Le Saint Esprit
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LE BAPTEME DU SAINT ESPRIT ET SES EFFETS SUR LA VIE EMOTIVE (2)

 

Pasteur A. Boulagnon

 

 

Nous allons poursuivre ce que nous avons commencé dimanche dernier et ensuite, nous aborderons le baptême du Saint Esprit et l'emploi des dons spirituels. Je vous propose de lire:

 

 

- Actes 2, versets 12 et 13: "Ils étaient tous dans l’étonnement et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres: Que veut dire ceci? Mais d’autres se moquaient et disaient-Ils sont pleins de vin doux”, (c’est le jour de la Pentecôte. Il y avait des .Arabes, des Crétois, qui en­tendaient parler dans leur propre langue, des merveilles de Dieu).

 

 

- Actes 3, verset 10: ’’Ils reconnaissaient que c'était celui qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, et ils furent rem­plis d’étonnement et de surprise au sujet de ce qui lui était arrivé”. (On lit ces mots étonnement et surprise qui reviennent dans ces 2 textes).

 

 

Je vais reprendre un peu ce avec quoi j’ai terminé dimanche dernier. D’où viennent souvent les critiques sur les chrétiens qui louent Dieu dans la joie et dans l’enthousiasme, si ce n’est de ceux qui regardent de loin, comme Mical regardait du haut de sa fenêtre David^ en train de danser de­vant l’Arche de Dieu.

 

 

Toute son attitude démontre qu'elle ressentait une certaine amertume, elle l’a pris pour un insensé. … Rien n’est plus dangereux que de se tenir éloigné: on arrive bien souvent à critiquer ceux qui présentent à Dieu leurs louanges et leurs actions de grâces et on se demande pourquoi ils en sont arrivés à cet état d’esprit...

 

 

Les premiers chrétiens étaient certainement remplis d’une grande joie, à tel point que les incrédules les accusaient d’ivresse. C’est ce que nous avons lu. Et dans les 2 textes que nous avons lus, nous découvrons un mot grec "ekscasis”, qui a donné le mot “extase" en français, traduit aussi par "surprise”. Ici, il est dit: "Ils sont dans l’étonnement”. Ce mot n’est pas employé au sujet des disciples, car c’est la foule qui regardait et qui était remplie d’étonnement et d’admiration. Ce n’était pas les disci­ples.

 

 

Quant aux disciples, ils étaient heureux et débordants de joie. Aux yeux des profanes, ils semblaient être ivres, à cause de leur grande liber­té et de leur merveilleux courage à chanter les louanges de Dieu, dans la rue. Les liqueurs fortes peuvent produire une intensification de l’activité physique (ça ne dure qu’un instant...); l’intoxication peut substituer une sorte d’excitation à l’activité naturelle normale. Mais le baptême du Saint Esprit, apporte une nouvelle vie, une intimité avec le Seigneur, qui est particulièrement bénie. Et je crois que personne ne peut décrire la joie qu’elle produit. C’est quelque chose de surnaturel, qui se passe en nous et on ne peut comprendre la chose qu'en en faisant l’expérience.

 

 

Lorsque le Saint Esprit prend possession du cœur, il va se produire quelque chose d’inexprimable et aussi d’incompréhensible, chez l’enfant de Dieu. L’incrédule déteste cette manifestation qui vient troubler sa pro­pre léthargie. Et Satan et les inconvertis, s’opposent en général, à la joie des chrétiens.

 

 

Il y a des rabat-foi, des rabat-joie, qui vous diront: "Attention, ça va se passer, vous aurez suffisamment d'épreuves et ça en sera finie de votre joie et de votre enthousiasme". Je regrette...je pense que, malgré justement ces épreuves, on peut garder cette foi, cet enthou­siasme et même cette joie, en face des circonstances les plus difficiles. Même si on "accuse le coup", car nous sommes des êtres de chair et de sang.

 

 

A la lecture du Nouveau Testament, on trouve peu de détails au sujet des sensations éprouvées par les chrétiens. D'autre part, on voit clairement la passion des incrédules, ainsi que leurs efforts, pour arriver à décou­vrir la source de joie chrétienne. Et cela apparaît, même dans leurs criti­ques.

 

 

Je pense à Festus, qui disait à Paul qu'il était hors de sens (donc qu’il était fou) et que "sa grande intelligence le faisait déraisonner". Cette opinion était celle de Festus, mais pas celle de Dieu à propos de Paul. Et le monde semble s’opposer à la joie chrétienne et aussi au courage qui l’accompagne. Mais c’est là, une marque de vitalité de l’Eglise.

 

 

Nous ne devons donc pas édifier nos relations avec Dieu, sur l'instabilité des sentiments humains, ce serait une grave erreur. Certains pourraient sug­gérer qu’il est préférable, par exemple, de réprimer toute expression de joie.

 

 

Mais les églises où cette attitude est prise, sont un exemple frap­pant de calme mortel du cimetière. Et d'autres prétendent l’extrême opposé, c'est-à-dire que toutes les bénédictions appartiennent au monde sentimental et ne sont donc que l'expression de vagues sentiments. De tels chrétiens, sont aussi instables que les vagues de l’océan.

 

 

Le juste milieu, le seul chemin d’une vie stable, va reposer sur la foi dans la Parole de Dieu. Tant que nous nous en tiendrons à ce que Dieu dit dans Sa Parole, nous ne serons jamais à côté des rails. Les hommes sont souvent extrémistes vous le savez, soit d’un côté, soit de l’autre; mais les extrêmes sont toujours dangereux et surtout sur le plan spirituel.

 

 

Beaucoup de personnes, quoiqu'ayant reçu le baptême du Saint Esprit, n’en n’ont pas acquis la certitude, parce qu’elles n’ont pas conçu pour elles, de violentes réactions dans leur vie émotive. Elles ne se sont peut- être pas roulées par terre, donc il n’y a pas eu de baptême du Saint Esprit pensent-elles.

 

Le baptême du Saint Esprit n’est rien d’autre que le don total de l’individu, à Dieu: esprit, âme et corps, afin que Dieu puisse prendre possession de ce qui Lui a été volontairement abandonné. Etre rem­pli du Saint Esprit, c’est simplement avoir abandonné sa vie entière (100%, sans en retenir quoi que ce soit pour nous), à Dieu.

 

 

Et cela, peut s’ac­complir dans une sorte de sérénité, de tranquillité, voire même de silence parfois. Quand on parle en langues, cela fait un peu de bruit, mais c'est un silence relatif. C’est le résultat de mon expérience personnelle; je n’ai éprouvé aucune réaction émotive violente, quand j’ai reçu le baptême du Saint Esprit, dans la cuisine de mes parents, assis sur un tabouret. Pourtant, je ne pouvais comprendre toute la joie, en même temps que je réalisais ce moment inoubliable, mais je ne fis l’expérience d’aucune manifes­tation extraordinaire. Cela s’est passé tout calmement.

 

 

Je pense qu’il y a danger à rechercher une forme précise et unique, pour la réception du baptême du Saint Esprit. Dieu est un Dieu dynamique, transcendant, et II n’agit pratiquement jamais deux fois de la même manière. C’est ce qu’il nous conseille dans l’évangile de Luc; tantôt II dira "Il faut prendre une gibecière, un bâton, de l’argent"; et aux mêmes disciples. Il dira exactement le contraire, dans les mois qui vont suivre: "Surtout, ne vous munissez pas de gibecière, ni de bâton, ni d’argent".

 

 

Ce qui prou­ve que, tantôt il sera nécessaire de faire le point avec Dieu, et de s’en­gager avec Dieu, dans une ligne qui soit permise ou voulue par Dieu, en "s’étant assis devant Lui, pour prier et aussi pour voir ce que cela al­lait coûter", et tantôt il faudra partir d’un même pas avec le Seigneur Jésus, "sans s’embarrasser des choses de la vie", comme dit l’apôtre Paul, et aller de l’avant, en suivant Jésus et en ne le précédant pas.

 

 

Autre chose maintenant; c’est tomber dans une sorte de formalisme sem­blable aux autres, si on veut toujours faire ou réaliser une expérience qui soit identiquement la même. Certains s'imaginent que cela doit se pro­duire comme ceci ou comme cela, et nous tendons ainsi vers une forme vide, car on s’attendra à une façon de faire du Seigneur, alors que Lui, est disposé à agir tout à fait différemment. Je pense qu'il est très important, en de telle circonstance, de trouver le juste milieu comme règle de con­duite.

 

 

Certains désireraient avoir des réunions tranquilles, sans aucune manifestation; d'autres au contraire, voudraient vivre leur propre impul­sion et se livrer à des manifestations sans frein... Et ce n'est pas du tout mon genre, j'y mettrais le holà rapidement, parce que j’ai quelque chose de biblique à vous soumettre dans ce domaine-là, lorsque les gens commencent à perdre un peu les pédales... Le juste milieu est celui de la Parole de Dieu, et c’est le seul chemin de la bénédiction véritable et du­rable. J'insiste sur le fait que, la foi et la vie spirituelle ne peuvent être, en aucun cas, basées sur nos sentiments.

 

 

Il serait même dangereux s'il en était ainsi car, une vie qui flotte sur les sensations comme sur les vagues de l'océan, ressemble à l’instabilité de la marée qui, sans cesse, monte et puis redescend. Et pour trouver la joie dans une telle vie il faudrait justement arriver au moment de la marée montante; autrement, il n'y aurait plus qu'un esprit de plainte et de critique. Si nous étions remplis du Saint Esprit, il n'y aurait pas un esprit critique, parce qu'on ferait pleinement confiance à Dieu en se disant que, de toute manière, IL est souverain.

 

 

Je sais que nous n’avions pas beaucoup l'habitude, dans nos milieux, d'entendre cela, mais il faut se le redire: Dieu est souverain. Il ne faut surtout pas se polariser sur une chose en disant: Dieu va faire comme ça et comme ça. A moins d’en avoir reçu la révélation et qu'elle s’accomplisse... parce que l'Ancien Testament disait: "Si les prophètes qui prophétisent ne voient pas la réalisation de ce qu’ils prophétisent, ce sont des prophètes de rien du tout”.

 

 

Donc les disciples font faire une étrange expérience, après la résur­rection de Jésus. Et nous lisons "qu’ils ne pouvaient pas en croire leurs yeux, tant ils étaient transportés de joie". Il peut arriver de telles ef­fusions de joie, que la vie émotive se trouve entraînée par le courant, et échappe à l'ancre de la Parole de Dieu.

 

Quand ces sensations subsistent, il y a parfois danger de perdre la foi dans la Parole de Dieu. Et j’ai un exemple biblique à vous soumettre: c'est l'apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte. C’est la grande euphorie et j'imagine que cela fait du bruit, comme un vent impétueux.

 

 

Quand l'excitation eût atteint son paroxysme au­tour de lui, ce cher apôtre Pierre prit une certaine initiative: alors que tout le monde était en train de parler en langues, de louer Dieu, et que l’expression émotive avait libre cours et arrivait à son comble, soudain Pierre se mit à lire, tout simplement, quelques passages du prophète Joël, il se mit aussi à lire des psaumes et quelques passages aussi, des prophè­tes de l'Ancien Testament. Et il lut la Parole de Dieu, à cette foule en­thousiaste, concernant justement le baptême du Saint Esprit et la résurrec­tion.

 

 

Donc, le seul sûr chemin, même dans les temps de puissant réveil où l'on se sent comme soulevé, sera toujours la Parole de Dieu. Certains vont dire: "Il a cassé la puissance de l'Esprit”. Mais pas du tout! Les enfants de Dieu qui étaient là, ont continué à louer le Seigneur, certainement moins fort, mais Pierre a agi comme il le fallait, parce que les choses risquaient peut-être d'aller trop loin... on ne sait pas, quand l'homme est mêlé aux choses de l'Esprit, c'est un mélange détonnant, bien souvent.

 

 

Mais sachez que le Saint Esprit, s'il nous contrôle, nous aurons alors pleine liberté de louer le Seigneur, pleine liberté d’être enthousiaste avec Lui, pleine liberté d’exprimer avec nos paroles, une réelle passion pour Jésus Christ. Je tiens beaucoup à cette passion pour Jésus Christ. Pour le reste, laissez tomber les passions, mais pour Jésus Christ, vous ne serez jamais en dehors de la Parole de Dieu.

 

 

Ma propre conviction, est que le grand réveil spirituel que nous avons pu connaître, ainsi que ses résultats merveilleux qui se produisent de nos jours encore, sont dus au fait que les chrétiens ont veillé, ont marché, selon la Parole de Dieu et qu'ils sont demeurés fidèles à ses enseignement Autant que Dieu me prêtera vie, j’espère que nous aurons ensemble, les deux pieds enracinés dans la Parole de Dieu. Je souffre trop de voir des églises entières, par manque d'approfondissement, d'affermissement dans la Parole de Dieu, qui capotent.

 

 

Et Satan doit se réjouir de cela. Permettez-moi de vous le redire: il y a nécessité vitale de rester au milieu des rails de la Parole de Dieu, parce que là, vous ne déraillerez jamais. Vous pourrez dépasser légèrement ou être légèrement en deçà de ce qu'Elle dit, mais si vous revenez de façon constante à ce que Dieu dit, à ce qu’il préconise par la bouche des prophètes, des évangélistes ou par la bouche des apôtres, eh bien! vous ne sortirez pas de ce double rail.

 

 

Je sais que cela peut paraître alléchant (là aussi, je le dis "tout de go") de voir des choses nouvelles. Nous sommes tous les mêmes, comme ceux qui étaient au temps de Jésus, qui avaient faim et soif du spectaculaire que Jésus était capable de faire. Nous sommes de la même pâte même si nous ne sommes pas juifs d'origine: nous avons dans notre peau à tous, inscrit, ce besoin du spectaculaire.

 

 

Je ne voudrais pas être rabat-joie ou rabat-foi mais que nous ayons soif de ces choses, ok!, mais attention, qu’elles soient toujours dans le droit fil de l'Ecriture. Parce que nous risquons de voir pénétrer à l'intérieur de nos églises des choses qui sont anciennes qui, pour les nouveaux paraissent extraordinaires mais qui, pour nous les anciens n'ont plus rien à voir avec la Parole de Dieu.

 

Cela peut apparaître tout nouveau, tout beau, parce que vous n'aurez jamais vu cela, jamais entendu parler de cela, mais interrogez les plus anciens qui ont déjà vu les mêmes choses, et qui ont vu les catastrophes qui sont arrivées à la suite de ces choses que l'on disait nouvelles et dans lesquelles certains se sont en­gouffrés au point qu’ils en ont perdu leur équilibre mental.

 

 

Je pense qu'il faut rester au milieu des rails et dire au Seigneur: "Contrôle mes émotions par la puissance de Ton Esprit; contrôle mon être physique, par la puissance de Ton Saint Esprit, renouvelle en moi un cœur bien disposé, pour que la puissance de Ton Esprit agisse en nous".

 

 

Il y a nécessité de plus en plus, pour moi, pour nous ensemble, dans l'église de la Roquette, d'avoir des hommes et des femmes remplis du Saint Esprit. Non pas, qui ont été remplis il y a 20 ou 40 ans; mais la question que je pose et que je me pose: Suis-je maintenant rempli du Saint Esprit? Cela m'est égal que la chose ait eu lieu autrefois. Ce qui est important, c'est de savoir si maintenant, oui ou non, je suis rempli du Saint Esprit. Nous ne pouvons pas vivre du stock des expériences passées.

 

 

Maintenant, et jour après jour, il nous faudra, comme Israël au désert, courber l’échi­ne, ramasser la manne que Dieu nous envoie, et puis la manger (comme Dieu disait au prophète Ezéchiel), afin qu’elle devienne quelque chose qui fasse partie inhérente de notre être.

 

 

Nourrissons-nous de la Parole de Dieu et je vous assure qu'il y aura moins de fausses notes (cela peut quand même arriver...), si nous disons au Seigneur:"Seigneur, prends mon esprit, mon âme et mon corps, remplis mon être tout entier, de cette puissance d'En- Haut, et fais de moi un homme ou une femme, qui marche d'un même pas avec Toi, animé par la Puissance du Saint Esprit, animé par les sentiments qui sont en Jésus Christ, et non pas mes propres sentiments d'une vie passée, qui n'était pas à la gloire de Dieu". Que le Seigneur nous remplisse des sentiments qui sont en Jésus Christ, et qu'il nous inonde de Son Esprit.