Exhortations
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LA CLEF

par Sally B. Gano

 

Un matin, je m’éveillais difficilement après avoir fait un de ces rêves qui prennent du temps à se dissiper. Mais pourquoi donc m’étais-je réveillée? Il y avait dans ce rêve un bruit, comme quelque chose qui frappait sans arrêt.. J’avais vu dans le rêve une actrice qui me ressemblait; mais était-ce vraiment cela? Elle n’était pas heureuse. «Pourquoi es-tu malheureuse?» dit une voix en mon for intérieur. «Tu possèdes tout ce que tu veux, enfin, presque tout!»

Le rêve se fit réalité: L’actrice, c’était bien moi! Je ne pouvais me réveiller. Ce «presque tout» devint une sorte de cauchemar permanent. Qu’est-ce qui pouvait bien me manquer?

Chaque matin, le miroir me saluait dans un demi-sourire: «Bonjour! C’est toi la fille qui possèdes tout, enfin, presque tout?»

En route pour l’école où je me rendais sans enthousiasme, je me mis à écouter cette voix intérieure tout en priant. Mais jamais je ne réussissais à trouver le calme, la paix intérieure me permettant d’entendre la voix. Toujours trop pressée, trop occupée, courant avec la foule... sans jamais de temps pour moi ni de lieu tranquille. En plus, au sein même de la foule, je ne ressentais que vide et solitude.

Que de nuits passées éveillée jusqu’aux petites heures de l’aurore à chercher et à me morfondre! Comment pouvais-je être si seule alors que je vivais parmi trente-cinq filles sur le campus et évoluais au milieu de milliers de gens, de professeurs, d’étudiants, d’amis? En pensant à eux, je me demandais s’il ne leur arrivait jamais de se fatiguer de ces allées et venues constantes sans que ceux qui se croisaient ainsi et s’entrecroisaient sur le campus arrivent jamais à faire vraiment connaissance... Y avait-il quelque chose qui n’allait pas en moi?

«Oh! Tu réfléchis trop!» me disait ma camarade de chambre. Mais la voix intérieure se faisait de plus en plus forte. Je m’imaginais entendre des choses du genre: «Regarde ta vie!» Et c’est ce que je fis un jour. Je me remémorais un vieux cantique que ma grand-mère aimait chanter:

Compte les bienfaits de Dieu, mets-les tous devant tes yeux...»

Bien que j’aie essayé, je ne pouvais les compter un à un, cela aurait pris trop de temps. Quelle liste! Contrairement à ceux de beaucoup de mes camarades, mes parents étaient encore ensemble au bout de vingt-sept ans de mariage.

J’avais vu tant d’amis marqués par un foyer brisé! Je savais que mes parents avaient quelque chose de particulier. Je savais aussi que je pouvais aller vers eux avec n’importe quel problème. Mais pour une raison inexplicable, je ne me sentais pas la liberté de leur parler de ce cauchemar perpétuel qui me poursuivait. Le filet où j’étais prise ne se relâchait pas.

Ce sentiment d’isolement persistait. «Peut-être devrais-je fréquenter l’église?» Mais quand je m’en ouvris à mon fiancé, il se montra plus que réticent. «Nous n’avons pas assez de temps pour nous-mêmes. Le samedi soir, nous sortons toujours jusque tard dans la nuit... tu comprends?»

D’ailleurs, il n’allait pas à mon église. Des excuses, toujours des excuses. La solitude continuait. Insomnies, inquiétude quant à l’avenir, insatisfaction continuelle, larmes, frustration. Où va donc le monde? Tout cela semblait absurde. Le cauchemar emplissait toute ma vie.

Une nuit, le bruit se fit plus fort. J’étais tout éveillée. Je me retournais sans cesse à la recherche du sommeil. Ce bruit s’amplifiait, fort, plus fort, très fort. Tandis que Laurie dormait paisiblement, je savais que quelqu’un essayait d’entrer. «Laurie réveille-toi! Quelqu’un tente de pénétrer chez nous!» Elle s’assit dans son lit, tandis que le bruit augmentait encore, mais elle me dit: «Je n’entends rien, recouche-toi donc et laisse-moi dormir!»

Je fis donc très honnêtement l’effort de m’endormir et de croire que je n’entendais rien. Cependant, un grattement et des coups sur une porte continuaient à se faire entendre. Par ma fenêtre, seul le reflet des candélabres était visible. Quatre heures et demie, cinq heures, bientôt il ferait jour. Pourtant, on continuait toujours de frapper. Je réveillai de nouveau Laurie qui ne fit pas attention à moi car elle n’avait toujours rien entendu. Je l’enviais, elle et son profond sommeil. J’avais peur.

Pour finir, fatiguée de la monotonie de l’insomnie et du tic-tac des diverses pendules de la maison, je pris ma robe de chambre et fis quelques pas sur la pointe des pieds dans le couloir. Tout le monde dormait. Tout le monde sauf moi. Pourquoi n’entendaient-ils pas ces coups répétés? J’étais là, seule, dans le froid, à écouter... mes pensées qui se pressaient. «Oh, mon Dieu, que m’arrive-t-il? Soudain, les coups s’arrêtèrent.

Je sortis de mon cauchemar. La tempête s’apaisa. Un sentiment de paix m’entoura aussitôt et je me mis à prier. Ce fut la paix en moi. Le kaléidoscope du passé s’arrêta... sur le passé. Le cauchemar venait de ce que pendant les deux dernières années, j’avais chassé Dieu de ma vie. Le Seigneur en frappant à ma porte me disait: «Sally, ne me laisse pas dehors, fais-moi entrer!»

C’est ce que je fis, et beaucoup de changements se produisirent. Depuis ce moment-là, où j’ai commencé à me mettre à son écoute, j’ai ressenti la présence — tout comme aujourd’hui — de l’Esprit de Dieu, et ceci au sein de la même foule qui, auparavant, me semblait si vide. L’actrice de ce cauchemar venait de finir sa dernière représentation d’ «Une vie sans Dieu».

Cela avait été dur d’entendre ces coups frappés dans le théâtre de la nuit. Je sais maintenant ce qu’est ce «quelque chose de particulier» qui existe entre mes parents et qui rend leur mariage si unique. C’est l’amour pour Jésus-Christ et leur amour l’un pour l’autre. Durant ces deux années, j’avais négligé la clef que Jésus nous donne gratuitement: la clef de la plénitude de sa connaissance.

Cette clef s’était couverte de poussière. J’en avais été consciente sans jamais faire le point. Durant tout ce temps -là, la porte demeurée close me laissait ma solitude pour seul réconfort.

Mais la clef ne s’empoussière plus! Je l’ai nettoyée et je m’en sers de nouveau pour mieux comprendre les voies de Dieu. Il faut que je fasse connaître cette clef à d’autres; voilà pourquoi je suis en train d’écrire ces lignes. Jésus-Christ offre à chacun la clef de la vie authentique.

Ecoutez, écoutez...

 

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