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L'ADOPTION (3)

 

 

 

Enfants de Dieu ou fils d'adoption ?

 

 

 

  La venue et l'œuvre de Christ

 

 

 

Comprenons bien, dans la pensée biblique, la différence entre être un enfant (sa nature et sa condition, de par sa naissance) et être un fils (sa position, par l'adoption, au sens biblique du terme).

 

 

L'Écriture nous brosse un immense tableau de Christ, Fils unique et parfait de Dieu. Le prophète Esaïe avait annoncé la venue de Jésus en ces termes: « Un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (Esaïe 9.5) Notons, dans ce texte, deux mentions à propos de Christ: l'enfant, et le fils.

 

 

 

Jésus est né sous la loi: « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi. » (Galates 4.4) Il est alors « enfant ». Dans le temps précédant la naissance de Jésus, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint-Esprit. » (Matthieu 1.20) Mais lorsque l'ange parla de la mission et de l'œuvre de Christ qu'il  venait accomplir, il déclara: « elle [Marie] enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de se ses péchés. » (Matthieu 1.21) Là, il est question de son œuvre de rachat.

 

 

 

Lorsque l'ange apparaît aux bergers, et leur annonce la naissance du Jésus, il dit: « Voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. » (Luc 2.12) Mais lorsqu'il s'agit de son œuvre de salut, il est désigné comme fils. En effet, l'ange Gabriel dit à Marie: « Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. » (Luc 1.31-33)

 

 

 

Luc fait le récit de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem: « Le huitième jour, auquel l'enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, nom qu'avait indiqué l'ange avant qu'il fût conçu dans le sein de sa mère. » (Luc 2.21) « Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon...Il vint au temple, poussé par l'Esprit.

 

 

 

 

Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras et dit:...Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. » (Luc 2.25,27,34)

 

 

 

L'enfant avait un destin précis, tout tracé. Il y avait devant lui un « devenir ». « Or, l'enfant croissait et se fortifiait. » (Luc 2.40) L'enfant, né sous la loi, allait devenir « fils », accomplissant la grande œuvre de rédemption pour l'humanité tout entière, et inaugurant, en premier lieu, un temps nouveau pour Israël. La foi venant, Israël ne serait plus sous le pédagogue de la loi. Toute cette réalité était concrétisée en la personne-même de Christ.

 

 

 

Considérons maintenant le récit de l'adoration des mages, fait par l'évangéliste Matthieu. « Il [le roi Hérode] les envoya à Bethléhem,en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l'aurez trouver, faites-le moi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer. Après avoir entendu le roi, ils partirent.

 

 

 

 Et voici, l'étoile qu'ils avaient vu en Orient marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta. Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent. » (Matthieu 2.8-11) Dans tout ce récit, Jésus est appelé « enfant ».

 

 

 

Mais lorsqu'il est question de son œuvre de salut, les mages interrogent les gens de Jérusalem en disant: « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » (Matthieu 2.2)

 

 

 

Remarquez bien que l'enfant Jésus ne gêne personne; ni le monde d'aujourd'hui qui fête Noël de la manière la plus païenne qui soit avec son sapin, sa bûche, ses illuminations, son Saint-Nicolas, et le père Noël; ni l'Israël d'autrefois, sur le plan collectif; ni Nazareth sur un plan plus particulier. Mais, Jésus Fils bouleverse les vies.

 

 

 

Il engendre l'adoration des mages (Matthieu 2.1-12), la joie des bergers (Luc 2.8-20), la contemplation du vieux Siméon (Luc 2.25-32), la louange prophétique de Zacharie, le père de Jean-Baptiste (Luc 1.67-79), le témoignage de la prophétesse Anne (Luc 2.36-38). Par ailleurs, Jésus Fils suscite la haine d'Hérode (Matthieu 2.3-18), l'incrédulité de Nazareth (Marc 6.1-6), le rejet et la persécution des chefs religieux (Luc 6.7).

 

 

 

Que vous ayez de la tendresse pour l'enfant Jésus de la crèche, ne gêne nullement le diable. Mais que vous placiez votre foi en Jésus, Fils de Dieu, et vous déclencherez immédiatement l'opposition de l'enfer !

 

 

« Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu'il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. Puis, quand les jours furent écoulés, et qu'ils s'en retournèrent, l'enfant Jésus resta à Jérusalem. » (Luc 2.41-43). Ses parents ne s'aperçurent pas immédiatement de son absence.

 

 

 

Quand, après trois jours de recherche angoissante, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, il leur dit: « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » (Luc 2.49) Il parlait de Dieu comme de son Père. 

 

 

 

Nous touchant là un point très intéressant, et de la plus haute importance. Nous savons que, d'après la loi, tous les Israélites hommes devaient se rendre chaque année à Jérusalem pour y célébrer les trois grandes fêtes: la Pâque, la fête des semaines (Pentecôte), et la fête des Tabernacles.

 

 

 

Quant aux jeunes garçons, les préceptes rabbiniques ordonnaient qu'ils soient conduits au temple un ou deux ans avant l'âge de treize ans. C'était à l'âge de treize ans que les jeunes Juifs étaient tenus de remplir toutes les obligations légales et recevaient le nom de « fils de la loi ». Ils étaient, en quelque sorte, adultes sur le plan religieux. C'est en vertu de cet usage que se déroule le récit de Jésus au temple (Luc 2.41-51). A cette occasion, Jésus se présente à ses parents comme le Fils de Dieu. Il n'est plus l'enfant.

 

 

« Mais, me direz-vous, n'est-il pas, depuis toujours, le Fils unique de Dieu ? » Bien sûr que oui ! Mais il ne fut pas déclaré publiquement comme tel immédiatement. A quel moment, à quelle occasion, le fut-il ?

 

 

Tout d'abord, au Jourdain, lors de son baptême. « Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu'il priait, le ciel s'ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe.

 

 

 

Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j'ai mis toute mon affection. » (Luc 3.21-22) Jésus venait là, pour s'identifier à une humanité pécheresse, qui avait besoin de repentance. L'ombre de la croix se profilait sur les eaux du Jourdain tandis que le Fils de la rédemption y descendait.

 

 

Ensuite, Jésus fut déclaré Fils de Dieu, sur la montagne dite de la transfiguration, là où Moïse et Elie lui apparurent. Comme Pierre parlait, une nuée lumineuse couvrit Jésus, Moïse, et Elie. « Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection: écoutez-le ! » (Matthieu 17.5) Pourquoi fut-il déclaré Fils de Dieu en cette circonstance glorieuse ? Parce que le sujet de l'entretien de Jésus avec Moïse et Elie concernait la croix, l'œuvre de salut pour le monde. Luc écrit: « Deux hommes s'entretenaient avec lui; c'étaient Moïse et Elie, qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu'il allait accomplir à Jérusalem. » (Luc 9.30-31)

 

 

Enfin, Jésus fut déclaré Fils de Dieu, à l'heure de la résurrection. L'apôtre Paul introduit sa lettre aux Romains en écrivant: « Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l'Évangile de Dieu...qui concerne son Fils (né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts » (Romains 1.1,3-4) Dans cette résurrection, se trouvent les prémices de notre adoption finale et complète comme fils de Dieu. Cette adoption se concrétisera par notre propre résurrection d'entre les morts.

 

 

 

C'est donc en Jésus-Christ qu'Israël sort d'un état d'enfance sous le pédagogue de la loi, pour devenir fils d'adoption, libre et adulte, recevant tous les droits qui s'attachent à la qualité de fils.

 

 

Qu'en est-il de nous, les païens, ayant reçu Christ comme Sauveur et Seigneur ? Nous en parlerons dans notre prochaine étude.

 

 

PASTEUR  Paul BALLIERE