et bon, d’être à la fois sen­sitif et émotif. Mais il y a un équilibre dans tous les domaines. Nous n’a­vons pas, non plus, entendu faire la moindre remarque désobligeante à l'é­gard des foules qui se livrent parfois à de bruyantes manifestations de joie et d'enthousiasme à l'occasion de compétitions athlétiques et sportives (foot bail, rugby), à mesure que le match se déroule dans le stade, vous les voyez, vous les entendez s'exprimer. C'est encore là un genre d'émotion.

 

 

Pour quelles raisons, en conséquence, le chrétien n’aurait-il pas le privilège de pouvoir exprimer ses sentiments de joie que lui procure sa foi, alors qu'il est naturel que, pour différentes raisons, d'autres per­sonnes donnent libre cours; à leur exubérance.

 

 

 Je n'aime pas spécialement l'exubérance, je n'aime pas les "yous yous" dans les églises mais je pense qu'à un certain moment, quand on est devant le Seigneur, on n’est pas tou­jours en train de se tâter le pouls pour savoir à combien il bat... Il y a nécessité de s’exprimer en toute liberté, avec spontanéité de louer le Seigneur.

 

 

 Si vous n'avez pas vu quelqu’un de votre parenté depuis longtemps, en principe, vous n'allez pas tendre votre bras six mètres avant, vous allez lui sauter au cou et exprimer votre joie du revoir.

 

 

 Quand on vient rencontrer le Seigneur dans Sa maison, je ne dis pas qu’il faille danser la "java" dans l'église de Jésus Christ... Je crois qu'il faut avoir du res­pect pour le Seigneur, et tout en gardant ce respect on peut Lui dire tout à fait spontanément; "Seigneur, je T'aime", qui jaillit de notre cœur, et il n'y aura pas d'arrêt du côté de l’estrade. Au contraire, je vous de­mande de le faire, de le Lui dire, parce que ça jaillira du fond de votre cœur.

 

 

Si la Parole de Dieu me remplit de joie et d'émotion, si en voyant des âmes sauvées par Dieu mon cœur déborde, il me sera difficile de ne pas m'écrier Alléluia ou Amen, au risque d’être entendu alentour.

 

 

Le droit et le privilège accordés à tous de donner libre expression à leurs senti­ments, doivent être accordés aussi aux chrétiens et personne ne doit être offusqué de ces "Amen" ou de ces "Alléluia"! Il faut garder l'équilibre dans tous les domaines, y compris dans celui-là, même dans la forme d'ex­pression de nos émotions, et ne pas dire Alléluia! quand rien ne va plus...

 

 

Il serait donc injuste de dire au chrétien qu'il lui est interdit d’ être émotif, dans le bons sens du mot. Il y a des gens qui sont capables de sauter au moindre bruit, à la moindre pétarade. C'est une sorte d'émo­tion morbide, d'hyper-émotion.

 

 

Quand je parie d'émotion, c'est une certaine sensibilité à la présence du Saint Esprit, à la présence de Dieu au milieu de nous. C'est cela la véritable émotion chrétienne! Je remplace le mot foi, par le mot sentiment, parce que c'est la sensibilité que l'on a du déplacement, d© la mouvance du Saint Esprit au milieu d’une église.

 

 

On se rend bien compte, quand tout un peuple est réellement pris sous l'influ­ence du Saint Esprit; il n’y a pas de fausse note, on sait quand il faut louer le Seigneur, on sait quand il faut écouter, quand il faut n'avoir "qu'un murmure doux et léger" dans l'église etc.

 

 

 Ce sont des moments privilégiés que Dieu nous accorde, mais pour lesquels tous n'ont pas la même sensibilité, malheureusement.

 

 

 

Dans l'évangile de Luc (19/38 à 40), nous relevons cette déclaration particulièrement significative:"

 

 

Quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus; Maître, reprends tes disciples. Et Il répondit: Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront!".

 

 

Les disciples étaient donc transportés d’allégresse, d’enthousiasme, tout simplement à la pensée des choses merveilleuses qu’ils avaient vues et entendues.

 

 

Cela se passait au jour des Rameaux. Ils sont tellement transportés de joie qu'ils ne ré­fléchissent pas, c'est du spontané et même parfois, les mots ne disent pas forcément ce qu'ils ont dans la tête.

 

 

Ça ne fait rien, on les prononce, on exulte devant le Seigneur. Au souvenir des œuvres puissantes de Dieu qui avaient été accomplies sous leurs yeux, leurs cœurs étaient débordants et ils l’exprimaient.

 

 

 Ils étaient débordants de joie céleste, à laquelle ils cherchèrent quelques moyens d’expression. Alors ils vont couper des branches et en joncher le sol; ils vont même jeter leurs vêtements sur la route, devant le Seigneur Jésus, comme une sorte de tapis royal.

 

 

Quand c’est spontané, on ne réfléchit pas toujours... Ils n'avaient pas une noble monture à offrir au Seigneur Jésus, mais une simple et humble bête de somme,; un ânon. Et c'est ainsi qu'ils firent dans Jérusalem une entrée triomphale en chantant "Hosanna! béni soit celui qui vient au nom du Seigneur". Et j'imagine ces gens du sud... ça devait faire du bruit et s'exprimer avec les mains, avec la bouche et tout.

 

 

Ces disciples tellement remplis de joie et d'enthousiasme, étaient cependant encore bien faibles car, quelques jours plus tard, remplis de frayeur, ces mêmes disciples s'enfuyaient.

 

 

Et on pourrait parfois dire, à certains chrétiens, "vous qui étiez si enthousiastes il y a quelques jours vous voici maintenant bien tristes (on trouve des Pharisiens, des "rabat-joie"' comme ça, ou des rabat- foi…" ) et toute cette excitation ne produit absolument rien.

 

 

Je ne suis pas chaud non plus, pour l'excitation humaine, mais je pense que, quand il y a cette spontanéité devant le Sei­gneur, on est tout bouillant, tout feu tout flamme et on bénit Dieu pour ce qu'il est, pour ce qu'il fait etc. Hosanna! béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!

 

 

 

Souvenons-nous que Dieu n'a jamais exigé la perfection ici-bas évidem­ment. Ici-bas, dans cette vallée de larmes, tout est relatif. Et Dieu en tient compte. Jésus aurait pu arrêter tous ces "Hosanna" et dire à Ses dis­ciples qui Le suivaient: "Toute cette excitation n'a aucune valeur; dans quelques jours.

 

 

Je le sais, vous allez m'abandonner, et voici celui qui me reniera (Il pouvait le montrer). Et finalement, vous vous enfuirez tous. Cessez donc de faire tout ce bruit qui ne signifie rien". La réflexion au­rait pu être celle-là, de la part du Seigneur, mais Jésus n'avait pas cette conception à l'égard de la joie de Ses disciples.

 

 

Au contraire. Il les défendit devant leurs accusateurs, ces Pharisiens qui étaient choqués par ces expressions de l’amour des disciples pour le Seigneur et surtout parce qu'elles s’adressaient à Jésus, qui était un sujet de souffrances pour les Pharisiens. Et c’est pourquoi ils dirent à Jésus; "Mais n’entends-Tu pas leurs cris Maître, reprends Tes disciples”.

 

 

Et les disciples eux-mêmes, agiront un peu de la même manière, avec les enfants qui couraient vers le Seigneur Jésus. Et c’est là qu’il leur dira: "Laissez-les venir vers moi” (je paraphrase).

 

 

Et quand les disciples vont voir une femme en train de briser un vase d’albâtre rempli de nard, ce parfum de grand prix, aux pieds du Seigneur Jésus, alors là, ils sont devenus plus spirituels que Jésus et ont dit: "Mais pourquoi ne pas avoir vendu cela, c'aurait été une bonne chose pour les pauvres”... Je pense que cette femme, avec son émotion fémi­nine, n'a pas calculé, ni réfléchi: elle a donné spontanément ce qu'elle avait de meilleur pour le Seigneur. Elle a donné avec tout son cœur, avec tout son monde émotionnel féminin.

 

”N’entends-Tu pas leurs cris? Maître, reprends Tes disciples”. La même, réclamation pourrait être faite dans nos églises, au cours de certains remous. ”Dis-leur de faire moins de bruit”, car l’idée moderne est que rien ne doit influencer notre nature émotive. Je sais bien qu'il est fait mention dans le Nouveau Testament du contrôle de soi-même(le self-control).

 

 

Mais quand on est devant le Seigneur et même quand on est ensemble, pour­quoi ne pas être heureux de Lui exprimer notre joie de Lui appartenir? De le Lui dire avec nos mots à nous, sans essayer de faire des belles phrases avec syntaxe et tout, peu importe, mais disons-Lui qu’on L’aime. Ce sera la meilleure des preuves pour dire au Seigneur qu'il y a de la spontanéité encore en nous, et que l’enthousiasme n’est pas encore perdu.

 

 

Permettez-moi de vous le dire: avec le temps et avec aussi l'expérien­ce, avec leş tracas de la vie, avec les épreuves surtout, beaucoup d'en­fants de Dieu ont perdu leur enthousiasme... cette joie d’appartenir au Seigneur.

 

 

Et enthousiasme de Le servir, malgré tout ce que l'on peut voir, tout ce que l’on peut entendre, et parce que justement, les uns et les au­tres avons été vaccinés par les déceptions, par des revers de foi; alors nous sommes de moins en moins enthousiastes.

 

 

Je sais que nous avons été parfois bernés, parfois maltraités, à cause de notre foi. Mais si nous per­dons (comme dit l’Ecriture dans l’Apocalypse) le feu de notre premier amour eh bien! nous avons perdu beaucoup...

 

 

Je reviens à notre texte. Sans doute, certains Pharisiens prirent un malin plaisir par la suite, à commenter défavorablement l’attitude de 1' apôtre Pierre et des autres disciples, quand Jésus comparut devant ses ju­ges.

 

 

Ces Pharisiens auraient pu dire à Jésus, par exemple: ”Où sont donc tes disciples tellement ardents et enthousiastes, dont les "Hosanna” réson­naient victorieusement dimanche dernier; que sont-ils devenus?" Les criti­ques, pour si justifiées qu’elles eussent été, ne nous donneraient cepen­dant pas de raison, pour édifier au sein de nos églises, ce que j'appelle la théorie du silence funèbre... Je ne pense pas que nous ayons à cultiver le silence, pas plus qu’à cultiver tout ce qui est excentrique.

 

 

 Par contre je crois que nous avons besoin de plus en plus de spontanéité. Je remarque qu’il y a en a de moins en moins le dimanche matin, à louer le Seigneur, à Le bénir pour ce qu’il est, pour ce qu’il fait. Nous sommes quand même presque 300, et nous ne devrions pas avoir, le temps dans un culte normal, de "créneau” et pourtant... cet enthousiasme existe.

 

 

 Quand vous lisez dans le livre des Actes que Parthes, Mèdes, Elamites etc, sont en train d’enten­dre dans leur propre langue (ce qu’on appelle un phénomène de xénoglossie) des gens qui sont pris par la puissance du Saint Esprit, dans cette immer­sion du Saint Esprit, et qui sont capables de parler des langues étrangères qu’ils n’ont jamais apprises: c'est un phénomène rare, cela existe encore.

 

 

 Ils sont tellement remplis de Dieu et enthousiastes, que des rabat -foi disent: "Ils sont pleins de vin doux” ce n'est pas la peine de les écouter. A choisir, je préférerai que l'on dise "ils sont pleins de vin doux" qu’avoir un silence mortel dans le cadre de nos églises.

 

 

Il est à remarquer que, partout où la vie chrétienne a perdu sa vita­lité, les formes et les rites s’y substituent rapidement. Par exemple dans une chapelle funéraire ou dans un cimetière, on maintient le silence et la tranquillité, plus facilement que dans une pouponnière où les enfants sont pleins de santé. On ne peut réprimer sans difficultés, les manifestations parfois bruyantes de la vie, quand il y a la vie.

 

 

Les Pharisiens représen­taient à ce moment-là une religion morte, cristallisée dans une forme privée, de vie. Et si ces Pharisiens avaient crié des Hosanna! comme le firent les disciples, leurs cris eussent été une véritable hypocrisie.

 

 

 Là aussi, et pour garder l'équilibre, n’allez pas crier Alléluia! parce qu'un autre à crié Alléluia! Mais que Alléluia soit prononcé en fonction de ce que Dieu est au centre de notre pensée, de notre cœur. Et nous Le louons pour cela, pour ce qu’il est, pour ce qu'il fait.

 

 

Jésus connaissait très bien la faiblesse de Ses disciples, mais comme ils avaient beaucoup reçu de Lui, se plaisait-Il à accepter néanmoins, 1' expression de leur reconnaissance et de leur amour. En les défendant con­tre les Pharisiens, Il fit l'une des plus remarquables déclarations qui tombèrent de Ses lèvres: "S'ils se taisent, les pierres crieront". Je ne veux pas dire que nous ayons à crier à tue-tête dans l'Eglise du Seigneur Jésus.

 

 

Dieu n'est pas sourd! Dans le livre des Actes, il est dit qu’il est tout près de ceux qui L'invoquent. Quand Jésus dit "S’ils se taisent, les pierres crieront", faisant ainsi remarquer qu'il était aussi impossible aux disciples de s’enfermer dans une froide impassibilité après tout ce qu'ils avaient vu et entendu, qu'il était pour des pierres, de crier. Lorsqu’une âme est réellement soumise au Seigneur, un flot de louanges s'élève alors naturellement et spontanément vers le Seigneur.

 

 

Un dernier exemple: l’Arche de l'Alliance était, vous le savez, un symbole de la présence de Dieu au milieu de Son peuple d'Israël et pendant un certain temps, ce centre du sanctuaire avait été retenu par les Philis­tins, dans leur pays. Et David avait décidé de la faire revenir dans la Maison de Dieu, et alors que cette Arche était en chemin, un accident sur­vint.

 

 

Le fameux prêtre Uzza mourut subitement après avoir touché l'Arche et, dans sa frayeur, David laissa l’Arche en chemin chez un dénommé Obed-Edom.

 

 

 Puis lorsqu'il entendit parler des bénédictions qui reposaient sur cette maison, par suite de la présence de l'Arche, il prit la décision de faire revenir l’Arche à Jérusalem. Mais cette fois, David se soumit à la méthode ordonnée par Dieu pour le transport de cet objet sacré, et l’entre­prise réussit pleinement.

 

 

 En réalisant La grâce et La bonté de l'Eternel, ce cher David, tout roi d'Israël qu’il était, se mit à danser devant l'Ar­che. Je sais que certains aiment la danse dans les églises. Moi, pas... Ceux, qui aiment la danse se réfèrent toujours à David qui a dansé devant l’Arche.

 

 

 Peut-être une forme spontanée de la danse en levant les bras, peut se réaliser; mais je m'imagine mal dansant au milieu de vous... Néanmoins, il y a une forme physique d'adoration. On chantait tout à l'heure, les bras levés. C'est une expression physique d’enthousiasme pour le Seigneur: on accueille le Seigneur. Et pour revenir à David, s'il a dansé devant l’Arche., peut-être d'autres ont dansé avec lui.

 

 

 Il y a une sorte de mimétisme qui existe: quelqu'un lève les bras, alors tout le monde lève les bras... Dans une école biblique, l'un des professeurs avait un énorme collier de barbe; alors les jeunes gens, rentrés imberbes, finissaient avec un énorme collier de barbe...

 

 

Certains jeunes futurs pasteurs, essaient d'imiter ma voix et mes gestes à l'école biblique et ils parlent à une vitesse folle et je ne les comprends pas... Le mimétisme existe dans les églises et n'essayez pas d’imiter un tel ou une telle.

 

 

Chacun a reçu quelque chose de la part de Dieu, qui lui est strictement personnel. S'exprimer soi-même avec nos pro­pres mots, nos propres gestes, c'est valable. Mais n'essayez pas de copier l’un ou l'autre.

 

 

D’où viennent les critiques sur les chrétiens qui louent Dieu dans la joie et l’enthousiasme, si ce n'est de ceux qui, en général, regardent de loin, comme Mical à sa fenêtre regardait David en train de danser.

 

 

Rien n'est plus dangereux que de se tenir éloigné; et on arrive alors à criti­quer ceux qui présentent à Dieu leurs louanges et leurs actions de grâces, comme ils savent le faire.

 

 

Nous avons des expressions différentes, des mots différents, un vocabulaire différent. Mais qu'au moins, chaque dimanche matin, vous puissiez vous exprimer devant le Seigneur et Lui dire au moins cela: "Seigneur je T'aime".

 

 

Même si ce n'est pas d'une voix tonitruante qui couvrira la salle, dès l'instant que Dieu entend cette phrase dans vo­tre coeur, qui résonnera dans votre tête tout au long du jour. On peut dire de différentes manières "Seigneur, je T'aime", comme on le dira à un être humain.

 

 

Mais ici, il s'agit de Dieu. Et quand on dit au Seigneur "Je T'aime c'est le genre de verbe qui m'émeut beaucoup. Parler de Dieu ou parler de mon amour pour Dieu, ça me fait fondre, devant Dieu, devant un public.

 

 

 Il n'y a pas que ma tête qui résonne, mon cœur résonne aussi. Une sorte d’os­mose se fait entre la tête et le cœur et qui diront ensemble: "Seigneur je T’aime, parce que Tu es ceci. Tu es cela. Tu as fait ceci. Tu as fait cela".

 

 

 J’aimerais tellement que le dimanche, nous puissions dire merci au Seigneur, pour les bienfaits de la semaine, et ensemble Lui dire simplement "Merci parce que Tu m'as gardé en telle occasion ou telle autre. Merci par ce que Tu as fortifié mon corps.

 

 

 Merci parce que Tu es intervenu dans telle, circonstance". Ce serait tellement sympathique, non pas pour vous ni pour moi, mais pour le Seigneur, d'entendre ces remerciements qui iraient vers Lui, ces actions de reconnaissance qui monteraient vers Lui.

 

 

Dire "Seigneur, pour tout cela, je T’aime", même si vous ne le dites pas à voix haute, dites-le du fond du coeur et vous verrez combien il y aura une chaleur mon­tante à l’intérieur de votre coeur, pour Dieu, pour Son Fils bien-aimé et pour le Saint Esprit.

AMEN.