Dispensations et Alliances
Open Panel

6) LA DISPENSATION DE LA GRACE

   

(Jn 1.14, 17)

 

Introduction

   Elle commence avec Jésus-Christ, son ministère et son œuvre qui implique sa mort et sa résurrection, relatées dans les 4 évangiles et les Actes des apôtres, ainsi que l’envoi du Saint-Esprit à la Pentecôte à Jérusalem pour donner naissance à l’Église, pour aboutir à l’enlèvement de l’Église sur les nuées du ciel lors de l’avènement de Christ pour aller à sa rencontre (Ac 2.1 à Ap 5.14). 

 

Comme cela a déjà été souligné dans l’introduction concernant les dispensations, il nous semble utile de rappeler qu’une dispensation est un âge ou une période pendant laquelle un certain régime prévaut. En d’autres termes, les dispensations constituent dans leur ensemble une révélation progressive des voies de Dieu à l’égard des êtres humains. 

 

Au cours de chacune d’entre elles, l’homme est réconcilié avec Dieu par un seul et même moyen, celui de la grâce de Dieu, en vertu de l’œuvre accomplie par Christ à la croix, puis confirmée par sa résurrection d’entre les morts selon 1Co 15.3-4). 

 

Il faut préciser qu’avant la croix, l’homme était sauvé en prévision du sacrifice expiatoire, propitiatoire, substitutif et rédempteur de Christ, sa foi s’appuyant sur la révélation encore partielle que Dieu lui avait accordée. 

 

Depuis la croix, l’homme est sauvé uniquement par grâce, par le moyen de la foi en Jésus-Christ (Eph 2.8-9). En Christ, la révélation et la rédemption sont parfaitement accomplies. Note : Par définition, « la grâce de Dieu » est un don gratuit ou une faveur imméritée. En effet, le plus grand cadeau que Dieu a fait à l’humanité est le don de son Fils bien-aimé pour sauver les hommes coupables de leurs péchés.

Naissance de l’Église

 La dispensation de la grâce, appelée celle du Saint-Esprit ou encore celle de l’Église, est celle que nous vivons actuellement (Eph 3.10-11). 

 

Un nouvel âge ou une nouvelle période est annoncée au cours du ministère terrestre de Jésus selon Mt 13.3-52 sous forme de paraboles, d’allégories ou de métaphores.

 Puis, dans Mt 16.18, Jésus-Christ annonce clairement l’établissement de son Église : Elle sera rachetée par son sang précieux versé sur la croix (1Co 6.20 ; 1Pi 1.18-21) et sera constituée seulement après sa résurrection et son ascension. 

En effet, 3 actes étaient nécessaires pour donner naissance à l’Église :

 

 Ø     sa mort rédemptrice sur la croix en vue de la réconciliation des hommes avec Dieu (Ro 5.10-11 ; 1Co 5.18-20). 

Ø     sa résurrection d’entre les morts pour confirmer son œuvre salvatrice (Ro 4.25 ; Ro 5.1,9). 

Ø     la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte à Jérusalem sur les 120 disciples réunis dans la chambre haute (Ac 2.1-4). 

Signification du mot Église

  Étude du sens étymologique du mot Église qui vient du grec ekklesia : 

Ø     il est de la même racine que le verbe grec ekkaleo. Le préfixe ek signifie hors de et la racine kaleo signifie appeler. Ainsi le mot grec ekkaleo veut dire appeler hors de (Jn 17.15 ; Ga 1.4 ; Tit 2.14).

  Ø     concernant le sens historique du mot Église. En effet, pour les grecs ce mot a plutôt un sens politique et non religieux où il s’agit d’une assemblée légale selon Ac 19.39.  

Ø     concernant le sens judaïque du mot Église, le mot employé dans l’Ancien Testament est assemblée qui a le sens religieux selon De 23.7-8 ; 2 Ch 20.5.  

Ø     Le mot assemblée en hébreu est qahal.

 

   Ø     concernant le sens chrétien du mot Église, il signifie appelé, séparé et rassemblé d’après Ac 2.40 ; 6.5 ; Ro 8.30.  

Vie de l’Église

  Conformément à la promesse de Lu 24.49 et Ac 1.5, les croyants furent baptisés dans un seul Esprit et formèrent un organisme spirituel vivant comparable à un corps dont Christ est la tête (1Co 12.12-13). D’après l’épître de Paul aux Éphésiens, l’Église est illustrée dans chaque chapitre de la manière suivante : 

 

Ø     ch. 1, elle est comparée à un corps.

  

Ø     ch. 2, elle est comparée à un temple.

  

Ø     ch. 3, elle est comparée à un mystère.

  

Ø     ch. 4, elle est comparée à un homme nouveau.

  

Ø     ch. 5, elle est comparée à une épouse.

  

Ø     ch. 6, elle est comparée à une armée de soldats ou de combattants.

L’Évangile de Christ

  La pierre de touche de la dispensation de la grâce est l’Évangile de Christ, le message de la Bonne Nouvelle du salut de Dieu en Jésus-Christ par sa mort et sa résurrection d’entre les morts (Jn 19.30 ; Ro 4.25 ; 2Co 5.21). 

  Dans ce sens, cette révélation est plus complète que celle qui a été progressivement accumulée au cours des dispensations précédentes. Cette dispensation de la grâce se présente sous 2 aspects principaux : 

Ø     la gravité du péché et de ses conséquences chez tous les humains (Ro 3.23). 

 Ø     le caractère unique et parfait du remède divin de Jésus le Sauveur (Ro 3.24-26). 

 Tel est le plan définitif de Dieu en Jésus-Christ en vue du salut de tous les hommes pécheurs qui se repentent de leurs péchés et qui croient à son œuvre rédemptrice (1Ti 2.3-7). 

Privilèges et responsabilités

  Le privilège et la responsabilité des rachetés du Seigneur est de témoigner de leur foi en obéissant à l’ordre de Jésus de prêcher l’évangile jusqu’aux extrémités de la terre (Mt 28.18-20 ; Mr 16.15 ; Lu 24.45-48 ; Ac 1.8).  

 Effectivement, c’est au cours de la dispensation de la grâce que Dieu a choisi des juifs et des païens pour en faire un peuple qui porte son nom selon Ac 15.14. Cela signifie aussi que Dieu ne fait pas de favoritisme puisque nous sommes tous un en Jésus-Christ (Eph 2.14-18 ; Ga 3.26-28). 

Résumé simplifié

  En prenant à dessein l’église d’Éphèse, l’épître de Paul est remarquable par son contenu pour une étude approfondie sur la dispensation de la grâce.

 Ø     le plan de l’épître se présente en 2 sections principales : 

 Ø     la doctrine de l’Église très détaillée (ch 1-3). 

 Ø     la pratique de la vie des croyants mis en valeur (ch 4-6).  

Ø     le contenu de chaque chapitre :  

Ø     Le fondement de l’Église (nous sommes en Christ). 

 Ø     La formation de l’Église (nous sommes sauvés par grâce). 

 Ø     La vocation de l’Église (nous avons la plénitude en Christ).  

Ø     L’appel et la vocation des chrétiens (nous devons apprendre à marcher dans l’unité). 

 Ø     La conduite ou le comportement des chrétiens (la nécessité de la sanctification et être rempli de l’Esprit).

  Ø     La lutte des chrétiens (elle nous révèle le véritable combat de la foi).  

Étudions également la partie doctrinale de l’Église

(Eph ch 1 à 3)
1) L’Église est comparée à un corps (ch 1).
 

La formation de ce corps (1.1-14).

 Ø     le Père en avait l’idée ou la conception (v 1-6). 

 Ø     L’Église a été acquise par son Fils (v 7-12). 

 Ø     L’Église est enseignée par le Saint-Esprit et marquée de son sceau (v 13-14).

La consécration de ce corps (V 15-23).

  Ø     La gloire de Dieu telle qu’elle apparaît dans ses rachetés (v 15-19).  

Ø     La gloire de Dieu telle qu’elle apparaît dans le Fils (v 20-21). 

 Ø     La gloire de Dieu telle qu’elle apparaît dans l’Église (v 22-23). 

2) L’Église comparée à un temple (ch 2).

 Ø     ce que nous étions autrefois (v 1-3,11-12). 

 Ø     ce que Dieu a accompli (v 4-6).  

Ø     pourquoi Dieu l’a-t-il fait ? (v 7). 

 Ø     comment Dieu l’a-t-il fait ? (v 8, 9,13). 

 Ø     ce que nous sommes maintenant (v 10,14-22). 

Note : De quelle manière Jésus est-il devenu notre Sauveur ?  

Ø     Par son sang précieux versé sur la croix (v 13).  

Ø     Par sa chair meurtrie ou par l’offrande volontaire de son corps (v 15).

  Ø     Par la croix, instrument de son supplice (v 16). 

3) L’Église comparée à un mystère (ch 3).
 

a) l’explication de ce mystère révélé par Paul (v 1-13).

 Ø     Le quand de ce mystère (v 5). 

 Ø     La nature de ce mystère (v 6). 

 Ø     L’instrument de ce mystère (v 7-8).  

Ø     Le pourquoi de ce mystère (v 10). 

 Ø     Le dessein éternel prévu et conçu par Dieu ou encore le projet, la résolution du plandivin (v 11). cf Eph 1.4, 9,11.

b) la supplication de Paul pour l’Église d’Éphèse (v 14-21).

  Ø     L’étendue de l’amour divin (v 15-18). 

 Ø     La nature de l’amour divin (v 19). 

 Ø     La suffisance de l’amour divin (v 20-21).  

 Note : L’apôtre Paul veut que les chrétiens prennent conscience en vue de leur faire comprendre le sens, la réalité, la valeur et le but des mystères dont l’Église est l’un des plus importants parmi eux. 

Mise en garde en relation avec la « dispensation de la grâce ».

 Le Seigneur Jésus a averti à maintes reprises qu’au cours de cette dispensation dans laquelle le Saint-Esprit édifie l’Église, certains rejetteront l’Évangile, et d’autres prétendant croire en Christ, tout en ayant l’apparence de la piété, deviendront une source de corruption spirituelle pour des croyants de nom, et entraveront par leur comportement, leurs paroles et leurs actes le plan divin au cours de cette période qui aboutira inévitablement à un dénouement dans l’avenir.  

C’est ainsi que ces personnes ouvriront toute grande la porte à l’apostasie (du grec apostasis) qui signifie défection et abandon. Elle est l’action d’abandonner la foi ou la révélation de la vérité contenue dans les Écritures, principalement dans les derniers temps (Mt 13.24-30,34-40,47-49 ; 2Th 2.5-8 ; 1Ti 4.1-2 ; 2Ti 3.1 ; 4.3-4 ; 2Pi 2.1-2 ; 1Jn 2.18-20)  

Comme nous l’avons déjà souligné, la dispensation de la grâce aboutira : 

Ø     par l’enlèvement de l’Église sur les nuées du ciel (1Th 4.15-17 ; 2Th 2.1).  

Ø     suivi par le Tribunal de Christ :    

  Ø     Sa nature (2Co 5.10).

     Ø     Son effet (1Co 3.13-15).

   Ø     Pour aboutir aux Noces de l’Agneau (Ap 19.7-8). 

 Ensuite, tous ces évènements heureux et glorieux pour l’Église seront suivis par :  

Ø     Le jugement de Dieu sur Israël apostat à Jérusalem qui aura accueilli le faux messie, l’antéchrist (Za 14.2 ; 2Th 2.3-4). 

 Ø     Le jugement de Dieu sur l’antéchrist à Jérusalem, du peuple Juif incrédule et des nations impies (Da 9.27 ; Za 14.3, 2Th 2.8-12).  

Note : le texte de 2Th 2.8 comporte 2 mots : 1) Éclat (du grec « Epiphaneia » qui signifie apparition, éclat ou splendeur). 2) Avènement (du grec « Parousia » qui signifie arrivée, présence personnelle ou avènement. 

Ø     Le jugement de Dieu sur les nations impies venues contre Jérusalem pour l’attaquer (Za 12.9 ; 14.3). Finalement, cette ultime bataille entre nations aura son apogée à Harmaguédon (Ap 19.17-19). 

 Ø     Le rétablissement du peuple d’Israël dans l’avenir (Es 49.22-26 / Za 12.6-10). Ø     ils seront jugés (Mat 19.28).

 Ø     ils seront libérés de leurs péchés (Eze 36.23-28 ; Za 12.10 ; Ap 1.7).

  Ø     ils seront tous à nouveau rassemblés dans leur pays (Jer 30.3 ; Ro 11.15).  

Enfin, tous ces évènements horribles et bénéfiques à la fois aboutiront après la Grande tribulation par l’avènement du Seigneur Jésus-Christ en puissance et en gloire, accompagné des anges et de son Église, afin d’établir sur la terre son royaume millénaire de justice et de paix (Ro 14.17 ; 1Co 15.24-25). 

Définition du plan

 

(Cause à effet)

 Ø     Responsabilité (Je 1.12-13 ; Ro 8.1-4 ; Eph 2.8-9). Il s’agit de recevoir Christ par la foi et être conduit par l’Esprit de Dieu.  

Ø     Échec (Je 5.39-40 / 2 T 3.1-7). Christ est rejeté par les hommes pour mettre leur confiance dans les œuvres.  

Ø     Jugement (Mt 24.21 ; Ap 6.15-17). La Grande tribulation est réservée aux nations impies et apostates.

Conclusion

 Comme nous venons de le souligner, la dispensation de la grâce qui appartient exclusivement à Christ s’achèvera par une apostasie générale des êtres humains.  

 

 

Pasteur Michel Botteron