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L'ADOPTION (4)

 

 

 

Le rendez-vous de Dieu avec l'humanité

 

 

 1. L'expérience chrétienne

 

 

 

 

Rappelons un point important de notre première étude. C'est par Jésus-Christ que nous sommes adoptés. Notre élection est en Christ: « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde... »(Ephésiens 1.4)

 

 

Notre adoption s'est faite par Christ: « ...nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ » (Ephésiens 1.5)

 

 

La grâce nous a été accordée en Christ: « à la louange de la gloire de sa grâce qu'il nous a accordée en son bien-aimé » (Ephésiens 1.6)

 

 

Nous sommes adoptés sur la base de ce que Jésus est.

 

 

 

Nous sommes adoptés sur la base de ce que Jésus a fait. « Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui, sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. » (Hébreux 2.10) C'est à cause des mérites de son Fils UNIQUE que Dieu adopte beaucoup d'autres fils.

 

 

 

Comment avoir la nature de « fils de Dieu » et bénéficier pleinement de cette position de fils ? La parole de Dieu déclare: « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » (Galates 3.26); et encore: « Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu, et quiconque aime celui qui l'a engendré aime aussi celui qui est né de lui. » (1 Jean 5.1)

 

 

 

Mais il faut s'entendre sur ce que signifie croire en Jésus-Christ. La foi en lui est directement liée à la repentance, selon que Jésus l'a proclamé lui-même: « Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (Marc 1.15) La foi est également liée à l'obéissance.

 

 

 

 L'apôtre Paul a écrit: « ...Jésus-Christ notre Seigneur, par qui nous avons reçu la grâce et l'apostolat, pour amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les païens... » (Romains 1.5) Avant de remonter au ciel, Jésus donna ses ordres à ses disciples: « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Matthieu 28.19-20). Nous voyons que la foi est liée à l'obéissance.

 

 

 

Christ est venu pour nous racheter afin que nous recevions l'adoption: « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption. » (Galates 4.4-5)

 

 

 

Cette expression signifie « libérer en payant un prix ». Un homme pouvait acheter un esclave dans toute ville romaine. Il en existait six millions dans l'empire. Ensuite, cet homme pouvait, soit le garder en tant qu'esclave, soit l'affranchir.

 

 

 

Jésus est venu pour nous affranchir. C'est pourquoi, retourner à la loi revient à ruiner ce que Christ a accompli sur la croix. Il nous a rachetés pour faire nous des fils. En Christ, nous sommes immédiatement enfants de Dieu. C'est notre condition. Nous sommes également fils. C'est notre position, notre relation.

 

 

 

Résumons: un individu était enfant par la naissance. De ce fait, il entrait dans la famille. Mais il était placé sous des tuteurs, et tant qu'il était enfant, il ne pouvait hériter d'aucun bien paternel.  Le fils le devenait par l'adoption. Il bénéficiait de la famille. De plus, il avait la liberté d'un adulte, et devenait héritier.

 

 

 

Il en est ainsi de nous sur le plan spirituel. Nous comprenons l'immense différence entre l'enfant de Dieu, et le fils d'adoption. Où en sommes-nous à ce jour ? Sommes-nous devenus adultes en Christ ? Nous comprenons pourquoi l'apôtre Paul priait pour les Ephésiens: « Je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne l'Esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu'il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux saints, et quelle envers nous qui croyons l'infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. » (Ephésiens1.16-19)

 

 

 

Bien-aimés, « vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains 8.15-16  Y a-t-il donc ici contradiction avec tout ce que nous venons d'écrire ? Loin de là ! L'apôtre veut convaincre les chrétiens de Rome que si la régénération a fait d'eux des enfants de Dieu, ils doivent grandir et atteindre la position de fils, afin d'être héritiers de leur Père céleste: « Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » (Romains 8.17) Autrement dit, vous qui avez la position d'enfants de Dieu, comprenez et croyez que Christ a fait aussi de vous des fils de Dieu et que, par le privilège de cette position et de cette relation, vous êtes héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. Or, l'Écriture ne dit jamais que Jésus est l'enfant de Dieu, mais le Fils de Dieu !

 

 

2.  L'époque de la venue du Sauveur

 

 

 

« Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption » (Galates 4.4-5) Paul fait allusion ici au temps choisi par Dieu pour notre rachat et notre adoption. C'est le temps durant lequel Dieu a estimé que le monde était prêt pour la naissance du Sauveur.

 

 

 

En effet, les historiens disent que le monde romain était dans une grande espérance, et que, au moment de la naissance de Jésus, il attendait un libérateur. Les vieilles religions agonisaient. De nouvelles, aussi occultes qu'étranges, envahissaient l'empire.

 

 

 

 

 Les vieilles philosophies étaient vaines et impuissantes à changer la vie des hommes. De ce fait, la faillite religieuse et la soif spirituelle étaient générales. Du point de vue historique, l'Empire Romaine lui-même contribua, sans le savoir, à préparer le monde à la naissance du Sauveur.

 

 

 

Des routes reliaient les villes entre elles, et toutes les villes étaient aussi reliées à Rome.

 

 

 

Grâce aux conquêtes grecques et romaines, lelatin et le grec se répandirent dans l'Empire.

 

 

 

La naissance de Christ ne fut donc pas un hasard, un accident de l'Histoire. Ce fut, au contraire, un rendez-vous de Dieu avec l'humanité. Dieu avait préparé le monde pour l'arrivée de son Fils.

 

 

 

3. Enfants ou fils ?

 

 

 

 

Avant de conclure, faisons une fois de plus un rappel indispensable. Au niveau de l'expérience chrétienne, nous n'entrons pas dans la famille de Dieu par adoption, comme un orphelin entre dans une famille qui l'accueille. La seule façon d'entrer dans la famille de Dieu est la régénération, la nouvelle naissance, selon ce que Jésus a enseigné à Nicodème: « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » (Jean 3.3)

 

 

 

L'adoption a un rapport avec notre position au sein de la famille de Dieu. Nous ne sommes pas des petits enfants, en bas âge, mais des adultes avec tous les privilèges de la filiation. L'adoption, au sens biblique, ne peut pas nous rendre plus proches ou plus aimés du Père. Elle nous donne un statut nouveau, une position nouvelle. C'est ce que nous étudierons ultérieurement.

 

 

 

Il est fort regrettable que de nombreux traducteurs du Nouveau Testament n'aient pas établi une distinction pourtant possible entre enfants de Dieu et fils de Dieu.

 

 

 

Être enfant de Dieu est la condition du pécheur racheté. Il le devient par la régénération, la nouvelle naissance. Il est donc appelé à grandir dans cette condition. « Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. » (1 Pierre 2.2-3) Les chrétiens de Corinthe n'avaient pas grandi. Ils n'étaient pas passé de la condition d'enfants, à la position de fils.

 

 

 

Paul leur écrit: « Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ; je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. » (1 Corinthiens 3.1-2).

 

 

 

Il en était ainsi des destinataires de la lettre aux Hébreux: « Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d'une nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. » (Hébreux 5.12-14)

 

 

 

Être fils de Dieu est la position de l'enfant de Dieu qui a grandi. Il jouit alors d'une relation bénie, usant de tous les droits et de tous les privilèges merveilleux de fils adulte, et héritant des richesses de son Père céleste.

 

 

 

Nous n'avons pas à attendre pour profiter de ces richesses spirituelles. Nous les possédons en Christ. « Ainsi, tu n'es plus esclave, mais fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. » (Galates 4.7)

 

 

 

 

PASTEUR  Paul BALLIERE