Famille
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LES FEMMES DE L ÉVANGILE

 

 

Si à la mort du Christ on ne voit autour de la croix que lâcheté, trahison, perfidie, il est bon de détourner quelques instants nos yeux de la foule ou des apôtres, pour les reporter sur un petit groupe de femmes qui furent les premières et les plus fidèles parmi les premiers disciples du Christ.

 

 

Ces femmes n'eurent pas, en effet, besoin, comme les autres, d'attendre l'envoi du Saint-Esprit pour comprendre les mystères du royaume des cieux et reconnaître en Jésus le Fils de Dieu. Dès les premiers jours de son ministère, elles s'attachèrent à lui, consacrant à sa cause toutes leurs ressources, et furent des lors les premières à le suivre de ville en ville et à confesser courageusement leur espérance et leur foi.

 

 

Dans ce groupe de femmes croyantes, amies et bienfaitrices du Sauveur, dont nous admirons la foi, l'amour et le courage, nous trouvons d'abord Marie, sa mère; Marie, mère de Jacques, et Marie-Madeleine Jeanne, femme de Cuza l'intendant d'Hérode; Salomé, la mère des deux Zébédaïtes, et Suzanne.

 

 

Ces femmes, sans avoir reçu de vocation directe comme les disciples, avaient tout quitte pour suivre Jésus, et lui avaient tout apporté, ne possédant plus rien qui leur appartint en propre; elles avaient verse le produit de leurs biens et leurs économies dans la bourse commune, avec laquelle on devait pourvoir aux besoins de la petite communauté et aux soins des pauvres. Sans doute elles n'ont pas elles-mêmes prêché l'Évangile, mais par leurs dons elles ont permis aux apôtres de se consacrer tout entier à la prédication.

 

 

Les premières auprès du Christ, au jour où il inaugura son ministère, elles restèrent les dernières au pied de sa croix, à l'heure de son supplice, attestant ainsi aux yeux des juifs incrédules leur foi en ses paroles et leur amour pour lui. On les retrouve de bon matin auprès du sépulcre vide, portant des aromates pour embaumer une seconde fois le corps de leur Maître bien-aimé, et elles sont les premiers témoins de sa résurrection.

 

 

 Associées à ses souffrances, ne devaient-elles pas être associées à son triomphe?

Ces femmes se sont les premières attachées à Jésus, reconnaissant en lui leur Sauveur, grâce au sûr instinct de leur coeur aimant, qui leur a révélé la vérité. Aussi est-ce à l'égard des femmes que, d'après l'Evangile, Jésus s'est montré le Sauveur le plus tendre et le plus compatissant.

 

 

Voyez les femmes pardonnées, par le Christ. D'abord, c'est une pauvre Samaritaine, ignorante et coupable, qu'il instruit et qu'il relève, après avoir éveillé dans son âme la soif de la vérité. Il lui révèle le mystère de son origine, que n'auraient pas compris ses disciples, et s'offre à elle comme le Messie. Dans le temple, des Pharisiens lui amènent une femme coupable d'adultère. Saisi à son égard d'une douloureuse compassion, il renvoie libre l'accusée et, d'un mot, met en fuite ses accusateurs.

 

A un banquet, une pécheresse, dont parlait toute la ville, à cause de sa vie de désordre, vient s'asseoir derrière lui malgré le regard orgueilleux et méprisant de l'hôte, et, après avoir arrosé les pieds du Maître de ses larmes et les avoir essuyés avec ses cheveux, peut s'en retourner pardonnée ; Jésus la propose même en exemple au pharisien qui le reçoit.

 

 

Voyez les femmes louées par le Christ. Elles sont trois encore qui peuvent, elles aussi, nous servir de modèles par leur charité, leur foi et leur amour. C'est une pauvre femme, que nous ne connaissons pas autrement que par la louange que Jésus fait de sa charité, ayant vu que, tandis que les autres juifs donnaient de leur superflu, elle avait donne de son nécessaire.

 

 

C'est une cananéenne, dont la grande foi lui permet d'arracher au Sauveur d'Israël, bien, que païenne, une précieuse guérison. Ou enfin, c'est une femme malade depuis douze ans, qui, dans sa simplicité, est assurée qu'il lui suffit de le toucher pour qu'aussitôt elle soit guérie, et dont Jésus admire la foi naïve et le profond amour.

 

 

Voyez encore les femmes reprises par le Christ. Ses reproches eux-mêmes sont empreints de la plus grande charité. Envers ces trois femmes qu'il doit reprendre au sujet de leurs idées fausses sur lui-même, sur leurs fils ou sur leur frère, il montre une touchante sollicitude à rectifier leurs préjugés ou leurs erreurs.

 

 

Un jour, une femme du peuple, en présence des ennemis de Jésus, qui l'accusaient de chasser les démons par Belzébuth, s'écrie dans son admiration pour le Sauveur : « Heureuses les entrailles qui te portèrent ! » proclamant le bonheur d'une mère de posséder un tel fils.

 

 

 Jésus la reprend, en lui montrant que la joie de la mère peut être dépassée par la joie du disciple. La mère des deux Zébédaïtes, Jacques et Jean, le savait bien, puisqu'elle demandait pour ses deux fils une faveur spéciale.

 

 

 Mais Jésus découvrant encore dans ce cœur des traces d'égoïsme, lui montre que l'amour vrai est synonyme de confiance et d'humilité et que celui qui, à ses propres yeux, ne mérite que la dernière place sur la terre, est seul digne du premier rang dans le royaume des cieux.

 

 

Pour obtenir une pareille récompense, le Sauveur montre à Marthe, de Béthanie, sans la blâmer de sa délicate sollicitude à son égard, que les œuvres les plus belles peuvent parfois troubler la communion du fidèle avec Jésus et que la seule chose nécessaire est de vivre près de lui, avec lui.

 

 

Voyez, enfin, les femmes consolées par le Christ : l'une pleure un fils, les autres pleurent un frère. La veuve de Naïm accompagne le cercueil de son enfant ; Jésus, touché de sa douleur, la console par ces mots : « Ne pleure pas », et parlant au mort, il lui ordonne de se lever. Lazare, son ami, est mort. Jésus attend trois jours et, quand il se rend à Béthanie, il console ses deux sœurs en ressuscitant leur frère.

 

 

Jésus, en pardonnant, louant, consolant les femmes, nous a montré combien il portait d'intérêt à ce sexe si indignement traite par l'antiquité, combien elles étaient dignes de son admiration, capables de comprendre ses reproches et surtout de sentir l'épreuve et le deuil. Notre Sauveur a ainsi réhabilité la femme.

 

 

Parmi ces disciples, ce sont les femmes qui, par leur piété, leur amour et leur foi, ont le plus fait pour le Maître. Si, parmi les apôtres, il a pu se trouver un traître, à l'heure où le Christ était condamné, une femme, une païenne, la femme de Pilate, en proclamant l'innocence de Jésus, a montre une fois de plus que c'était parmi les femmes que le Sauveur recrutait toujours ses meilleurs disciples.

 

 

Mes sœurs réjouissez-vous, d’être des femmes, pour servir Christ !

 



Pfeiffer E