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LE DEFI DE LA COMMUNION ENTRE LES GENERATIONS

 

Pasteur Thibaud Lavigne

 

L'Eglise réunit non seulement des femmes et des hommes de toutes nations, de toutes cultures et de toutes conditions sociales, mais aussi des personnes de tous les âges. De 7 à 77 ans et même en deça et au-delà, Dieu forme le projet de nous réunir dans l'Eglise et dans le ciel (Ephésiens 1.10) !!



Il est bon dans ce cadre de bien se souvenir que cette Union se réalise en Christ, dans l'unité de l'Esprit et de la foi au Fils de Dieu (Ephésiens 4.3,13). Ce n'est pas l'idée d'une association ou d'un pasteur, mais c'est l'œuvre de Dieu que nous devons protéger et entretenir en se souvenant que ce qui nous unit a plus de valeur et d'importance que ce qui nous divise.

 

Cette Union en outre n'est pas qu'une belle idée, c'est une réalité à vivre chaque jour, ce qui n'est pas si simple. Dans la Bible, l'Unité prend la forme d'une Communion, c'est-à-dire d'une multitude relations avec les autres lors desquelles l'Union se concrétise mais peut aussi se fragiliser ou être mise à rude épreuve.

 

  1. I.                   La Communion entre les générations, une multitude de Défis

 

Si on regarde l'évolution sociale récente, nous voyons que notre époque a été marquée par un des plus grands chocs entre les générations vers 1968 et les années qui ont suivi. La génération qui a reconstruit la France après guerre s'est retrouvée confrontée à celle des trente glorieuses.

 

La première avait travaillé et souffert pour offrir des conditions vie favorables à la seconde, mais cette dernière a elle aussi souffert de ce qu'elle considérait comme un autoritarisme excessif et des valeurs écrasantes.

 

Sans reprendre tout le fil de cette évolution et sans prendre radicalement parti pour une génération ou une autre, il faut reconnaître que les tensions se sont exacerbées et ont mis une distance entre les anciens et les nouveaux.

 

Plus récemment, les observateurs remarquent que si les conflits sont moins nets et moins ouverts, le fossé semble se maintenir. Si les mentalités des plus anciens se sont « rajeunies » et si l'attitude des plus jeunes s'est globalement « adoucie », la Communion n'est pas plus forte.

 

Dans les familles par exemple, si les enfants restent plus longtemps au domicile parental, le respect n'est pas plus fréquent et les déchirements restent très nombreux.

 

A l'école la violence semble se multiplier, non seulement entre les élèves mais aussi envers les enseignants. Des groupes homogènes se constituent dans tous les domaines de la société, mais les distances se rallongent entre les personnes différentes.

 

L'individualisme moderne ne place pas l'individu contemporain en position de solitude absolue, il le ferme surtout à ceux qui ne sont pas comme lui, qui ne partagent pas ses goûts et ses préférences. Des groupes culturels fermés se reconstituent à mesure que l'attachement à l'ensemble national s'affaiblit.

 

Dans ce contexte, l'Eglise aussi voit les défis se multiplier : les relations parents/enfants ne sont pas simples même dans les foyers « chrétiens ». Les femmes élevant seules leurs enfants éprouvent de grandes difficultés, mais les couples mariés aussi sont confrontés à des problèmes relationnels avec leurs enfants.

 

Les petits de l'école du dimanche, comme les parents, ont un besoin urgent d'amour et de considération. Les relations entre jeunes étudiants, actifs et retraités sont d'autant plus ardues que l'Eglise grandit numériquement.

 

 Les groupes d'aînés et de jeunes font des efforts considérables pour se rejoindre, mais il y a ce qui est organisé et il y a aussi et surtout ce que chacun fait et peut encore faire.

 

II. La Communion entre les générations, des défis à relever ensemble

 

Lors d'une récente lecture, un texte m'a particulièrement interpellé. Il s'agit du chapitre 14 de l'épître aux Romains. Le contexte est là aussi celui de la Communion. Ici ce sont les relations entre les juifs et les non juifs qui ont agité l'Eglise.

 

Mais les principes exposés par l'apôtre Paul sont transposables aux rapports entre les générations. Dans notre contexte et à propos du sujet qui nous occupe, voici ce que cela pourrait donner :


« Faîtes accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas les opinions... Que les jeunes ne méprisent pas les plus anciens et que ces derniers ne jugent pas les nouvelles générations. Dieu accueille les uns et les autres, aussi gardez-vous de juger ceux que Dieu accueille ; ce qu'ils sont et font, regarde leur Dieu...

 

 Mais toi pourquoi juges-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ?... Ne nous jugeons donc plus les uns les autres, mais pensons à ne pas faire quelque chose qui choque ou scandalise les autres... Souvenons-nous de ne pas heurter ceux pour lesquels Christ est mort...

 

Car le Royaume de Dieu ne repose pas sur nos différences générationnelles mais sur la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et aux jeunes et aux aînés. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle...

 

 Les plus expérimentés doivent supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas. Veillons à plaire aux autres pour ce qui est juste et bon en vue de l'édification de l'Eglise... Que tous ensemble nous puissions glorifier Dieu notre Père non seulement de notre bouche mais aussi par des relations harmonieuses... »

 

La première épître de Timothée, chapitre 5, montre que dès le départ, l'Eglise a porté une attention particulière sur les veuves. Les besoins matériels mais aussi affectifs étaient ainsi pourvus, dans la mesure du possible, au sein de la communauté des croyants.

 

 Chacun devait prendre soin de ceux de sa famille et l'Eglise essayait de prendre en charge ceux qui étaient vraiment isolés et sans ressources.

 

Aujourd'hui encore, nous devons relever ce défi des personnes seules en carence non seulement matérielle mais spirituelle et morale. Tu as de la famille dans l'Eglise ? Prend soin d'elle ! Tu n'as pas de famille chrétienne, prends soin de ta propre famille et engages-toi pour soutenir la famille de Dieu !!

 

Relevons également le défi d'une Eglise ouverte aux jeunes qui n'oublie pas ses anciens. Reconnaissons que les jeunes ne sont pas seulement l'Eglise de demain mais aussi celle d'aujourd'hui. Les anciens doivent croire en leurs capacités et favoriser leur développement.

 

Les jeunes à leur tour doivent savoir écouter et s'instruire auprès des anciens. Le défi de la Communion c'est aussi le défi de la transmission des savoirs et des expériences. Quelles richesses ne pouvons-nous pas trouver dans un échange ouvert à double sens ?

 

 Pour cela, relevons le Défi ! Pardonnant les maladresses, concrétisons avec persévérance nos bonnes intentions ! Passons des bonnes intentions aux actes !!

 

Oui, dans notre assemblée la bonne volonté a le mérite d'exister ; efforçons-nous maintenant de la mettre en oeuvre ! N'attendons pas de tout de l'Eglise, mais chacun, à notre niveau, soyons pour les autres, notamment pour ceux qui ne sont pas de notre âge, ce que Dieu veut que nous soyons pour eux !!


Amen pour ce que les autres ferons pour moi,
mais amen surtout pour ce que je ferai pour eux !!