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L'ADOPTION (7)

 

 

 

Les deux adoptions

 

 

Introduction

 

 

 

« Vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui...Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, - non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, - avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. Et ce n'est pas elle seulement; mais nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps. » (Romains 8.15-17,19-23)

 

 

 

Le mot « adoption » se trouve deux fois dans ce texte: « ...vous avez reçu un Esprit d'adoption »; et « ...nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l'adoption... »

 

 

 

Il est intéressant de lire cette parole dans l'épître aux Romains. Car, chez les Romains, un homme pouvait adopter un enfant, étranger à la famille, et garder la chose privée pendant longtemps. Ensuite, il y avait une seconde adoption, un second stade, en public, lorsqu'on amenait l'enfant devant des fonctionnaires, les autorités constituées. On ôtait à l'enfant ses anciens vêtements, et le père qui l'adoptait comme son fils, lui donnait alors un habit correspondant à sa nouvelle condition de vie.

 

 

 

Ainsi, nous allons bien comprendre les différentes étapes et les richesses de l'adoption en Jésus-Christ.

 

 

 

  1. La première adoption

 

 

 

C'est celle que nous trouvons au verset quinze de notre texte: « Vous n'avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte;mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions:Abba ! Père ! »

 

 

 

Le mot grec traduit par « adoption » est « uiothesia ».Il signifie « action de poser, de placer, d'arranger ». Au sens figuré, il veut dire « instituer, établir », puis « adoption d'un enfant, de quelqu'un comme fils ». La personne est en quelque sorte posée, placée en position de fils.

 

 

 

Dans cette phase, nous sommes déjà enfants de Dieu, au sein du monde. Pourtant, les êtres humains ne peuvent pas le voir, si ce n'est par le moyen de certains traits de caractère et un style de vie morale. L'adoption n'est pas encore manifestée. Elle est privée. C'est une affaire entre le Père et nous par Jésus-Christ.

 

 

 

Il arrive souvent qu'un sculpteur travaille pendant des années, développant dans la pierre quelque dessin de beauté et le perfectionnant dans tous ses détails, mais ceux qui sont informés du fait ou qui sont capables d'apprécier l'excellence de ce travail, sont comparativement peu nombreux; mais le jour vient où il sera dévoilé publiquement; tous pourront alors le voir et féliciter celui dont la sage et patiente habileté aura produit un tel résultat. Il en sera de même en ce qui concerne les voies de Dieu. Nous ne sommes pas encore déclarés ouvertement, publiquement, comme fils de Dieu. Mais le jour vient où, à la vue de tous, sera dévoilé tout ce que Dieu aura effectué pendant des milliers d'années dans les âmes des hommes. Ses fils seront alors révélés. Ils paraîtront en gloire au retour du Seigneur.

 

 

 

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. » (1 Jean 3.2)  L'apôtre Jean fait allusion à deux adoptions. La première est mentionnée en ces termes: « nous sommes maintenant enfants de Dieu »: et la seconde: « ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. » La première est présente, la seconde est à venir.

 

 

 

Nous ne sommes pas encore revêtus de ce qui convient à la famille royale. Faits de chair et de sang, et en tant que fils d'Adam dans ce domaine-là, nous portons actuellement l'image du terrestre. Mais l'apôtre Jean déclare: « ...Lorsque cela sera manifesté [ou lorsqu'il paraîtra], nous serons semblables à lui [le Seigneur], parce que nous le verrons tel qu'il est. » C'est pourquoi Paul écrit: « Aussi, la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. » (Romains 8.19) Quelque chose de glorieux est à venir, pour la création, et pour nous-mêmes. « Nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. » (Romains 8.22)

 

 

 

« Et de même que nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste. Ce que je dis, frères, c'est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité. Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d'œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite: La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? » (1 Corinthiens 15.49-55)

 

 

 

« Notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses. » (Philippiens 3.20-21)

 

 

 

 

2. Les prémices de l'Esprit

 

 

 

« ...Nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit... » (Romains 8.23).

 

 

 

Or, cet Esprit est l'Esprit d'adoption. Paul écrit: « Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte;mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! » (Romains 8.15).

 

 

Le Saint-Esprit nous donne donc une part de l'adoption, en attendant la jouissance totale et définitive de cette position.

 

 

Les prémices de l'Esprit constituent un trésor, une somme de richesses spirituelles, présentes, actuelles. Il s'agit de la repentance, de la nouvelle naissance, de notre nouvelle nature en Jésus-Christ, de la foi, de l'espérance, de l'amour, pour ne citer que quelques-unes de ces  grâces excellentes.

 

 

Pourquoi donc les « prémices » ? Parce que ces grâces et ces richesses sont les premières opérations de l'Esprit de Dieu en nous, et elles viennent en premier. Dans le livre du Lévitique, nous lisons l'ordonnance divine donnée par l'Éternel à Israël, relative à la fête de la moisson: « Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au sacrificateur une gerbe, prémices de votre moisson. Il agitera de côté et d'autre la gerbe devant l'Éternel, afin qu'elle soit agréée: le sacrificateur l'agitera de côté et d'autre, le lendemain du sabbat » (Lévitique 23.10-11).

 

 

 

Les prémices étaient un gage de la récolte. Dès que l'Israélite avait recueilli la première poignée d'épis mûrs, il attendait joyeusement le moment de la récolte abondante. Il en est ainsi de nous dans le domaine spirituel. Les œuvres actuelles du Saint-Esprit en notre âme annoncent la gloire à venir. Laissons le Souverain sacrificateur de notre âme agiter notre gerbe ! Que les yeux de notre foi en soient émerveillés ! Que notre âme tressaille d'espérance dans l'attente d'une récolte abondante, glorieuse, et inestimable !

 

 

 

« En lui [Jésus] vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire » (Ephésiens 1.13-14).

 

 

 

« Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c'est Dieu, lequel nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit » (2 Corinthiens 1.21-22). Nous avons, en quelque sorte, reçu un acompte sur notre héritage à venir. Aussi, sommes-nous impatients de recevoir le reste de la « fortune » divine !

 

 

 

La joie ressentie au jour de notre conversion n'est que les prémices d'une joie à venir bien supérieure. Lorsque le fils prodigue est revenu repentant, son père l'accueillit dans le pardon et le rétablissement de sa position de fils. Introduit dans la maison paternelle, avec les serviteurs, « ils commencèrentà se réjouir » (Luc 15.25). Cette joie naissante n'était que les prémices de grâces excellentes à venir.

 

 

 

Il faut noter que, dans l'ancienne alliance, les prémices étaient toujours sanctifiées pour le Seigneur. Il en est ainsi dans la nouvelle alliance. Notre nouvelle nature, les dons reçus de Dieu, les capacités dispensées par sa grâce doivent lui être consacrées. Notre vie nouvelle en Christ ne nous appartient pas.

 

 

 

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu » (1 Corinthiens 6.19-20).

 

 

 

« En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur » (Romains 14.7-8).

 

 

Conclusion

 

Les prémices n'étaient pas la récolte ! Les œuvres actuelles du Saint-Esprit en nous ne sont pas la consommation finale du salut et la perfection. Ne nous vantons donc pas d'être arrivés au but, et ne confondons pas la gerbe agitée devant l'autel, avec la récolte tout entière de l'année ! Ayons plutôt faim et soif des choses de Dieu et ce, de plus en plus ardemment, dans une attente impatiente de notre pleine adoption. Ouvrons notre bouche, et Dieu la remplira ! Que nos possessions actuelles attisent en nous le feu d'une sainte convoitise pour posséder encore plus de grâces ! Désirons parvenir à des degrés plus élevés de consécration et de sainteté.

 

 

 

« A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire... » (Ephésiens 3.20).

 

 

 

 

PASTEUR Paul BALLIERE