Le Disciple
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DIEU N’EST PAS LE DIEU DES MORTS

Yves I-Bing Cheng

Les Sadducéens formaient un parti religieux qui occupait une position prédominante dans le sanhédrin à l'époque de Jésus. Ils étaient instruits, souvent des prêtres et pour la plupart riches. Ils avaient ceci de particulier : ils niaient catégoriquement la résurrection des morts. Les Sadducéens ne s'attachaient qu'aux cinq livres de Moïse.

Pour eux, seuls les écrits du Pentateuque sont déterminants. Ils affirmaient qu'il n'y a rien dans le Pentateuque qui soutient l'idée d'une vie après la mort. C'est pourquoi ils rejetaient la résurrection et la rétribution dans l'au-delà, croyant que l'âme meurt en même temps que le corps. Des Sadducéens posèrent à Jésus une question captieuse qui leur était inspirée par leurs négations concernant la résurrection.

Si la résurrection existe réellement, argumentent-ils, cela va nécessairement donner lieu à des situations farfelues, comme celle qu'ils sont sur le point de décrire. Ils savaient que Jésus prêchait la doctrine de la résurrection. Ils voulaient l'embarrasser en Lui posant un problème destiné à montrer l'absurdité d'une telle doctrine.

Lisons ce passage (Matthieu 22.23-32) : Le même jour, les sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, vinrent trouver Jésus et lui posèrent cette question :«Maître, Moïse a dit : Si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera la veuve et donnera une descendance à son frère. Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier s’est marié et est mort et, comme il n’avait pas d’enfants, il a laissé sa femme à son frère. Il en est allé de même pour le deuxième, puis le troisième, et ce jusqu’au septième. Après eux tous, la femme est morte aussi. A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ?

En effet, tous l’ont épousée». Jésus leur répondit : «Vous êtes dans l’erreur parce que vous ne connaissez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. En effet, à la résurrection, les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. En ce qui concerne la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : ‘Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ?’ Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants».

 Les Sadducéens se sont servis d'une loi de Moïse, soit la loi du lévirat (Deutér. 25. 5-6), pour raconter une histoire très particulière.

 Cette loi prescrivait à un homme d'épouser la veuve de son frère qui est décédé avant d'avoir eu des enfants. Ainsi l'aîné des enfants de cette union pouvait hériter des biens et du nom du défunt. Cette mesure favorisait la perpétuité des héritages et permettait de maintenir l'intégralité de la famille d'un homme mort prématurément ou privé de descendance.

Dans l'histoire des Sadducéens, une femme perd son mari dont elle n'a pas de descendance. En vertu de la loi du lévirat, elle épouse ensuite l'un des sept frères du défunt qui meurt lui aussi sans laisser d'enfant. Puis elle se marie avec le troisième, et ainsi de suite jusqu'au septième.

L'un après l'autre, ils décèdent sans laisser de postérité. Finalement, la femme meurt. Les Sadducéens soulèvent alors le problème suivant : “A la résurrection, duquel des sept frères sera-t-elle la femme ?”

Cette question avait pour objectif de mettre la doctrine de la résurrection en opposition avec la Loi et de la rendre ridicule. Leur raisonnement était le suivant : si les sept frères ressuscitaient au ciel, elle devrait être l'épouse des sept hommes puisqu'elle a été mariée à chacun d'eux.

Mais une telle idée allait à l'encontre des Écritures. Selon la Loi, une femme ne pouvait avoir qu'un seul mari. Donc Jésus se trompait en enseignant la résurrection. Ce qu'Il affirme n'est pas compatible avec la Loi de Moïse.

Pour les Sadducéens, cela démontrait que la résurrection des corps était impossible. Jésus leur dit, “Visiblement vous êtes ignorants de ce que sera la vie dans le ciel. À la résurrection, les saints seront dotés d'une nature similaire aux anges qui ne meurent pas, qui ne se reproduisent pas et qui n'ont donc aucun besoin de se marier. Pour les êtres humains, le mariage n'aura plus lieu d'être au ciel puisqu'ils ne seront plus touchés par la mort”. Jésus ajoute ceci : “Vous êtes dans l'erreur car vous ne connaissez ni les Écritures ni la puissance de Dieu”.

Ces Paroles ont sans doute offensé les Sadducéens qui se considéraient comme de grands connaisseurs en doctrines bibliques.

Lorsque Jésus dit, 'Vous ne connaissez pas les Écritures,' Il n'avait pas en tête, 'Combien de temps vous avez passé à étudier la Bible,' ou 'À quel endroit avez-vous étudié et avec qui ?'

Vous pouvez vous consacrer longuement à l'étude des Écritures, guidés par les meilleurs enseignants, sans nécessairement connaître la Bible. Par le mot 'connaître', Jésus parlait de savoir pénétrer dans l'esprit de la Parole de Dieu et d'en extraire les éléments essentiels pour les faire siens. Et si vous connaissez les Écritures de cette façon, vous allez connaître également la puissance de Dieu.

Ces deux sujets, les Écritures et la puissance de Dieu, forment une paire inséparable. L'un vient forcément avec l'autre. La connaissance de la puissance divine découle d'une relation profonde avec Dieu. Lorsque vous êtes en communion avec Dieu, vous allez connaître sa puissance.

 Et plus votre marche avec Lui est intime, plus vous connaîtrez Ses pensées, Sa Parole. Prenez l'exemple de la résurrection. Comment comprenez-vous la résurrection ? Quel est son sens profond ? Vous pouvez l'expliquer en long et en large du point de vue historique, linguistique, théologique, etc.

 Pour cette raison, vous avez peut-être l'impression d'avoir une bonne maîtrise du sujet. Mais cela ne veut pas dire que vous soyez parvenu à pénétrer dans l'esprit de la résurrection. Sans cette opération, enseigne Jésus, vous ne connaissez toujours pas la signification de la résurrection. Si toutefois la puissance de Dieu relève votre âme d'entre les morts, vous serez dans une bonne position pour parler de la résurrection.

 Alors que vous étiez mort au péché, Dieu vous redonne la vie en vous transformant en une nouvelle créature. Par la puissance de Dieu, vous avez expérimenté la résurrection. Vous êtes conscient d'être devenu une nouvelle personne.

Ayant connu par l'expérience la puissance divine vous faire naître de nouveau, vous pouvez témoigner de la réalité de la résurrection avec force et conviction. Vous voyez comment la connaissance de la puissance de Dieu est étroitement liée à la connaissance de Sa Parole.

La résurrection dans le Pentateuque La réponse de Jésus aux Sadducéens comportait deux aspects : • Dans un premier temps, le Seigneur reprend directement leur question et montre qu'ils se formaient une idée complètement erronée de l'état des hommes après la résurrection. À la résurrection, les hommes ne se marieront plus car ils seront comme les anges, n'étant plus soumis à la mort.

 Deuxièmement, Jésus s'appuie sur un argument tiré des livres de Moïse pour prouver la doctrine de la résurrection. Nous allons maintenant nous concentrer sur cette partie de sa réponse. Au v. 32, le Seigneur fait remarquer aux Sadducéens que dans le Pentateuque, la seule autorité que ceux-ci reconnaissaient en matière de foi, Dieu avait fait cette déclaration : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Au verset précédent, le v. 31, nous lisons, Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit ? '

Dieu vous a dit'. Cette Parole fut initialement adressée à Moïse près du buisson ardent (Exode 3.6). Mais elle pourrait certainement s'appliquer à toute personne. Jésus disait, “Ce que Dieu a dit à Moïse vous concerne également. Rappelez-vous de l'histoire du buisson ardent. Au milieu d'un buisson en flamme, Dieu apparut à Moïse et lui dit, 'Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac, et de Jacob'. Si vous recherchez une preuve biblique de la résurrection, elle est là. Ces mots montrent que la résurrection existe réellement”.

L'argument de Jésus est déconcertant. Nous avons beaucoup de difficulté à suivre son raisonnement. En quoi la déclaration de Dieu à Moïse appuie-t-elle l'idée de la résurrection? Il a simplement dit trois choses et les trois se ressemblent, “Je suis le Dieu d'Abraham. Je suis le Dieu d'Isaac. Je suis le Dieu de Jacob”. Où est la résurrection dans cette triple affirmation ? On la regarde sous tous les angles, et on ne voit rien.

 Lorsqu'on se tourne vers les commentaires bibliques, nous découvrons une explication qui a la faveur de plusieurs. Cette explication est basée sur le temps du verbe 'être'. Dieu a dit, “Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob”. Il n'a pas dit, 'J'étais' Abraham, le père des Juifs, son fils Isaac et son petit-fils Jacob étaient morts depuis longtemps lorsque Dieu prononça ces mots.

Pourtant Dieu déclare qu'il continue à être leur Dieu en utilisant une phrase au présent. 'Je suis leur Dieu' dit-Il. Cela implique que les patriarches sont toujours en vie, car sinon il aurait fallu utiliser un verbe au passé. Il aurait dit, 'Je fus leur Dieu' Mais Il parle au présent. Donc la vie après la mort est une réalité que l'Ancien Testament enseigne. Je dois avouer que cette explication ne me convainc pas beaucoup. Voici deux raisons qui expliquent mon scepticisme :

 Premièrement, il faut savoir qu'en Hébreux, la phrase est exprimée sans le verbe. Le verbe être est tout simplement absent. Une traduction littérale devrait se lire ainsi : 'Moi, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob'. Un argument qui a pour base le temps du verbe doit nécessairement dépendre de la Septante où la phrase est exprimée avec son verbe, 'Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob'.

Mais il faut se rappeler que la Septante est une traduction en grec du texte hébraïque. Or une exégèse qui doit s'appuyer sur une traduction plutôt que sur le texte original soulève des questions sur sa pertinence. Il est difficile d'accepter un argument fondé sur quelque chose qui ne se trouve pas dans le texte original.

 Deuxièmement, l'utilisation de la phrase 'Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob' pour démontrer que Abraham, Isaac et Jacob sont encore en existence fait appel à un raisonnement qui manque de consistance. Car on pourrait argumenter que même si Abraham était maintenant décédé, il serait tout à fait convenable pour Dieu de parler de cet homme au présent en disant, 'Je suis le Dieu d'Abraham'. Prenons l'exemple suivant. Supposons que je dise, 'Je suis le père de X, Y et Z'.

Cette phrase perdrait-elle de son sens même si X, Y et Z ne sont plus en vie ? Non ! Je suis encore leur père. Je ne suis pas obligé de dire, 'J'étais leur père' pour me faire comprendre. Pourquoi devrais-je le faire ? Ai-je cessé d'être le père de ces enfants depuis leur décès ? Pas du tout. Je suis et je serai toujours leur père. Le fait d'affirmer 'Je suis le père de X, Y, Z' montre que je suis vivant.

Mais cette affirmation ne force pas l'auditeur à conclure que mes enfants sont nécessairement vivants. Ils peuvent être décédés sans que cela affecte la validité de ma déclaration. Vous voyez comment l'argument selon lequel l'utilisation du présent dans la phrase 'Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob' prouverait que Abraham, Isaac et Jacob sont encore vivants s'appuie sur une logique plutôt chancelante.

Pourquoi croire en Dieu ? Si on ne peut pas se servir du temps du verbe pour prouver l'existence de la résurrection, alors comment les Paroles de Jésus en font-elles la démonstration ? Approchons la question sous un angle différent.

 Supposons que l'affirmation soit la suivante. 'J'étais le Dieu d'Abraham. J'étais le Dieu d'Isaac. Et j'étais le Dieu de Jacob'. Par ces mots, on pourrait penser que Dieu avait voulu dire, 'Je suis le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob lorsqu'ils étaient encore tous en vie. Je suis le Dieu qu'ils ont connu de leur vivant. Aujourd'hui, ils ne sont plus là'.

Une telle affirmation pourrait susciter certaines questions chez les sceptiques. Considérez celle-ci. Dieu pourrait se faire demander, 'Tu déclares avoir été le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob. Si cela est bien vrai, en quoi cela leur a-t-il profité ? Ils sont maintenant enterrés. Ils ont connu la mort comme tout le monde'.

 En d'autres mots, si le cheminement terrestre d'un fervent croyant se termine par la mort, en quoi son existence est-elle différente de celle qui ne connaît pas Dieu ? S'il n'y a pas de différence, si le juste et l'injuste meurent tous les deux de la même façon, alors il est futile de croire en Dieu. Instinctivement, on aimerait penser que la foi en Dieu tend à rendre la vie plus facile.

Mais cette croyance n'est pas soutenue par les Écritures. On n'a qu'à lire les Psaumes pour constater que le juste ne jouit pas nécessairement d'une meilleure vie si on la compare à celle du non-croyant. En fait, on est choqué de lire dans la Bible que l'impie semble plutôt bénéficier d'une meilleure existence. Trop souvent, il profite de ses méfaits qui restent impunis alors que le juste souffre même s'il n'a rien fait de mal.

Quel avantage y a-t-il alors de croire en Dieu ? Lorsque Dieu déclara à Moïse, 'Je suis le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob' que voulait-Il dire exactement ? On a l'impression qu'Il affirmait avoir été le Dieu de quelques hommes maintenant disparus. Il était le Dieu d'hommes justes, certes, mais qui sont depuis longtemps morts et enterrés. Autrement dit, leur existence a pris fin comme tous les êtres humains avant eux.

On serait porté à conclure alors que la vie du croyant se termine de la même façon que celle du non-croyant, que le fait d'avoir cru en Dieu n'a fait absolument aucune différence. Est-ce une bonne perception de la situation?

L'importance de la résurrection du Christ Le v. 32 comporte deux phrases. Après avoir cité la déclaration de Dieu devant Moïse, 'Je suis le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob', Jésus ajoute ceci : Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants'. Dieu n'est pas le Dieu des morts. Il est le Dieu des vivants.

Cette phrase est très importante pour comprendre tout le raisonnement de Jésus. Le Seigneur voulait dire aux Sadducéens, “Concernant la résurrection, Je vous ramène à la déclaration de Dieu à Moïse dans l'incident du buisson ardentJe suis le Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob’ a-t-il révélé”. On peut interpréter cette déclaration de deux façons. Ou bien Abraham, Isaac et Jacob sont encore en vie, ou bien ils sont tous morts.

 Il n'y a que ces deux possibilités. Vous, Sadducéens, vous croyez qu'ils sont décédés. S'il en est ainsi, s'ils sont morts, cela signifierait que Dieu a proclamé dans le Pentateuque être le Dieu des morts. 'Je suis le Dieu du défunt Abraham. Je suis le Dieu du défunt Isaac. Je suis le Dieu du défunt Jacob.'

Vous semblez insinuer avec votre histoire qu'il y aura une situation très embarrassante au ciel si la résurrection existe. Mais laissez-moi vous dire ceci : vous vous trouvez dans une position encore plus embarrassante. Car votre déni de la résurrection vous oblige à croire au Dieu des morts.

Et si Dieu est réellement le Dieu des morts, il n'y a que deux explications possibles. Ou bien Il n'a pas le désir de les relever de la mort, ou bien Il n'a pas la capacité de les relever. Chacune de ces possibilités vous laisse dans une désespérante position. Si Dieu n'a pas la volonté de relever Abraham, Isaac et Jacob, alors Il ne peut pas être un Dieu d'amour. Et Il ne peut pas être un Dieu de justice non plus.

En effet, quelle sorte de Dieu serait-Il s'Il laisse dans leur tombe le corps des hommes avec qui Il avait conclu une alliance et fait des promesses alors qu'Il a la capacité de les ressusciter ? Comment peut-Il affirmer qu'Il les aime ? Il ne serait pas non plus un Dieu de justice.

 Parce qu'il serait totalement injuste que la vie du bon et du mauvais se termine de la même manière. Pourquoi parler de l'importance d'une conduite juste si le méchant n'a pas à payer pour ses méfaits ? Un Dieu qui traite sans distinction le juste et l'injuste ne peut être un Dieu ni d'amour ni de justice.

Qu'est-ce que la Bible enseigne ? Tout à fait l'opposé. Elle affirme que Dieu est l'amour même et qu'Il est parfaitement juste. “Conséquemment, si vous connaissez les Écritures,” dit Jésus aux Sadducéens, “vous devez écarter cette possibilité, i.e. l'hypothèse selon laquelle Dieu ne désire pas relever Abraham, Isaac et Jacob. Il ne reste donc que la deuxième hypothèse, à savoir que Dieu n'est pas capable de relever Abraham, Isaac et Jacob. Il voudrait bien le faire, mais il n'en a pas la capacité”.

Si vous connaissiez la puissance de Dieu, cette idée n'effleurerait même pas votre esprit. En disant que Dieu ne possède pas la puissance pour relever les morts, on avance que la mort est plus forte que Dieu.

Or ce n'est pas ce que la Bible proclame. Vous voyez pourquoi la résurrection du Christ est si importante. Elle démontre que Dieu est juste et miséricordieux, et qu'Il est tout puissant. Elle signale que Dieu a le désir et la capacité de relever les morts.

Il est le Dieu des vivants Nous commençons maintenant à discerner le fondement de l'argument de Jésus. Il explique que la proclamation de Dieu à Moïse implique deux possibilités : Dieu est le Dieu des morts, ou Il est le Dieu des vivants.

C'est l'un ou l'autre. Jésus conclut son raisonnement en disant : “Il n’est pas le Dieu des morts, Il est le Dieu des vivants”. Par ces mots, Jésus vient de donner la clé de Son argumentation sur la résurrection.

C'est ici que la résurrection est démontrée. Voyez-vous la beauté de Son raisonnement ? Son argument est basé sur la nature de la relation de Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu entretient une relation avec ceux qui sont vivants, et non pas avec ceux qui sont morts. Si Abraham n'existait plus, s'il avait complètement disparu, la relation de Dieu avec Abraham aurait aussi pris fin de façon définitive.

 Mais Dieu se présente comme étant le Dieu d'Abraham. Le 'Dieu d'Abraham' est une appellation particulièrement importante dans ce contexte car elle fait référence à l'alliance que Dieu a conclue avec Abraham et aux promesses que contient cette alliance. Par cette expression, Dieu exprime Sa fidélité à l'alliance et aux promesses de salut. Il ne peut faillir ni à Son alliance ni à Ses promesses.

Comment peut-Il accomplir Ses promesses envers des êtres qui n'existent plus ? Une seule réponse s'impose : la résurrection. C'est pourquoi Jésus précise que Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Voyez-vous, il n'y a que deux façons d'interpréter la déclaration de Dieu à Moïse.

Ou bien Il est le Dieu des morts, ou bien Il est le Dieu des vivants. Vous avez à faire un choix. Et le choix que vous ferez sera déterminé par vos croyances. Les Sadducéens croyaient en un Dieu des morts puisqu'ils avaient la conviction que Abraham, Isaac et Jacob avaient cessé d'être. Or Jésus leur fait voir que si tel était le cas, leur foi en Dieu serait vaine.

Pourquoi croire en Dieu si tout le monde finit par mourir et qu'il n'y a rien d'autre après ? L'apôtre Paul reprend le même argument sur la résurrection en 1 Corinthiens 15 : “S'il n'y a pas de résurrection, si les morts sont disparus à jamais dit Paul, alors notre foi est une illusion (v. 17) et nous serions de tous les hommes les plus pitoyables (v. 19).

Pourquoi avoir enduré toute cette misère ? Pourquoi avoir tourné le dos au monde ? Pour rien si tout se termine par la mort. “Allons plutôt boire et manger car demain nous mourrons” ajoute Paul au v. 32 en citant un passage de l'A.T. 'Buvons et mangeons'. 'Cherchons ici-bas la plus grande mesure possible de jouissances, même s'il s'agit de pécher. Au moins, nous mourrons heureux'. Mais si Dieu est le Dieu des vivants, alors la situation est complètement différente.

Car un jour, nous aurons des comptes à rendre à Dieu pour nos actions. Les Écritures enseignent qu'il y aura une résurrection autant des croyants que des incroyants. Tous auront à faire face au jugement divin. Il n’y aura aucune échappatoire possible. Jean 5. 28-29 : Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.

La question des Sadducéens sur la résurrection se retrouve également dans l'Évangile de Luc où la possibilité d'une vie après la mort est évoquée de façon plus explicite. En Luc 20.38, nous lisons : Or, Dieu n’est point le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants ; car tous vivent devant Lui. 'Tous vivent devant lui'.

Luc est le seul à mentionner cette phrase. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que tous dépendent de la puissance de Dieu pour vivre et par conséquent tous sont redevables à Dieu.

Dieu est celui qui détermine ce qui vit et ce qui meurt. Qu'un homme ait quitté son corps terrestre ou non, chacun vivra pour être jugé par Dieu. Il ne faudrait pas lier la résurrection uniquement à l'au-delà de la mort ou à la fin des temps. Croire à la résurrection influence nécessairement notre perspective de la vie et notre manière actuelle de vivre.

 Le fait de savoir que ce qui se passe dans notre vie présente affectera ce qui va se passer à la résurrection des morts nous motive à nous conduire à la manière de ceux qui ressusciteront pour la vie. À cet égard, la résurrection devient une réalité présente, tout à la fois spirituelle et éthique.