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L'ADOPTION (5)

 

 

 

Les trois résultats de l'adoption

 

 

1. La nature du Père

 

 

La Trinité entière est impliquée dans notre expérience spirituelle: Dieu le Père a envoyé son Fils afin qu'il meure pour nous, et Dieu le Fils a envoyé son Esprit afin qu'il vive en nous. Quelle grâce, mais aussi quelle responsabilité pour nous !

 

 

Le fils a la même nature que le père. Il n'en est pas ainsi du serviteur, ou de l'esclave. Ce qui est vrai dans le domaine naturel, humain, l'est aussi dans le domaine spirituel. Par la régénération, nous recevons la nature de celui qui nous a engendrés. «

 

 

 

 Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise... » (2 Pierre 1.3-4)

 

 

 

La Loi ne pouvait jamais procurer à une personne cette participation à la nature de Dieu. Elle pouvait tout au plus révéler le besoin d'avoir une participation à la nature divine. Il en résulte que lorsque le croyant retourne à la Loi, ou glisse dans le légalisme, il rejette la nature divine qui est en lui, et il donne à la « vieille nature » l'occasion de se manifester, et de reprendre ses droits.

 

 

Dans la parabole de Jésus, le fils prodigue prend la résolution de revenir vers son père. « Je me lèverai, dit-il, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils; traite-moi comme l'un de tes mercenaires. »

 

 

 

(Luc 15.18-19) Si vous lisez attentivement la parabole, vous remarquerez que le père ne laissa pas le temps à son fils de dire « traite-moi comme l'un de tes mercenaires », car la repentance et le retour vers le Père céleste ne nous mettent pas dans la position d'un serviteur, d'un esclave, mais d'un fils.

 

 

 

Un père espère se retrouver dans son fils, au travers de sa mentalité, de son esprit, de son caractère, de ses sentiments, de ses pensées, de ses ambitions, de ses objectifs, et de sa détermination de voir ses plans réalisés. Il en est ainsi de notre Père céleste à notre égard.

 

 

2. L'Esprit du Fils de Dieu

 

 

 

« Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba ! Père ! » (Galates 4.6)  « Vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! » (Romains 8.15)

 

 

C'est le second résultat de l'adoption. Dieu envoie dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba ! Père !

 

 

Abba est un mot araméen, chaldéen, qui est l'équivalent de « papa ». Les deux syllabes de ce mot « Abba » étaient les premières que le petit enfant balbutiait en s'adressant à son père. Le mot n'a pas d'autre étymologie !

 

 

Nous comprenons là l'intimité entre le fils et son père. Aucun serviteur ne bénéficie d'une telle intimité. Aucun esclave ne prononce ce mot dans la maison. Il n'a pas un père, mais un maître.

 

 

Ce mot a été consacré pour exprimer quelque chose qui, ailleurs, est inexprimable. C'est le mot de Jésus à Gethsémané. « Il disait: « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » Marc 14.36) Sentons la profondeur de sainte révérence et d'affection dans la bouche de Jésus. D'ailleurs l'évangéliste Marc ne traduit pas le mot ! Il laisse ce mot chaldéen dans le texte grec.

 

 

 

L'apôtre Paul suit l'exemple de l'évangéliste Marc lorsqu'il écrit: « Vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte;mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! » (Romains 8.15); et encore: « « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba ! Père ! » (Galates 4.6) Paul n'essaie pas de nous donner l'équivalent en grec.

 

 

 

Chose très étonnante encore, les traducteurs eux-mêmes ont suivi l'exemple de Marc et de Paul, laissant le mot tel que, sans le traduire.

 

 

 

Laissons-nous pénétrer par le contexte de Gethsémané. Le mot « abba », en cette circonstance, exprime la conscience de la relation avec le Père, mais aussi les sentiments de relation et dans cette relation. Sa signification spirituelle profonde n'est connue que du cœur de celui qui a ses affections. C'est le mot de celui qui est prêt à aller jusqu'au bout, jusqu'à la croix, pour accomplir la volonté du Père.

 

 

A la différence du texte de Paul (Romains 8.15), cité plus haut, à Gethsémané, il n'est pas question de ce que l'Esprit de Dieu fait, mais de ce que nous faisons, ayant reçu l'Esprit d'adoption.

 

 

3. La délivrance de la crainte

 

 

 

Revenons encore une fois sur la parole de Paul: « Vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! » (Romains 8.15)

 

 

 

Le troisième résultat de l'adoption est notre délivrance de la crainte, face à la vie. Et non seulement cela, mais nous sommes remplis d'une confiance filiale en Dieu. Paul écrit à Timothée: « Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse. » (2 Timothée 1.7)

 

 

 Le contexte nous permet de comprendre que l'Esprit d'adoption nous libère de toute crainte face à la vie, à ses souffrances, à ses oppositions, et à ses persécutions. Alors qu'ils venaient d'arrêter les apôtres Pierre et Jean, les chefs religieux virent l'assurance de ces hommes de Dieu, et en furent étonnés, sachant que c'étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus (Actes 4.13)

 

 

L'Esprit d'adoption nous libère de l'épouvante de la mort. « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il [Jésus] y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire, le diable, et qu'il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » (Hébreux 2.14-15)

 

 

 

L'Esprit d'adoption nous affranchit de la crainte d'un châtiment. Dans le domaine de l'obéissance, le serviteur, ou l'esclave, obéit par crainte; le fils, lui, obéit par amour. C'est ce que Jean nous fait comprendre lorsqu'il écrit: « La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.

 

 

Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. » (1 Jean 4.18-19) Prenons un exemple pour illustrer cette pensée. Une épouse peut être fidèle à son mari par crainte de lui, tandis qu'une autre le sera par amour. Quelle différence ! En ce qui concerne notre relation avec lui, notre service, et tout ce qui touche notre vie spirituelle, Dieu sonde nos cœurs et nos reins, et il connaît parfaitement les raisons profondes de notre attachement à sa personne.

 

 

 

Puisse-t-il trouver en nous un amour ardent ! A ce sujet, le Saint-Esprit joue un grand rôle dans notre cœur: « Le fruit de l'Esprit, c'est l'amour... » (Galates 5.22). « L'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » (Romains 5.5)

 

 

 

La Loi ne peut pas engendrer l'obéissance totale, et surtout pas l'obéissance par amour. Seul l'amour en est capable, et c'est dans l'adoption que se manifeste cet amour. Jésus dit: « Si vous m'aimez, gardez mes commandements...Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui...Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » (Jean 14.15,21,23)

 

 

 

PASTEUR Paul BALLIERE