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Enfants de Dieu ou fils d'adoption ?

 

 

 

« Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue.

 

 

Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse.

 

 

Or, aussi longtemps que l'héritier est enfant, je dis qu'il ne diffère en rien d'un esclave, quoiqu'il soit le maître de tout; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu'au temps marqué par le père.

 

 

Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l'esclavage des rudiments du monde; mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba ! Père ! Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. » (Galates 3.23-4.7)

 

 

Pour bien comprendre la notion biblique de l'adoption, il faut connaître certaines coutumes orientales, très différentes des nôtres. Or, ce sont ces coutumes qui servent d'arrière-plan à la doctrine biblique de l'adoption.

 

 

Dans les familles aisées, en Orient, la coutume voulait que le père confie son enfant (garçon) aux soins d'une personne digne de confiance, qui était chargée de sa formation et de son éducation jusqu'à son adolescence.

 

 

Un esclave, par exemple, ou un prisonnier de guerre venant de quelque autre nation civilisée, et que ses aptitudes et son caractère qualifiaient pour cette fonction d'éducateur, était choisi comme pédagogue. Certains d'entre eux s'étaient bien intégrés au personnel de la maison et s'étaient souvent fait très apprécier des autres membres de la famille. Même dans le monde romain, les enfants de familles riches étaient confiés aux soins d'esclaves.

 

 

Quel que soit son père, l'enfant n'était qu'un enfant placé sous la surveillance d'un serviteur. Quoique héritier potentiel des biens du père, le jeune garçon n'avait pas un genre de vie tellement différent du tuteur, du serviteur qui s'occupait de lui. Le serviteur était sous les ordres du maître de maison, et l'enfant était sous les ordres du serviteur.

 

 

Pendant la longue période de croissance, ce tuteur familiarisait l'enfant avec les habitudes du père de famille, avec ses objectifs, et avec son état d'esprit. Quand l'enfant atteignait l'âge de quatorze ou seize ans, on avait l'habitude de marquer cette émancipation par une cérémonie. L'enfant qui s'était depuis longtemps réjoui de ce jour fixé par le père, était alors présenté à toute la maison, à la parenté, et aux amis invités. Cette cérémonie était appelée « l'adoption ». Elle signifiait que le fils était entré dans la pleine jouissance de ses droits familiaux.

 

 

Israël sous la loi

 

 

Tout ce que je viens d'écrire illustre la condition du peuple d'Israël au temps de la loi. La loi a été le serviteur, le tuteur, le pédagogue du peuple, le préparant à la venue de Christ. Voici quelques remarques à propos de la loi:

 

 

L'Écriture souligne avec force l'impuissance, l'inutilité, et l'incapacité de la loi à amener l'être humain à la perfection. « Il y a ainsi abolition d'une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, car la loi n'a rien amené à la perfection... » (Hébreux 7.18-19)  Au contraire, la grâce en Jésus-Christ place l'être humain en position de fils adulte: « il y a... introduction d'une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu. » (Hébreux 7.19)

 

 

Les sacrificateurs étaient des hommes mortels, non permanents. « De plus, il y a eu des sacrificateurs en grand nombre, parce que la mort les empêchait d'être permanents » (Hébreux 7.23) Mais Jésus, lui, demeure éternellement. Il possède donc un sacerdoce non transmissible. « Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. » (Hébreux 7.24)

 

 

Les souverains sacrificateurs, hommes sujets à la faiblesse, se succédaient les uns aux autres. « En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse. » (Hébreux 7.28) Tandis que Jésus est parfait pour l'éternité. « La parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait, pour l'éternité. » (Hébreux 7.28)

 

 

Le tabernacle fut dressé par un homme, mais le sanctuaire céleste, le véritable tabernacle, a été dressé par le Seigneur. « Le point capital de ce qui vient d'être dit, c'est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme. » (Hébreux 8.1-2)

 

 

Sous la loi, le chemin du lieu très saint n'était pas encore ouvert. A la mort de Jésus, le voile du temple a été déchiré ouvrant désormais la voie de la présence de Dieu. « Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas... » (Matthieu 27.50-51; voyez Hébreux 9.8)

 

 

Les sacrifices de la loi ne pouvaient pas amener les assistants à la perfection. « En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l'exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu'on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. » (Hébreux 10.1) Mais, chose impossible à la loi, nous sommes maintenant sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus, une fois pour toutes. « C'est en vertu de cette volonté [la volonté de Dieu] que nous sommes sanctifiés, par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » (Hébreux 10.10)

 

 

Sous la loi, Israël était comme un petit enfant sous tutelle, et non un fils adulte et libre. Pendant quinze siècles environ, il a été placé à « l'école primaire » de Dieu, apprenant les rudiments, c'est-à-dire « les principes fondamentaux », afin de se préparer à la venue de Christ.

 

 

Lorsque les « judaïsants » ramenèrent les Galates au légalisme, ils les conduisirent non seulement à l'esclavage religieux, mais aussi à l'immaturité et au bas âge moral et spirituel. Le légalisme n'est pas un pas vers la maturité, mais un retour à l'enfance. La loi n'était pas la révélation finale de Dieu; elle était la préparation à la révélation finale en Christ.

 

 

Prenons un exemple pour illustrer notre pensée. Il est important qu'une personne connaisse l'alphabet, parce qu'il est la compréhension de toute la langue. Mais ce n'est pas suffisant pour savoir lire. Imaginez une telle personne dans une immense bibliothèque; elle serait incapable, même en connaissant l'alphabet, de profiter de toutes les richesses qui sont contenues là.

 

 

Il en est ainsi de la révélation divine. C'est pourquoi l'Écriture déclare: « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses... » (Hébreux 1.1-2) Le texte grec dit: « Dieu, à la fin des jours, nous a parlé en un Fils, qu'il a établi héritier de tout. » Notez bien ici la notion de « fils » et  d'« héritier » en ce qui concerne Jésus. Nous y reviendrons dans nos prochaines études.

 

 

PASTEUR Paul BALLIERE