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La connaissance de Dieu 02    

 

 

  a)   La sagesse de Dieu    

 

 

 La sagesse est un équilibre harmonieux de l’omnipotence de Dieu en fonction de son omniscience et en rapport avec sa personnalité de perfection et d’amour (Ps 104/24 ; Prob 3/19 ; Jer 10/12 ; Dan 2/20-21 ; Rom 11/33 ; 1 Cor1/24-25 ; 2/6-7 ; Eph3/10 ; Col 2/23).Dans sa sagesse, Dieu a tout créé dans un but précis et pour le bien ; il a créé toutes choses bonnes (1 Tim4/4 ; Gen 1/10, 12, 18, 21,25,31 ; Eccl 7/29). Dans sa providence qui gouverne l’univers, Dieu fait tout d’une manière convenable et au bon moment. 

 

 b)   La souveraineté de Dieu  

 

 

D’une manière absolue Dieu gouverne l’univers et rien n’échappe à sa domination, selon sa propre volonté (Dan 21/35 ; Mt20/15 ; Rom 9/18-21). Toutefois, cette souveraineté n’exclut pas la liberté de l’homme, car celle-ci fait partie de la volonté souveraine de Dieu ; le fait que le méchant subsiste est encore un effet de cette souveraineté dans un but précis de la sagesse divine (Exo 9/15-16). C’est pourquoi le monde n’est pas régi par un destin aveugle, fruit du hasard, mais tout en lui montre une finalité intelligente due au ‘maître de l’histoire’. 

 

 c)   L’immuabilité de Dieu 

 

 

 Les Ecritures déclarent qu’il n’y a en Dieu aucune variation (Jacq 1/17). Il ne change pas quant à son caractère (Ps 102/27 ; Malacie 3/6 ; Heb 1/12), sa puissance (Rom 4/20), ses plans et ses desseins (Ps33/11 ; Esaïe 46/10), ses promesses (1 Rois8/56 ; 2 Cor 1/20), son amour et sa miséricorde (Ps 103/17) ou sa justice (Gen 18/25 ; Es 28/17). 

 

 Il ne faut pas confondre immuabilité et immobilité. Dieu est actif et il entre en relation avec des hommes changeants. Dans ces relations, il est nécessaire qu’un Dieu immuable change dans ses rapports avec les hommes changeants, de manière à demeurer immuable dans son caractère et ses desseins. 

 

 Dieu n’agit pas de la même manière avec les hommes avant et après leur salut (Prov 11/20, 12/12 ; 1 Pie 3/12). Le Dieu qui ne peut pas se repentir (Nomb 23/19) se repent (c’est-à-dire que ses rapports avec les hommes changent) quand les hommes passent du mal au bien, ou du bien au mal (Gen 6/6 ; Exo 32/14 ; Jer 18/7-11 ; Joël 2/13 ; Jonas 3/10). 

 

 L’immuabilité de Dieu consiste en ce qu’il fait toujours le bien et qu’il adapte sa manière de traiter ses créatures aux variations de leur caractère et de leur conduite. Ses menaces sont parfois de nature conditionnelle, comme lorsqu’il menace de détruire Israël (Exode 32/9-14) et Ninive (Jonas 1/2, 4,10). 

 

 2)   Les attributs moraux de Dieu 

 

 

 Les attributs moraux sont les prédicats essentiels de l’essence divine qui impliquent desQualités morales.  

 

1 – La sainteté  

 

Dieu est distinct de toutes ses créatures et élevé au-dessus d’elles ; il est également exempt de tout mal et de tout péché. 

 

 Dans un premier sens, sa sainteté n’est pas vraiment un attribut coordonné aux autres attributs, mais plutôt aussi important que tous les autres ensemble. Elle dénote la perfection de Dieu dans tout ce qu’il est.  

 

Dans un second sens, elle est considérée comme la conformité éternelle de son être et de sa volonté. En Dieu, la pureté de l’être vient avant la pureté du vouloir ou du faire.La sainteté occupe le premier rang parmi les attributs de Dieu.  

 

 C’est l’attribut par lequel Dieu a particulièrement voulu se faire connaître à l’époque de l’Ancien Testament (Lev 11/44 ; Jer 24/19 ; 1 Sam 6/20 ; Ps 22/4 ; Esaïe 40/25 ; Ezéch 39/7 ; Hab 1/12).  

 

Elle est soulignée :  

 

Ø     par les limites établies autour du Mont Sinaï quand Dieu descendit (Exode 19/12-25), 

 

Ø     par la division du Tabernacle et du Temple en lieu saint et en lieu très saint (Exode 26/33 ; 1 Rois 6/16-19), 

 

Ø     par les offrandes prescrites que devait offrir l’Israélite qui voulait s’approcher de Dieu (Lev 1 à Lev 7), 

 

Ø     par la sacrificature particulière qui servait d’intermédiaire entre Dieu et le peuple (Lev 8-10),

 

 Ø     par les nombreuses lois concernant l’impureté (Lév 11-15), 

 

Ø     par les fêtes d’Israël (Lev 23) 

 

Ø     et par la situation particulière d’Israël en Palestine (Nombre 23/9 ; Deut 33/28). 

 

 Dans Esaïe seulement l’Eternel est appeléLe Saint’ à environ 30 reprises (comparez l’utilisation du mot ‘Saint’ en ce qui concerne le Fils (Act3/14) et l’Esprit (Eph 4/30). 

 

 Dans le Nouveau Testament, la sainteté est moins souvent attribuée à Dieu que dans l’Ancien Testament, mais elle y est quand même mentionnée (Jean 17/11 ; Heb /10 ; 1 Pie 1/15). Jean déclare : « Dieu est lumière, et…il n’y a point en lui de ténèbres » (1 Jn 1/5). 

 

 Autour du Trône, les anges ne cessent de répondre les uns aux autres en disant : « Saint, Saint, Saint » (Esaie 6/3 ; Apoc 4/8). A cause du caractère fondamental de cet attribut, la Sainteté de Dieu, c’est à lui, plutôt qu’à l’amour, à la puissance ou à la volonté de Dieu, qu’il faut attribuer la première place. La sainteté est le principe qui régit les trois autres ensembles, car c’est sur la sainteté que son trône est fondé. 

 

 Trois choses importantes sont à retenir du fait que Dieu est Saint :  

 

 

 a)   Il y a un gouffre entre Dieu et le pécheur   

 

(Esaïe 53/1 ; Hab 1/13). Non seulement le pécheur est éloigné de Dieu, mais Dieu est également éloigné du pécheur. Avant la venue du péché, l’homme et Dieu avaient communionl’un avec l’autre ; cette communion est maintenant rompue et impossible.  

 

 b)   La nécessité d’un intermédiaire entre Dieu et le pécheur   

 

S’il veut s’approcher de Dieu, l’homme doit le faire au travers des mérites de quelqu’un d’autre. L’homme ne possède pas l’innocence nécessaire pour avoir accès auprès de Dieu et il n’est pas non plus capable de l’acquérir. Mais Christ a rendu cet accès possible (Rom 5/2 ; Eph 2/18 ; Heb 10/9). C’est dans la sainteté de Dieu que nous avons la raison de l’expiation ; ce que sa sainteté exigeait, son amour l’a fourni (Rom5/6-8 ; Eph2/1-9 ; 1 Pie 3/18). 

 

 c)   Nous devrions nous approcher de Dieu ‘avec piété et avec crainte (heb 12/28) 

 

 Une juste conception de la sainteté de Dieu conduit à une juste conception du moi pécheur. Ps 66/18 ; 1 Jn 1/5-7 ; Job 39/36-38 ; Esaïe 6/5-7 ; Luc 5/8 sont des exemples frappant de la relation entre Dieu et l’Homme. L’humiliation, la contrition et la confession découleront d’une conception biblique de la sainteté de Dieu. 

 

 2 – La justice et l’équité  La justice et l’équité de Dieu, c’est l’aspect de la sainteté de Dieu que l’on voit dans sa façon de traiter ses créatures. Ces qualités lui sont attribuées à maintes reprises (2 Chr 12/6 ; Esd 9/15 ; Neh 9/33 ; Esaïe 45/21 ; Dan 9/14 ; Jn 17/25 ; 2 Tim 4/8 ; Apoc 16/5). Abraham se demande : ‘Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ?’ (Gen 18/25). Le psalmiste déclare : ‘La justice et l’équité sont la base de ton trône’ (Ps 89/15 ; 97/2). 

 

 Dieu a institué dans le monde un gouvernement moral, a imposé des lois justes à ses créatures et y a attaché des sanctions. A cause de ces dernières, il met ses lois à exécution par l’octroi de récompenses et de punitions. La distribution des récompenses est appelée la justice rémunératrice (Deut 7/9-13 ; 2 Ch 6/15 ; Ps 58/12 ; Mat 25/21 ; Rom 2/7 ; Heb 11/26). La justice rémunératrice est basée sur l’amour divin, non strictement sur le mérite. 

 

 L’infliction des punitions est appelée la justice punitive. C’est l’expression de la colère divine (Gen 2/17 ; Exode 34/7 ; Ezech 19/4 ; Rom 1/32 ; 2 Th 1/8).  

 

N.B. : La justice de Dieu constitue un encouragement pour le croyant en ce qu’il sait que Dieu juge avec justice (Act 17/31) et que ses œuvres justes ne passeront pas inaperçues (Prob 19/17 ; Heb 6/10 ; Apo 22/12).  

 

 3 – La bonté   Dans le sens le plus large du terme, la bonté de Dieu comprend toutes les qualités qui entrent dans la conception d’un personnage idéal ; c’est-à-dire qu’elle englobe des qualités comme la sainteté de Dieu, sa justice et sa vérité, de même que son amour, sa bienveillance, sa miséricorde et sa grâce.  C’est probablement dans ce sens large que Jésus a dit au jeune homme riche : ‘pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul’ (Marc 10/18). Dans un sens plus restreint cependant, le terme se limite aux quatre dernières qualités mentionnées.  

 

 a)   L’amour de Dieu   C’est cette perfection de la nature divine par laquelle Dieu est éternellement poussé à se communiquer lui-même. Ce n’est pas une simple impulsion émotionnelle, mais une affection rationnelle et volontaire qui a pour motif la vérité et la sainteté, et qui s’exerce par libre choix. 

 

 Cela ne veut pas dire que le sentiment n’a pas sa place, car le véritable amour implique nécessairement une part de sentiment. S’il n’y avait pas de sentiment en Dieu, il n’y aurait pas non plus d’amour en Dieu. Le fait que Dieu soit affligé par les péchés de son peuple implique qu’il aime son peuple (Gen 6/5-6 ; Eph 4/ 30).

 

  L’amour de Dieu trouve ses premiers objets dans les diverses personnes de la Trinité. L’univers et l’homme ne sont donc pas nécessaires à l’exercice de l’amour de Dieu. Les Ecritures témoignent fréquemment de l’amour de Dieu. Elles parlent de lui comme du ‘Dieu d’amour’ (2 cor 13/11) et déclarent qu’il est ‘amour’ (1 Jn 4/8,16).

 

  Il est dans sa nature d’aimer. Il initie l’amour (1 Jn 4/10). Il n’est pas comme les dieux des païens, qui haïssent et se mettent en colère ; ni comme le dieu du philosophe, qui est froid et indifférent. Le Père aime le Fils (Mt 3/17) et le Fils aime le Père (Jn 14/31).  

 

Dieu aime le monde (Jn 3/16 ; Eph 2/4), son peuple Israël (Deut 7/6-8, 13 ; Jér 31/3) et ses véritables enfants (Jn 14/23) et surtout l’Eglise de Jésus-Christ (Eph 5/25-27). Il aime la justice et l’équité (Ps 11/7 ; Es 61/8). Ainsi, l’assurance de l’amour de Dieu est une source de consolation pour le croyant (Rom 8/35-39). Un Dieu d’amour ne reste pas insensible à l’égard des siens. 

 

 b)   La miséricorde de Dieu  La miséricorde de Dieu, c’est sa bonté manifeste à l’égard de ceux qui sont dans la misère et la détresse. La compassion et la pitié sont d’autres termes des Ecritures qui dénotent presque la même chose : la miséricorde de Dieu. La miséricorde est une qualité éternelle et essentielle en Dieu en tant qu’être parfait, mais l’exercice de cette qualité dans un cas donné est facultatif.  

 

Nier le caractère libre de la miséricorde, c’est l’annihiler, car si c’est quelque chose qui est due, ce n’est plus de la miséricorde. Dieu est ‘riche en miséricorde’ (Eph 2/4), ‘est plein de miséricorde et de compassion’ (Jacq 5/11) et ‘a une grande miséricorde’ (1 Pie 1/3). Il est écrit qu’il est miséricordieux envers Israël (PS 102/13), les nations (Rom 11/30) et tous ceux qui le craignent (Ps 103/17 ; Luc 1/50) et qui cherchent son salut (Esaïe 55/7). Le terme est souvent utilisé dans les salutations et les bénédictions (Gal 6/16 ; 1 Tim ½ ; 2 Tim ½ ; 2 Jn 3 ; Jude/2).  

 

 c) La bienveillance de Dieu   

 

Notre Dieu, à cause de sa bonté, traite toutes ses créatures avec libéralité, tendresse et bienveillance. ‘L’Eternel est bon envers tous, et ses compassions s’étendent sur toutes ses œuvres…’  Les yeux de tous espèrent en toi, et tu leur donnes la nourriture en son temps. Tu ouvres ta main, et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie’ (Ps 145/9,15).  

 

La création est l’œuvre de Dieu et elle est déclarée très bonne (Gen 1/31). Dieu ne peut pas haïr ce qu’il a fait (Job 10/3, 14-15). Dieu manifeste sa bienveillance en s’intéressant au bien-être de ses créatures et en l’adaptant à leurs besoins et à leurs capacités (Ps 104/21 ; Ps 145/15 ; Mt 6/26). Sa bienveillance ne se restreint pas aux croyants, ‘car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes’ (Mt 5/45 ; Act 14/17).   

 

d)   La grâce de Dieu  

 

 La grâce de Dieu, c’est sa bonté manifestée à l’égard de ceux qui ne la méritent pas. La grâce concerne l’homme pécheur et coupable, tandis que la miséricorde concerne l’homme pitoyable et malheureux. Les Ecritures parlent de ‘la gloire de sa grâce’ (Eph 1/6), de ‘l’infinie richesse de sa grâce’ (Eph 2/7 ; 1/7), des ‘diverses grâces’ (1 Pie 4/10) et de ‘la grâce de Dieu… véritable’ (1 Pie 5/12).

 

   4 – La vérité   Dieu est vérité. Sa connaissance, ses déclarations et ses représentations se conforment éternellement à la réalité. La vérité de Dieu est non seulement le fondement de toute piété, mais aussi de notre connaissance à savoir notre relation avec Dieu. Dieu est un vrai Dieu en ce qu’il est aussi bien un Dieu sincère qu’un Dieu fidèle.  

 

 Il est la source de toute vérité. La conviction que les sens ne trompent pas, que la conscience est digne de confiance, que les choses sont ce qu’elles semblent être et que l’existence n’est pas simplement un rêve, repose en définitive sur la vérité de Dieu.  

 

Plusieurs, à l’instar de Pilate, se demandent : qu’est-ce que la vérité ? (Jn 18/38). Oui, la vérité ou la réalité fondamentale, c’est Dieu. Notre Seigneur Jésus-Christ a affirmé que Dieu est ‘le seul vrai Dieu’ (Jn 17/3). Jean, poussé par l’Esprit Saint, a écrit : ‘nous sommes dans le véritable’ (1 Jn 5/20 ; Jér 10/10 ; Jn 3/33 ; Rom ¾ ; 1 Th 1/9 ; Apoc 3/7 ; 6/10).  

 

Dans les relations de Dieu avec ses créatures, sa vérité est connue comme sa véracité et sa fidélité. Sa véracité concerne ce qu’il révèle de lui-même dans la nature, la conscience et les Ecritures sont vraies et dignes de confiance (Ps 31/6 ; Heb 6/17). Sa fidélité l’amène à accomplir toutes ses promesses, qu’elles soient exprimées en paroles ou sous-entendues dans la constitution qu’il nous a donnée (Deut 7/9 ; Esaïe 25/1).

 

  Que Dieu soit fidèle à lui-même (2 Thim 2/13), à sa parole (Heb 11/11) et à son peuple (1Cor 1/9 ; 10/13 ; 1Th 5/24 ; 2Th 3/3) est une source constante d’encouragement et de force pour le croyant. Dans le livre de Josué, nous lisons ces paroles stupéfiantes : « De toutes les bonnes paroles que l’Eternel avait dites à la maison d’Israël, aucune ne resta sans effet : toutes s’accomplirent » (Josué 21/45). 

 

 Mais comment peut-on réconcilier la véracité de Dieu avec la non réalisation apparente de certaines de ses menaces ? Les promesses et les menaces de Dieu s’accomplissent toujours littéralement si elles sont absolues ; mais si elles sont conditionnelles, leur accomplissement dépend de l’obéissance ou de la repentance des personnes concernées.  

 

La condition peut être exprimée ou sous-entendue, et il n’y a pas de brèche dans la fidélité de Dieu si, à cause de la désobéissance et de l’impénitence ou de l’obéissance et de la pénitence de l’homme, Dieu ne met pas ses promesses à exécution (Jonas 3 et 4).  

 

De plus, les invitations et les exhortations adressées aux pécheurs, qui finiront par être perdus, sont-elles sincères ? Étant donné que les invitations sont faites moyennant certaines conditions pratiques et qu’il n’y a pas d’obstacle à leur acception, sauf le manque de disposition de l’homme, on ne peut pas mettre en doute la sincérité de Dieu. La véracité et la fidélité de Dieu demeurent donc irréprochables.  

 

A la vérité, notre Dieu est réellement incompréhensible, Paul s’écrie : « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu que ces jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles !... c’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles, Amen ! (Rom 11/33, 36).

 

Dans la présence de Dieu, l’enfant de Dieu fléchit les genoux et adore. L’omniscience n’est pas ignorante ; Dieu sait. L’amour n’est pas indifférent ; Dieu aime. L’omnipotence n’est pas impuissante, Dieu agit.    

 

Pasteur Samuel Yeo