Formation Pastorale
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LES VOCATIONS ET MINISTERES

 

 

 

Nous lirons dans Esaië 30/21 : «Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : voici le chemin, marchez-y».

 

Souvent dans notre vie de serviteurs de Dieu, nous sommes tellement plongés dans nos activités qu'il nous arrive sur le chemin de doubler le Seigneur, de telle sorte que l'on marche devant lui, on finit par se perdre dans la nature. On ne sait plus très bien ou l'on est, et Dieu, dans sa bonté, nous interpelle comme dans ce passage.

 

Nous entendons une voix derrière nous. On se retourne, et on prend conscience que l'on s'est éloigné du vrai but que le Seigneur nous avait assigné, et je pense que ces quelques soirées à la Convention ont été une interpellation de Dieu, qui nous permet de faire retour sur nous-mêmes, un retour ensemble pour examiner avec sérieux cette question des vocations, des ministères, au milieu de notre mouvement.

 

Ce matin, j'ai la joie de succéder à des frères qui ont élaboré bien des choses, et de très bonnes lignes directrices.

 

J'aimerai vous donner quatre points essentiels afin que nous puissions voir des hommes et des femmes se lever pour le service de Dieu.

 

PREMIER POINT :

 

Il est important de demeurer dans la vie de l'Esprit, dans un climat de réveil comme des témoignages venant de pays étrangers nous l'ont confirmé ; on réalise que, quand il y a ce climat de réveil, les choses évoluent de manière miraculeuse, remarquable ; ce n'est pas toujours évident de conserver cette vie de l'Esprit c'est vrai, nous avons fait et nous faisons encore des expériences.

 

Mais c'est vrai aussi qu'il y a des expériences négatives, et que dans nos églises il y a des freins terribles à cette vie de l'Esprit : souvent, on sent une lourdeur, une difficulté à décoller, avec des cultes ou des réunions de prière qui ne sont pas dès plus transcendantes,, et souvent il manque cette liberté, dans le Saint-Esprit, cette Visitation d'en-haut, ces convictions de péché, ces baptêmes puissants de l'Esprit et ce que l'on demande à Dieu, c'est de pouvoir garder cette vie de l'Esprit.

Nous, prédicateurs, nous avons, par notre exemple, notre piété, une grande responsabilité ; pour que cette vie de l'Esprit soit là, abondante, dans 1' Eglise.

 

Les dons du Saint-Esprit sont un moyen très important que Dieu utilise pour appeler des hommes au ministère.

 

Dans 1 Tim. 1/18, ont peut lire : «Le commandement que je t'adresse, Timothée mon enfant, d'après les prophéties qui ont été faites à ton sujet, c'est que, d'après elles, tu combattes le bon combat...».

 

Il semble donc qu'il y ait eu des manifestations de dons spirituels au départ de cette vocation de Timothée.

 

Il y a quelque temps de cela, il y avait dans une Eglise un jeune qui était appelle au ministère, et il est d'ailleurs aujourd'hui dans le ministère ; et souvent, ceux qui sont appelés, c'est ceux qui ne disent rien. On a toujours dans nos Eglises des gens exaltés, extravagants, qui ont l'impression d' avoir un ministère ; parfois, c'est leur femme qui a le ministère pour eux, et ces gens-là se manifestent d'emblée ; on a besoin de beaucoup de précautions à leur égard.

 

Et ceux qui sont choisis de Dieu sont tellement étonnés du choix de Dieu qu'ils gardent l'appel en eux, et personne n'est au courant. C'était le cas pour ce jeune ; il avait fait une expérience à la colo d'Embrun, à 8 ans, il a été baptisé du Saint-Esprit, et il a reçu l'appel de Dieu ; il ne savait pas trop ce que c'était, c'est dur a 8 ans de concevoir ce qu'est l'appel de Dieu ; après, il a eu un passage à vide, durant sa jeunesse, il a tout abandonné, l'Eglise, etc..

 

Cet exemple nous encourage aussi à l'égard de notre jeunesse, qui parfois s'en va, quitte l'Eglise, malgré nos efforts les plus louables ; mais il faut rester dans la foi, et croire que Dieu a l'œil sur eux.

 

Ce jeune, Dieu l'a récupéré des années plus tard, il a fait une nouvelle expérience, il a été rebaptisé de l'Esprit, aussitôt après, l'appel de Dieu s’est fait de nouveau entendre à lui ; il se sentait bien sur incapable, pauvre, misérable et donc il n'a rien dit à personne.

 

Puis, dans son assemblée, il y a eu un don spirituel vraiment puissant ; comme s'était un garçon équilibré, intelligent, il a dit : bon, d'accord, c’est mon Eglise, il y a peut-être une grand-mère qui se croit inspirée, qui s'est rendue compte de quelque chose, je ne marche pas. Il me faut plus.

 

Il est arrivé un soir dans l'Eglise où l'on était ; il y avait un pasteur de passage, qui ne connaissait ni le jeune, ni l'Eglise.

 

Il y a eu un parler en langues, et une interprétation : c'était une réponse formidable, à découper suivant le pointillé : le don disait :

 

«Tu te poses telle question, mais Dieu te répond que ... Tu dis cela, et Dieu te répond...»

 

C'était un enchainement formidable ; alors là il a été touché par Dieu. Dans la semaine, il m'a appelé, et m'a dit : «Il faudrait que je vous vois et il m'a parlé de son désir de servir Dieu. »

 

Vous savez, parfois sous les broussailles, il y a de la braise, un petit feu, mais on ne voit rien ; soudain, un coup de vent, la fumée sort tout s'embrase, vous découvrez qu'il y avait un feu caché.

 

Nous devons prier pour que Dieu renouvelle nos assemblées et nous aussi, dans les dons de l'Esprit, afin qu'au travers de ces dons, ceux qui doutent et c'est compréhensible, soient bouleversés par la puissance de Dieu. Je sais qu’ici à Gap, il y a eu des camps de jeunesse avec des dons comme des coups de canon ou des missiles «exaucés», on peut rendre grâces à Dieu pour cela. On a vu des jeunes après les réunions dire que tout était clair pour eux : ils ont démarré, certains servent Dieu depuis des années.

 

La vie de l'Esprit est irremplaçable. Il faut l'entretenir, la chérir, réaliser combien le Saint-Esprit est sensible, combien II s'attriste vite et demander à Dieu cette vie de droiture et de sainteté.

 

DEUXIEME POINT ;

 

Je voudrais revenir sur quelque chose qui a déjà été dit par les frères : c'est l'impact de notre propre ministère sur les jeunes qui nous entourent.

 

2        Tim.  3/10 :  «Pour toi,  tu  as suivi  de  près  mon  enseignement »

3         

Je pense que Timothée a été fortement impressionné par, non pas la personnalité de Paul, mais la bénédiction qui reposait sur lui.

 

Dans mon enfance, j'ai été impressionné par des hommes de Dieu, et j'aimerais dire aussi par des femmes de Dieu. J'ai rencontré des hommes de Dieu extraordinaires, qui m'ont marqué, et des hommes qui m'ont touché, non seulement par leurs prédications, mais aussi par leur manière de vivre.

 

C'était enthousiasmant de les voir : on sentait des gens qui étaient d'attaque, virils, et je crois que ce qui manque souvent dans notre ministère, c'est cette virilité. On est parfois un peu mièvre, un peu sensible, sentimental, on manque d'énergie et de résolution.

 

On a besoin que Dieu nous affermisse, qu'il renouvelle l'enthousiasme dans nos vies, parce que ce n'est pas toujours évident.

 

Il y a des moments où ce n'est pas facile d'exercer le ministère. On n'a pas un entrain sensationnel, c'est vraiment un reproche qu'on peut se faire, quand on est dans cet état. Les chrétiens nous voient vivre, et nous voient dans l'assemblée, si l'on arrive triste comment vont-ils être joyeux ? Les chrétiens viennent avec leurs problèmes, si le pasteur est triste, fait des confidences à ses ouailles, comme certains, en disant : «ça ne va pas..» alors il y a une cohorte de sœurs qui pleurnichent avec le pasteur : «cher pasteur, vous allez à l'abattoir». Après il se créé un climat vraiment débilitant.

 

Dieu nous appelle à être forts et plus que vainqueurs par sa grâce, même dans l'épreuve appuyons-nous sur Dieu ; souvenons-nous de Paul. Quand j’étais aux Beaux-arts, on avait pour certains professeurs une admiration presque sans bornes : c'était des hommes de valeur, notre désir était de les imiter, de faire comme eux. Quand on voyait des tableaux de maîtres montait en nous une aspiration : «si je pouvais faire au moins comme çà !»

 

Donc nous avions de l'ambition, et ces hommes élevaient le niveau de nos ambitions.

 

Tim. 3 : «Si quelqu'un aspire à la charge...»

 

Si quelqu'un aspire, c'est parce qu'on l'a aspiré. Quelqu'un a créé dans sa vie un courant ; ça ne veut pas dire qu'il est forcément appelé.

 

On a vu certains ministères qui ont créé un courant derrière eux ; et derrière eux, une flopée de jeunes ; tous ne seront pas appelés, à plein temps, Il y a une émulation quand le ministère en place a un sceau remarquable de Dieu, une onction et des fruits qui s'imposent. Ce que l'on demande à Dieu, c'est d'enlever notre état de faiblesse et de nous apprendre à veiller sur notre âme notre comportement, afin de donner envie à ceux qui nous observent.

 

Nous nous souvenons de la prière de la mère des fils de Zébédée, c’est un peu bizarre. Mais elle avait aussi une sainte ambition : c'est remarquable, une femme qui a un tel état d'âme.

 

TROISIEME POINT ;

 

C'est l'enseignement. Un enseignement que l'on pourrait donner au niveau des parents, et au niveau des mères.

 

Car beaucoup de couples dans nos églises sont sympathiques, mais on ne sent pas qu'ils aient de l'ambition pour leur propre famille ; ils ont des ambitions humaines, c'est normal. Mais on ne trouve pas chez ces parents ceci :

 

«On aimerait qu'au moins un de nos enfants serve le Seigneur».

 

Anne a dit : «cet enfant sera consacré à l'Eternel». Pour plusieurs pasteurs, s'ils sont serviteurs de Dieu, c'est parce que leur mère un jour à fait un vœu. Ma mère aussi un jour a fait cette prière : «Ce fils, si tu me le conserves il sera pour toi !»

 

Et je pense que ce doit être un enseignement privé, dans le contact personnel. En excitant les parents à dire : ces enfants, c'est un potentiel, consacrez-les à Dieu, n'auriez-vous pas le désir d'en voir un, deux ou même trois se lever ?

 

On a vu dans les familles, sur trois enfants, trois se sont levés.

 

Si nous avons la prière de la mère des fils de zébédée, alors nous aurons des serviteurs : c'est une femme qui en voulait. Il y avait l'orgueil maternel, mais aussi un but à atteindre. C'est remarquable.

Dans l'enseignement, il y a l'enseignement systématique : c'est important pour l'Eglise, pour soi-même.

Beaucoup de chrétiens entendent des exhortations, mais peu ont une vue panoramique de la Bible, de l'évolution des plans de Dieu, du salut de Dieu. Ils reçoivent des instructions au coup par coup, quelques révélations: C'est bon; mais ce qui est meilleur c'est d'avoir une vision générale de la Parole, mais aussi des points de doctrine, étudions-les systématiquement, profondément ; même avec des chrétiens, revoyons des points comme le salut, le baptême, des choses qui paraissent simples.

 

Maintenant il ne faut pas non plus tomber dans un danger (gardons l'équilibre) c'est bien d'avoir des séminaires, des rencontres ; c'est très bien ; mais je crois qu'il faut pousser les chrétiens et les jeunes à avoir une communion personnelle avec Dieu, et une recherche personnel dans les Ecritures ; car on est dans un monde où les gens ne savent plus rien faire d'eux-mêmes.

 

Ils sont assistés ; il n'y a plus de recherche personnelle ; et je pense qu'avec le peuple de Dieu, on arrive à une piété très collective, mais il manque parfois aussi une recherche personnelle. Par exemple, les moniteurs d'école du dimanche : s'ils n'ont pas plusieurs séminaires détaillés, ils n'ont pas d'inspiration par eux-mêmes ; ils n'ont rien trouvé à genoux devant Dieu. Ils n'ont pas de génie, c’est triste. Il faut donc que nous puissions voir ces deux aspects du problème, avoir un enseignement systématique, mais aussi pousser les gens à rechercher profondément la face de Dieu ; et j'ouvre une parenthèse :

 

On a parlé de la nécessité pour nos jeunes d'être entourés d'activités dans l'Eglise ; on a dit : Ces jeunes n'ont pas de but ; c'est très bien ; maintenant il y a parfois trop d'activités.

 

Je me trouvais dans une Eglise, et les jeunes me dirent :

 

-  Dimanche : Réunions

-  Lundi :        Répétition

-  Mardi :        Prière

-  Jeudi :        autre chose   etc.

 

Finalement, ces jeunes n'ont pas été un seul soir chez eux, dans leur famille. Pour être libres devant Dieu, il faut veiller pour éviter de tels abus ; ces activités multiples déstabilisent les jeunes et parfois les séparent de leur famille; j'ai même eu des reproches de la part de parents chrétiens, qui m'ont dit : «Frère, on a perdu nos enfants, ils ne vivent plus que dans l'Eglise, dans leur club de ceci, de cela»: ce sont des excès.

 

Nous devons dans notre enseignement aussi insister sur le sacrifice, surtout sur le sacrifice de Jésus, sur le message de la Croix, sur le chemin de la Croix, et ne pas apporter un Evangile édulcoré, joyeux, mais on ne prépare pas les gens à la souffrance et au combat, et on ne peut pas faire des soldats sans un parcours du combattant ; quelqu'un a dit : il ne faut pas abaisser la barre, mais l'élever.

 

Les jeunes au fond aiment le combat, et dans toutes les sectes pernicieuses on impose aux jeunes des privations, le don de leur personne, de leur argent, ils sont prêts à tout donner, et au fond c'est ce que Jésus réclame. Jésus réclame tout.

 

Quand on lit les lettres de Paul à Timothée : on lit souvent :  «Souffre avec moi»

 

C'est impressionnant, Paul ne lui donne pas une image rose de la situation, mais il l'amène au combat ; et je crois que nous devons essayer d'entraîner les jeunes dans cette vie, par l'enseignement, et aussi les mener au combat : on a entendu par le frère Louis Levandre de bonnes nouvelles de ces gens qui réclament des nuits de prière, des jeûnes, etc....

 

Souvent on a des jeunes bien sympathiques, pour souffler dans leur cor de chasse, pour gratter des cordes ; mais le jour où il y a jeûne et prière, ce n'est pas forcé qu'ils soient là ; dans le combat, les choses difficiles ; ils s'éclipsent. C'est un aspect de cet enseignement concernant la souffrance.

 

QUATRIEME POINT :

 

Le dernier point nous concerne tout à nouveau : il s'agit d'un élément de foi et de discernement à l'égard des jeunes qui nous entourent.

 

On a besoin d'abord de la foi, parce que souvent, quand on a vu un jeune se convertir, il est encore à l'état brut, et pour imaginer le prédicateur qu'il sera dans quelques années, peut-être l'homme de Dieu remarquable, il faut la foi ; parce que si on regarde sa vie, il y a beaucoup plus d'éléments négatifs que positifs.

 

Mais si on a la Foi, on peut croire que de ce bloc Dieu va en sortir quelque chose de bon, l'affiner, l'affûter.

 

Et puis il faut aussi la foi, quand le pasteur est dans une petite Eglise, aux finances très réduites ; il a peut-être un jeune qu'il voudrait prendre, mais il n'y a pas d'argent, il faudrait un véhicule, alors cela créé des difficultés.

 

Et pourquoi le pasteur n'aurait-il pas la foi de vendre son auto, pour en acheter une plus petite, et d'en prendre une autre pour le stagiaire ?

 

C'est cela la foi !

 

Et pourquoi ne pas croire qu'en prenant un stagiaire, Dieu va multiplier les offrandes ?

 

Souvent on fait des calculs, comme André lors de la multiplication des pains ; il était fort en maths, mais n'avait rien compris.

 

Et nous aussi, on fait des calculs, on dit : «un stagiaire coûte tant».

 

Il faut la foi pour prendre un stagiaire, même si on n'a pas d'argent ; Dieu va nous aider.

 

Et enfin, on a besoin de ce discernement parce que certains frères l'ont dit : Il y a des jeunes qui sont restés dans une assemblée, personne ne s’est occupé d'eux, personne n'a discerné qu'ils avaient quelque chose.

On a besoin de ce discernement de l'Esprit.

Il vient avec l'amour, car si Dieu nous donne d'aimer les jeunes, cet amour va nous donner du discernement, et pour les aimer, il faut être en contact avec eux ; ce qui manque très souvent c'est ce contact avec les jeunes. Souvent des jeunes nous ont dit : le pasteur est distant, on ne peut jamais le voir, etc.. Il y a toujours des gens qui nous accaparent, il faut savoir les écarter de temps en temps ; et vivre avec les jeunes, apprendre à les aimer.

 

Jésus a passé une nuit entière à prier pour choisir ses disciples pourtant, il était le Fils de Dieu, mais II a senti la nécessité d'être en communion avec son Père, et devant ce choix si important, il est resté devant Dieu jusqu'à ce qu'il ait une conviction, une lumière parfaites.

Si nous nous tenons devant Dieu dans l'humilité, avec cet esprit de recherche de la pensée de Dieu, Dieu nous guidera et nous suscitera des ministères ; je crois que Dieu va nous donner de bonnes surprises.

Je bénis Dieu de ce que parmi les serviteurs de Dieu, il y en a qui ont vraiment reçu quelque chose ; ils font plaisir par les progrès qu'ils font ; Dieu veut les encourager, et nous fortifier les uns et les autres.

 

AMEN.

 

PASTEUR DANIEL  QUINTIN