Le baptême
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LE BAPTEME EVANGELIQUE

 

PASTEUR A. BOULAGNON

 

Son origine

 

Nous ouvrirons nos Bibles et nous ferons deux lectures, la première dans Marc 1 : 1/8 et la deuxième dans Matthieu 28 : 16/20. Nous allons parler un peu de l’origine du baptême, ensuite nous parlerons du baptême de Jean-Baptiste et enfin du baptême de Jésus-Christ.

 

 En ce qui concerne l’origine du baptême, il n’est pas comme on le croit habituellement une institution qui serait essentiellement de l’Eglise chrétienne. C’est une très vieille tradition et un rite qui était couramment pratiqué chez certains Juifs, pas tous ; les Esséniens entre autres, tous les matins de façon rituelle prenaient un bain et se revêtaient d’une robe blanche.

 

Le mot « baptême » signifie « être plongé, immergé dans l’eau ». Il a toujours été un symbole simple et direct de l’idée de purification, pour les Esséniens, c’était un rite de purification, évidemment l’eau ne lave pas le cœur. C’est en effet avec de l’eau qu’il est possible de se laver. C’est également un symbole de vie, car la vie ne peut se développer là où il n’y a pas d’eau.

 

Mais le baptême ne peut être rien de plus qu’un symbole de vie et ce n’est pas en lui ajoutant une formule prononcée avec quelques mots : « Au nom du Père, au nom du Fils, et du Saint-Esprit » qu’on lui donnera sa valeur. Si on le croit on est tout près de ressembler à des magiciens.

 

 Il n’y a pas de formule magique dans le baptême tel qu’il nous est enseigné dans les Ecritures. Il n’y a qu’une chose qui donne de la valeur au baptême, c’est la foi et la sincérité de celui qui a volontairement désiré ce baptême. Je disais à ceux qui vont prendre le baptême cet après-midi : Vous allez concrétiser extérieurement une prise de position et de foi intérieure qui ont précédées en passant par les eaux du baptême.

 

Jésus n’a pas enseigné grand chose sur cette question du baptême parce qu’Il n’a jamais attaché d’importance à ce qui était purement rituel ou formaliste, il faut quand même le souligner. Ce qui L’intéressait, au contraire, et ce qu’Il annonçait c’était la libération de toutes formes d’esclavage religieux.

 

Nous pouvons nous enfermer dans notre religiosité et devenir esclaves de rites, de symboles, d’une foule d’autres choses qui n’ont pratiquement plus rien à voir avec une vraie vie spirituelle. Parfois certaines religions ont enfermé les gens dans toutes sortes de rites, de rituels et ceux-ci ont pris le pas sur le spirituel et la moralité : que reste-t-il ? Rien ou presque.

 

Jésus voulait former une communauté d’hommes et de femmes libérés des entraves de la tradition et capables d’aimer Dieu et de Le servir de tout leur cœur par amour et non pas par devoir ou contrainte. S’il a voulu se soumettre Lui-même au baptême de Jean le Baptiste (ou Jean l’Immergeur), c’est pour une raison précise que nous verrons dans un instant.

 

Le baptême de Jean-Baptiste:

 

Nous allons parler du baptême de Jean afin de mieux comprendre celui de Jésus. Jean-Baptiste était un cousin de Jésus, un peu plus âgé que lui. Il avait reçu pour mission d’annoncer la venue de Jésus et de préparer les cœurs à Le recevoir en prêchant la repentance.

 

C’est pour cela que j’ai insisté aussi auprès des candidats au baptême pour qu’ils soient passés par une repentance sérieuse de leur vie passée et pour qu’ils ouvrent une page blanche en commençant la vie chrétienne à partir non seulement du jour du baptême, mais déjà dans les jours qui l’ont précédé. Ils allaient entamer une vie nouvelle.

 

Jean-Baptiste était une personnalité assez particulière, exercé à la vie rude du désert et animé de l’Esprit des anciens prophètes d’Israël. Il y a une certaine rudesse chez la majorité d’entre eux : rudesse de langage sauf chez certains, car c’était des gens du terroir, parfois de la campagne, qui n’étaient pas forcément lettrés à part Esaïe entre autres ; c’était parfois des gens timides, par exemple Jérémie à qui Dieu a demandé de faire des choses extraordinaires en public.

 

Toujours est-il que Jean-Baptiste a été un peu ce mélange de cet ensemble de prophètes de l’Ancien Testament : rudesse de langage, rudesse dans une vie qui a été burinée par les vents du désert.

 

Toute sa personne portait l’empreinte de l’austérité, de la rudesse et de l’amour de la justice. Il devait être assez tranchant dans ses propos, un oui était un oui, c’était oui ou non, l’entre deux n’existait pas, me semble-t-il. Il dénonçait avec vigueur toutes les formes d’hypocrisie et menaçait de jugement et d’extermination tous ceux qui n’avaient que l’apparence de la piété.

 

C’était vraiment un prophète de jugement, il était sévère et inflexible devant tout ce qui manquait de droiture et de sincérité. Il s’en est pris au roi, à ses contemporains, à beaucoup de gens, il n’hésitera pas à pointer du doigt la femme qu’avait le roi et dire que ce n’était pas sa femme, c’est pour cette raison qu’il a fini très rapidement avec la tête tranchée aussi. Il fallait du courage à cette époque-là.

 

Il baptisait des gens qui acceptaient de se repentir, ceux qui reconnaissaient leur besoin de purification et qui aspiraient à une vie nouvelle et plus juste aux yeux de Dieu. Quelques-uns uns des plus religieux dans leurs pratiques demandaient à être baptisés non pas parce qu’ils ressentaient le besoin de purification mais davantage parce qu’ils avaient une sorte de peur panique, par crainte de l’avenir, qu’ils se faisaient baptiser. Ils pensaient que le baptême pouvait être une garantie supplémentaire pour leur avenir au-delà de la mort.

 

 Jean-Baptiste se fâche contre cette manière de voir les choses et il pourrait encore beaucoup se fâcher aujourd’hui devant la multitude de chrétiens ou de croyants qui font les choses par peur du jugement ou de quelque malheur possible plutôt que par amour de la vérité.

 

 Et si vous prenez le baptême cet après-midi comme nous l’avons déjà pris il y a de nombreuses années, nous ne voulons pas le prendre par peur de l’avenir, par crainte de quelque chose de mauvais qui nous tomberait du ciel, nous le faisons par amour de la vérité, et pour le Seigneur Jésus, car nous désirons Le suivre jusqu’au bout du voyage quels que soient les aléas que nous puissions rencontrer dans notre vie de disciple.

 

Il ne sert à rien de s’abriter derrière sa religion ou d’accomplir quelque cérémonie rituelle car l’Esprit de Dieu sonde tous les cœurs des hommes et connaît exactement ce qu’ils contiennent. Tôt ou tard la cognée peut être mise à la racine de tout arbre qui ne porte pas de bons fruits et nul n’échappe à cette loi universelle qui veut que l’on récolte exactement ce qui a été semé par le cœur et la pensée de l’homme.

 

 Quand on passe par les difficultés et les circonstances très pénibles de la vie, c’est alors que l’on se pose les vraies questions auxquelles évidemment le Seigneur peut nous répondre.

 

On se remet soi-même en question, c’est une très bonne chose et par le moyen du Saint-Esprit, Dieu nous montre ce que nous sommes à Ses yeux de façon tout à fait réelle ; car en général on se passe la « brosse à reluire » et on pense qu’on est le meilleur parmi les pires…

 

 Ce sont des temps forts qui dans notre vie chrétienne vont nous amener à prendre des résolutions en direction de Dieu. Cela peut arriver que la cognée soit mise aux racines pour n’importe lequel d’entre nous, nous devons vivre au préalable avant que cela n’arrive pour la gloire de Dieu, par amour pour Lui et non pas par devoir, par crainte.

 

Jésus se fait baptiser

 

Si Jean-Baptiste était un prophète mandaté par Dieu, il n’était néanmoins qu’un homme comme les autres et ne pouvait les amener plus loin que là où il se trouvait spirituellement ; un pasteur dans une église ne peut amener le troupeau que là où il est lui-même spirituellement parlant ou intellectuellement. Son ministère eut été incomplet s’il n’avait pas été suivi de celui de Jésus.

 

Jean amenait ses auditeurs à la repentance en les persuadant d’abandonner un genre de vie qui ne correspondait pas à la volonté de Dieu mais il ne pouvait aller au-delà. Il les amenait à prendre conscience qu’ils n’avaient plus le droit de faire ceci ou cela, mais il ne leur communiquait pas ensuite comme l’a fait le Seigneur Jésus la force de résister, de vivre une vie qui honore le Seigneur. Son ministère s’arrêtait là où celui de Jésus allait commencer.

 

L’homme n’a pas été créé pour la mort mais pour la vie et le message de Jean-Baptiste visait précisément ce qui faisait obstacle à la vie : le péché l’hypocrisie, le manque de droiture et d’amour… Il disait à ces néophytes ce qu’ils étaient mais il n’avait aucun pouvoir ou puissance pour les amener un peu plus loin pour qu’ils puissent résister ensuite aux assauts sataniques déjà et aux assauts de leur vieille mentalité.

 

La purification que le baptême doit symboliser est surtout celle du cœur et de la pensée, car c’est dans ces domaines que le mal trouve toujours son origine. Le Seigneur Jésus dira que c’est du cœur que sortent les mauvaises pensées… Mais la grande question qui se pose alors est de savoir comment il est possible de vivre une vie nouvelle conforme à la volonté divine.

 

Commencer c’est bien, on en a vu des centaines pour ne pas dire des milliers au cours de 40 années qui ont bien commencé, il faut toujours bien commencer, partir du bon point de départ mais ensuite ce qui est meilleur est de pouvoir continuer et enfin arriver au bout du voyage en ayant gardé le cœur au-dessus des vagues de l’océan de la vie, pourquoi ?

 

Parce qu’il ne faut pas se leurrer, nous vivons dans un cadre très spécial qu’est notre monde ambiant dans lequel nous baignons ; nous subissons toutes sortes de tentations, Jésus en a subies aussi, mais toujours est-il que le problème est de pouvoir nous maintenir au-dessus de tous ces assauts ; nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang mais contre toutes ces puissances sataniques qui essayent de nous mettre à terre.

 

 Après que nous ayons bien commencé avec le Seigneur, il y a cette nécessité ensuite de savoir comment maintenir notre vie de disciple dans la vie de tous les jours sur le plan familial, social autant que sur le plan ecclésial.

 

Dieu ne peut exiger de sa créature des choses qu’elle est incapable de faire ! Mais par contre, Il peut l’amener comme Il le fait par la prédication de Jean-Baptiste à reconnaître son besoin de purification mais Il veut aussi lui présenter un nouveau chemin dans lequel il lui sera possible de vivre une vie complètement nouvelle. La vie chrétienne est une véritable révolution de vie, de mentalité dans le cadre de l’espérance.

 

J’étais athée, je n’avais aucune espérance et cela m’indifférait complètement, je n’avais aucune espérance dans le monde à venir, pour moi tout s’arrêtait sous les trois pouces de terre au-dessus du cercueil ; il y a une foule de choses qui vont nous apparaître nouvelles et désirables à réaliser et d’autre part il y aura une autre foule de choses que nous faisions, que nous aimions avant, que nous allons délaisser progressivement. Dieu n’a pas seulement le pouvoir de détruire le mal, Il a aussi le pouvoir de construire le bien.

 

 C’est cela qui est le plus important. Le baptême de Jean-Baptiste constate le mal mais avec celui de Jésus, le baptême de l’Esprit, il y a la possibilité de voir s’installer en nous cette puissance de vie de résurrection de Jésus et une modification complète de l’être intérieur, de notre comportement interne d’abord, qui se traduira ensuite à l’extérieur.

 

C’est ce que Dieu veut faire dans l’homme et c’est pourquoi Jésus désire Lui aussi être baptisé. Il dit à Jean-Baptiste qui ne comprend pas Sa décision : « Il est convenable que nous accomplissions ainsi ce qui est juste » Or la justice de Dieu est précisément de donner à l’homme le pouvoir de faire ce qui est bien, ce qui est juste.

 

Ainsi Jésus se place-t-il exactement au niveau des hommes symboliquement par le baptême, là où Jean est obligé de s’arrêter parce qu’il ne peut plus amener les hommes plus loin que là où il est allé lui-même. Il avait d’ailleurs déclaré : « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ».

 

 Ils étaient cousins, il savait qui était le Seigneur Jésus, même si à un moment il s’est posé un certain nombre de questions à l’égard de son cousin. Jésus vient prendre l’homme où il se trouve afin de l’amener plus loin, vers une nouvelle vie jusqu’alors inconnue et qui est celle de l’Esprit.

 

Le baptême de Jésus ce n’est pas le baptême d’eau seulement mais c’est le baptême du Saint-Esprit, de cet Esprit régénérateur. C’est pour cela que j’ai dit aux futurs baptisés hier : « Je vous poserai la question : « Crois-tu au Saint-Esprit qui te régénère ? » Elle est une des 3 questions que je demanderai. Je trouve, en effet, extraordinaire que ce soit le Saint-Esprit de Dieu qui régénère des êtres aussi bas tombés soient-ils et les transforme complètement, les métamorphose.


Dans la nature, près des rivières, des petits ruisseaux, il y a des libellules, parfois des grenouilles mais quand vous voyez un têtard avec un petit bout de queue de un centimètre et le reste qui n’est pas plus long, vous ne pouvez pas imaginer qu’ensuite il devienne un batracien qui saute dans toutes les directions.


Je pense aussi au ver duquel va sortir un papillon qui vole ; nous le constatons, si vous aimez la nature, vous bénirez Dieu pour cela, mais on butte dans toutes ces directions quand nous constatons que nous sommes des rampants - dans l’armée ce sont ceux qui travaillent dans l’aviation et qui restent toujours sur le sol - des êtres qui à un certain moment prendront leur essor vers le monde de l’éternité comme le papillon, nous entrerons dans une atmosphère complètement différente.

 

La voix qui vient du ciel

 

C’est au moment où Jésus sort de l’eau du Jourdain, lors de Son baptême - ce n’est pas trois gouttes d’eau sur la tête, il entre et il sort de l’eau - qu’une voix se fait entendre. Il fait remarquer combien elle est différente de celle de Jean-Baptiste.

 

Au lieu de jugement et de destruction, c’est l’affection, la paix, la pureté qui apparaissent dans cette manifestation du Saint-Esprit sur la personne de Jésus. Cette voix dit (Mat.3 : 17) « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé en qui J’ai mis toute Mon affection » C’est un autre timbre, une autre sonorité, on peut dire qu’elle sort des cieux.

 

On a l’impression très nette que Dieu est pleinement satisfait de voir l’homme en possession des moyens de vivre une nouvelle vie, non plus dans la peur du châtiment, mais dans l’affection, la confiance en un Dieu qui révèle tout Son amour paternel en envoyant Son Fils Jésus.

 

C’est l’amour du Père qui se manifeste en Christ. Beaucoup de croyants devraient prendre conscience du fait que leur vie spirituelle doit devenir celle d’un fils aimé, aimant et confiant dans la maison de leur Père, quand je dis la maison, c’est l’église locale pour l’instant, la maison du Père ensuite c’est de l’autre côté du voile. Jésus est venu non pour détruire le monde mais pour le sauver.

 

Quelqu’un m’a posé cette question parmi les futurs baptisés : « Est-ce que nous sommes tous destinés au salut ? » J’ai répondu que le salut est offert à tous les hommes sans exception, mais il y a ce qu’on appelle la prédestination qui est le monde calviniste mais on le laisse de côté, le problème est que tous les hommes n’acceptent pas ce salut ; si tu le prends, c’est bon, sinon c’est dommage pour toi, tu gâches beaucoup de choses.

 

Jésus est venu pour sauver le monde de la peur, de l’esclavage même religieux, du doute et de tout ce qui empêche les fils de Dieu d’être heureux dans la maison de leur Père. Vous vous rappelez de l’histoire du fils aîné et du fils cadet.

 

 L’un demeurait dans la maison du père en permanence, l’autre s’était enfui, mais le plus malheureux des deux, en fait, il semblerait que ce soit le fils aîné qui vivait tristement auprès de son père, et il reproche à son père son amour pour le fils cadet.

 

On peut vivre dans la maison du Seigneur, dans le Corps de Christ et ne pas être heureux pour autant, parce qu’on va se laisser manger par toutes sortes de choses d’ordre secondaire et on oubliera le principal : la vie en Christ.

 

Vous le savez très bien la vie nous prend de toutes parts et quand on est dans un âge où la situation est active, on peut se laisser accaparer par toutes sortes de choses. On a l’impression que l’on peut faire une foule de choses quand on est jeune on veut avaler les eaux de la mer avec les petits poissons et finalement on n’avale rien du tout ; ce qui est important est de faire la volonté de Dieu avec le peu ou le prou de révélation ou de pensées divines que l’on a, de faire ce que Dieu veut et non pas ce que l’homme veut. On a des convoitises, des tentations à ce niveau-là, même au niveau pastoral.

 

 Il y a des jeunes qui veulent déjà avoir une église bien remplie, ils arrivent et tout est déjà tout prêt, mâché, j’en connais dans les écoles bibliques. Mais il faut se dire que d’autres avant nous ont travaillé et méritent notre respect, on n’est là que pour récolter le fruit du travail de ceux qui nous ont précédés, d’autres ont travaillé avant moi ici, je pense à mon collègue Christophe.

 

Il faut avoir l’humilité de reconnaître que ce que nous faisons de bien, est ce que Dieu fait au travers de nous, car le reste n’est pas forcément très bien quand on le fait par soi-même, mais quand Dieu travaille au travers de nous Il le fait très bien.

 

L’appel à la repentance est l’appel à reconnaître ce qui nous fait mourir en nous-mêmes pour nous tourner sans crainte vers Celui qui fait vivre parce qu’Il est la Vie, Il n’a pas seulement la vie, mais Il est la vie, c’est très différent.

 

Il est la source même de la vie, nous ne possédons pas la vie par nous-mêmes, nous avons l’existence, nous procréons mais nous ne créons pas, nous communiquons quelque chose qui est en nous, mais ce n’est pas nous qui sommes l’Initiateur de la vie. Nous avons une existence qui disparaîtra, la vraie vie, c’est Dieu qui l’a, Il est la Vie.

 

Le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

 

Non cela ne sera jamais une formule magique pour accréditer un baptême. S’il en était ainsi, le monde serait magiquement transformé par le simple fait que la plupart des bébés sont baptisés de cette manière, que ce soit en milieu catholique ou en milieu protestant ou presque. Or, tous les « baptisés » sont loin d’être des chrétiens et de vivre une vie qui ressemble à celle de Jésus.

 

Comme nous le disions, c’est le baptisé lui-même qui, par son adhésion volontaire et consciente, à la volonté de Dieu, peut donner une valeur réelle à son baptême. Les baptisés ne sont pas forcément des chrétiens et ceux-ci ne sont pas forcément des disciples ; le disciple est celui qui suit la discipline du Seigneur Jésus, et qui met en pratique Sa parole.

 

C’est pourquoi Jésus accompagne cette parole de cet ordre d’enseigner et d’instruire les hommes pour en faire de vrais disciples qui connaissent et comprennent la volonté de Dieu, ce qui leur permet d’échapper à la peur, à la superstition et à l’esclavage des traditions, elles sont légions même parmi les chrétiens évangéliques il y en a encore de nombreuses qui surnagent et qui n’ont rien à voir avec la Parole de Dieu.

 

Là aussi il faut faire attention au témoignage que nous rendons auprès de ceux avec qui nous vivons ; le témoignage important est celui du vécu et non pas seulement des paroles ; c’est là que l’on voit la différence entre le chrétien et le disciple.

 

Si l’on ne se laisse pas aveugler par la lettre mais que l’on veuille saisir la valeur spirituelle des paroles de Jésus, il sera facile de comprendre que tout un programme est contenu dans ces quelques paroles : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

 

Ce n’est pas du tout une formule magique. Nous remarquons qu’au moment du baptême de Jésus, le Père s’adresse à Son Fils et Le remplit du Saint-Esprit. Vous avez là les 3 aspects de la Tri-Unité divine.

 

 Il est également précisé « Que les cieux s’ouvrirent » comme si cela voulait figurer l’ouverture d’un nouveau chemin vers le ciel qui s’ouvre pour tous les hommes, parce que Jésus est descendu vers eux ; ce n’est pas nous qui montons vers Lui ; relisez Phil.2, Il délaisse Sa divinité pour prendre une forme de serviteur.

 

C’est, en effet ce qui se passe, un chemin vers la Vie est ouvert et celle-ci est caractérisée par le fait qu’elle va être une progression constante vers un but divin comme nous le pressentons dans la formule baptismale. Par le Saint-Esprit nous allons progressivement mieux connaître Jésus, Il est venu nous faire connaître le Père et Il va nous faire progresser dans la connaissance de Dieu.

 

C’est un chemin progressif, nous ne sommes jamais arrivés ni vous ni moi ni personne, nous sommes en marche si nous l’oublions un instant, nous stagnerons, si nous croyons être arrivés, alors nous sommes en pleine descente. Que celui qui est debout prenne garde de tomber !

 

Comme nous allons le voir, c’est tout un programme divin que Dieu nous donne dans ces quelques mots. « Au Nom du Père » ou « au Nom du Fils » veut dire exactement « En vue de… » ou « Pour le nom de… » Nous sommes ainsi dans cette progression constante : apprendre du Seigneur tous les jours.

 

C’est cela qui est intéressant car ces premiers mots contiennent l’idée de direction à prendre. La vie est toujours une direction vers quelque chose. Vous qui allez être baptisés tout à l’heure, vous allez changer de direction, nous qui l’avons déjà pris un peu avant vous, nous avons changé de direction.

 

 Il y a un but à atteindre, il est le même pour tous : Etre fondu en Jésus-Christ. Mais le cheminement est complètement différent, c’est pour cela que nous n’avons pas le droit d’exiger des autres de passer par un cheminement qui sera exactement le nôtre. Tous les chemins sont différents même si nous commençons au même endroit : dans le baptistère.

 

Les circonstances de la vie sont complètement différentes pour les uns et pour les autres en fonction d’une foule de choses. C’est l’idée de progrès, de croissance qui est soulignée ici. Quelqu’un qui est baptisé s’engage dans une direction où il va progresser en vue d’atteindre un but. C’est pourquoi Jésus dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie… ». C’est dans cette progression constante que nous poursuivons ce but.

 

Tout ce qui est vivant évolue toujours et se développe. Un vieil adage français dit : « Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir » c’est surtout dans les hôpitaux qu’on l’entend, cela veut dire que rien n’est jamais complètement terminé, il y a l’idée d’une progression constante un accroissement de Jésus-Christ en nous. On est loin d’une simple formule qui n’apporte aucune transformation à l’existence de l’individu. La vie de Christ en nous, nous conduit vers le Père.

 

Lorsque nous allons vers le Père, cela se reconnaît au fait que nous ressemblons de plus en plus à Son Fils dans notre caractère, dans notre façon d’être, de vivre. Mais pour ressembler au Fils le simple désir ne suffit pas et c’est pourquoi Jésus est le chemin. Il est ce chemin par Son Esprit qu’Il met dans nos vies. Cela peut paraître un peu étrange, mais quand Il fait habiter Son Esprit en nous, on ne fait plus ce que l’on veut.

 

 Les futurs baptisés me l’ont dit pour certains, ils sentent déjà qu’ils n’ont plus le droit de faire ce qu’ils faisaient avant et dans certains cas, Dieu leur demande de faire autre chose, c’est le commencement de cette marche, c’est déjà bien.

 

Quand on est obéissant à la voix de l’Esprit de Dieu, dans cette progression en Christ, je leur disais : Ce qu’Il demandera à quelqu’un qui a déjà 40 ans de service dans la vie chrétienne, Il ne le demandera pas à quelqu’un qui démarre dans la vie chrétienne. Dieu sait exactement ce dont nous avons besoin, ce qu’Il peut nous demander, à quel niveau nous sommes arrivés pour pouvoir nous demander de faire ou de ne pas faire ceci ou cela.

 

Jérémie 31 : 33 nous dit « J’écrirai ma loi dans leur cœur afin qu’ils puissent pratiquer mes commandements » C’est exactement ce que le Saint-Esprit fait. Vous l’avez remarqué pour les plus anciens, quand vous êtes tentés de marcher à côté du bon chemin, il y a quelque chose dans votre cœur qui vient vous rappeler un commandement divin, une parole de Dieu qui va prendre un relief différent comme si un trait de pinceau passait sur tel passage de l’Ecriture et vous mettait en mémoire ce que vous devez faire à un moment bien précis, c’est là l’action du Saint-Esprit.

 

 Il le fait avec beaucoup de doigté, nous les hommes, nous sommes comme des éléphants dans un magasin de porcelaine mais Il le fait avec un doigté qu’il est le seul à posséder.

 

Jean annonçait Celui qui est plus puissant que lui, parce qu’Il était capable de baptiser du Saint-Esprit, ce qui veut dire que Jésus communique à celui qui se confie en Lui une énergie divine, une nouvelle vie qui le transforme et le transfigure tous les jours un peu plus à l’image divine. C’est une véritable révolution intérieure, on ne se reconnaît plus soi-même quand on débute dans la vie chrétienne.

 

C’est ainsi que par la puissance du Saint-Esprit, il devient un fils de Dieu et apprend à connaître en Dieu Celui qui est vraiment son Père. Le baptême selon l’Evangile n’a pas pour but de donner une étiquette religieuse mais il est le symbole d’une décision personnelle et consciente pour atteindre un but offert par Jésus à tous : Connaître Dieu et L’aimer comme un Père. Jean-Baptiste nous a amenés jusqu’à prendre conscience que nous avions besoin de la repentance, Jésus-Christ prend le relais, et nous baptise du Saint-Esprit.

 

Un des futurs baptisés m’a demandé hier : « Est-ce que le don des langues est important ? » C’est une très bonne question à laquelle j’ai répondu oui évidemment, pourquoi ? Parce que je crois que ce don des langues fait partie d’un éclatement intérieur.

 

Je suis cartésien par nature et tout ce qui n’est pas compréhensible par mon petit ordinateur en haut, j’ai parfois un sentiment de rejet. Le fait de permettre au Saint-Esprit de faire éclater un peu cet ordinateur, ce carcan de cartésien, sans pour cela devenir inconséquent ou incohérent nous ouvre la porte d’un monde spirituel complètement méconnu.

 

 Le don des langues va nous ouvrir la porte vers le Seigneur déjà car on va être capable d’aller au-delà de soi-même, non par nos propres moyens, mais parce que nous allons permettre au Saint-Esprit de nous faire éclater en louanges vers Dieu.

 

Rechercher le baptême du Saint-Esprit, ce n’est pas rechercher le don mais le Donateur avec un élan d’amour pour Lui, sans contrainte, sans lui dire : « Donne-moi… » mais simplement : « Seigneur, je T’aime »

 

C’est la base et quand vous ne trouvez plus les mots dans votre langue vernaculaire alors vous pouvez éclater en louanges vers Lui et vous verrez comme Il l’a dit : » Si méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien à plus forte raison le Seigneur donnera-t-Il le Saint-Esprit à ceux qui le Lui demandent » Qu’il en soit ainsi !

AMEN